CAS INÉDITS
Nous avons, avec le concours de nos amis, les Docteurs Barbier et Beaupère, examiné 9 malades opérés de cholécystogastrostomie, et que nos Maîtres ont bien voulu nous confier.
Nous avons cherché à contrôler les renseignements fournis par deux méthodes : examen radiologique et analyse du contenu gastroduodénal à l’aide du tube d'Einhorn.
Les points de technique radiologique qui nous semblent devoir être précisés sont les suivants :
1° Nécessité de pratiquer l’examen en position debout puis couchée ; la vésicule en haut et en arrière lorsque le sujet est debout, prend une direction presque verticalement descendante sur un sujet couché : d’où possibilité de réplétion de la vésicule anastomo-
sée par son fond à l’estomac. Nous avons, en un cas
(Obs. 106), constaté l’absence de toute image caractéristique lors du premier examen en station debout ; puis, ayant noté un détail nouveau en position couchée, nous avons de nouveau examiné debout notre malade, et avons constaté la persistance de cette image ;
2° Il semble que les renseignements fournis par l'examen radioscopique soient très inférieurs aux précisions que l’on tire de la lecture des radiographies. Il est cependant nécessaire d'examiner à l’écran
le fonctionnement gastrique, de noter les formes suc-| cessives et la situation du bulbe duodénal pour pouvoir interpréter les clichés.
3° Possibilité de faire une radiographie de contrôle: le lendemain.
4° Importance de la réduction du temps de pose et de l'emploi de l’appareil antidiffuseur.
Le tubage gastroduodénal nous semble réaliser les. conditions les meilleures pour l’étude du milieu gastrique et l’exploration fonctionnelle des bouches de: cholécystogastrostomie. C’est un procédé commode, qui permet une étude précoce du résultat opératoire, une étude qui peut être prolongée, pendant plusieurs heures, sans aucune gêne pour le malade, et qui, per-. mettant l’alimentation, donne les moyens pratiques d'étudier de façon continue les variations des milieux. L'usage de la sonde d’Einhorn offre enfin, à comparer avec le contenu gastrique, le milieu duodénal et permet ainsi de juger, en même temps, de la valeur fonctionnelle de la glande pancréatique. Nous avons généralement pratiqué les épreuves suivantes :
1° Prélèvement immédiat : le liquide recueilli représente le contenu normal à jeun de l’estomac anastomosé. |
2° Provocation de la sécrétion gastrique, obtenue soit par la seule présence de l’olive, soit par labsorption d’aliments dont la digestion peut être suivie pas à pas, soit par l'injection par la sonde d’Einhorn d’une solution de bicarbonate de soude : après une courte phase alcaline, on note une importante réaction acide. Si, au contraire, l’olive est déjà dans le
} duodénum, et c’est une bonne épreuve de différencia- } tion topographique, l'injection alcalinise le milieu et |provoque une chasse biliaire (1). |
3° Contrôle du passage au pylore. — Outre l’épreu- 1ve que nous venons d'indiquer, il faut ajouter l’inges- Jtion de lait ou d’un liquide coloré quelconque, qui 1peut être pompé immédiatement, si l’olive est en- | core dans l'estomac, et enfin la recherche de la tryp- | sine dans le liquide présumé duodénal. Le signe clas- }sique de l’apparition de la bile en grande quantité, | lorsque l’olive franchit le sphincter, perd naturellement toute valeur dans les cas que nous avons étu- | diés.
| 4° Provocation d'une chasse biliaire duodénale. — Normalement, l’injection d’une solution de sulfate de | magnésium provoque un afflux de bile. Cette épreuve, | dans les cholécystogastrostomies, donne des résultats | très intéressants.
Le liquide de chaque prélèvement est analysé tant | au point de vue acidité qu’à celui de la présence de | bile. Les prélèvements duodénaux sont l’objet de re-
| cherches de trypsine.
Nous avons pu examiner 9 malades porteurs d’une cholécystogastrostomie, dont 5 étaient atteints d’une facon certaine de pancréatite chronique avec ictère ; 9 ont été radiographiés, mais chez 7 seulement l’examen radiologique a pu être fait complètement. :
(A) J. Barbier et P. Mallet-Guy : L’exploration gastroduodénale par la méthode d'Einhorn, Soc. de Méd. et Soc, Méd. Lyon, Juin 1925,
OBs. 104, M. le Docteur SANTY, 1923 (complétée mars-juin 1925). — F., 40 ans, envoyée d'urgence à l’infirmerie de porte de l’Hôtel-Dieu pour un syndrome ictérique fébrile.
Mariée, a eu un enfant mort en bas âge. Pas de fausse couche. Bien réglée. i
La malade raconte n’avoir jamais bien digéré. Fréquentes indigestions et maux de tête après chaque repas. De tout temps, dégoût pour la viande et les graisses. À 21 ans, elle fut soignée pour une colique hépatique nette : douleur dans l’hypocondre droit irradiée à l’épaule et la région interscapulaire, mais aussi à gauche, en ceinture. Cette‘ douleur qui avait débuté dans la région dorso-lombaire dura trois jours. Elle était temporairement soulagée par des vomissements qui se répétèrent. Subictère avec sclérotiques nettement jaunes et selles décolorées.
A la suite de cet épisode aigü, la malade note l'existence de troubles gastriques assez marqués : douleurs continuelles à droite, exagérées par le repas, soit de suite, soit quelques heures après. Au bout d’un mois, cet état s’améliore et insensiblement la guérison s’installe.
Les indigestions antérieures persistent cependant.
Constipation habituelle.
Puis, les anciens troubles même disparaissent et la guérison fut parfaite.
Mais en 1913, récidive de ces malaises et nouvelle colique hépatique très forte ayant nécessité une piqüre de morphine.
Après deux ans de calme, troisième colique en: 1915, et depuis, se répètent à des intervalles de 3 à 4 mois, douloureuses qui chacune s’accompagnent de subictère.
À partir de novembre 1922, les troubles augmentent d’intEnsité, et la malade présente des troubles digestifs progres- Sivement croissants : sitôt l’ingestion alimentaire, sensation de pesanteur gastrique avec nausées et vertiges durant une à deux heures et précédant souvent une véritable colique. ou début de janvier, congestion pulmonaire, jours.
Le 5 février, crise douloureuse d’une violence exceptionnelle, que ne calme nullement la piqûre de morphine, douleur surtout marquée dans le flanc Sauche. Frissons répétés. La
guérie en cinq
les crises .
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