PLANCHE II
Obs. 104. — La radiographie, prise debout (fig. 1 et 2), montre la vésicule, bouillie barytée, distincte du bulbe duodénal D, surmontée de 2 bulles
d'air 1 et 2. Sur la radiographie en position couchée (fig. 3), à gauche du bulbe D, une bulle d’air obliquement allongée 1.
injectée par la
Service photographique de l'Université de Lyon.
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un liquide aussi peu bilieux. Il semble nettement que la fistule n’ait pas laissé de bile pendant le séjour de l’olive.
2° Jeu normal du cholédoque : chasses biliaires duodénales provoquées.
3° Digestion trypsique normale,
Examen radiologique : trois examens furent pratiqués :
Le premier, le 27 février 1923, le bouton est encore en place au niveau de l’antre pylorique.
Le deuxième : le 25 janvier 1925, par M. le D' Santy La radioscopie montre un estomac vide à jeûn, se remplissant bien par la baryte. Estomac en J fermé, paresseux, la région pylorique est peu marquée. La vésicule n’est pas sensible. Evacuation lente sans péristaltisme.
Le troisième :.le 9 mars 1925, par le D’ Beaupère :
1° Radioscopie debout : Estomac se remplissant bien et dont . le bas-fond est abaissé. Contractions peu marquées. Au niveau de l’antre pylorique, on constate une sorte de bifurcationm constituée à droite par l’amorce du duodénum et en haut par une saillie nette, rattachée à l’estomac, mais non persistante.
2° Radioscopie couchée. On voit la portion externe de l’antre pylorique qui, à certains moments s’isole à peu près complètement du reste de l’estomac sous forme d’une boule, surmontée d’une tache tantôt aplatie, tantôt allongée verticalement. Cette tache est rattachée à l’antre sous-jacent par un pédicule plus ou moins visible et plus ou moins long. La malade dit souffrir lorsqu’apparaît cette image diverticulaire.
3° Radiographie faite debout: ellé montre une image diverticulaire des plus nettes, faite en position couchée, elle revèle seulement une bulle d’air allongée surmontant l’antre pylorique.
En résumé l’examen radiologique conclut d’une façon certaine au reflux de la baryte dans la vésicule.
Os. 105, M. le Prof. VizrarD et M. le D' Savy. — Femme, 33 ans, entrée le 23 juin 1923.
Envoyée par le D' Savy, salle Gensoul pour un ictère chronique avec le diagnostic suivant : « Coliques hépati-
ques frustes antérieures, grossesses multiples, ictère par rétention datant d’un mois avec grosse vésicule, sans fièvre et sans modification du pouls. »
Personnellement, bonne santé, réglée à 12 ans régulièrement, à 15 ans quelques douleurs et crampes gastriques. Mariée à 22 ans. Mari mort à 30 ans de la grippe (bonne santé habituelle).
6 grossesses, une fausse-couche, à 2 mois 4%. 3 enfants vivants. À signaler encore une rougeole à 23 ans et une longue grippe à 28 ans.
L'hiver suivant (1919-20), pleurésie droite, qui nécessita deux ponctions, maïintint la malade 5 mois au lit; amaigrissement, mais reprise rapide du poids, 20 kilos en quelques mois. La malade ne présenta plus aucun signe pulmonaire.
Mais, depuis le début de l’année, apparition de douleurs lombaires, sans troubles urinaires, coïncidant avec des pertes jaunâtres abondantes, amaigrissement de 6 kgs. Depuis un mois les douleurs se sont exaspérées, s’accompagnent d’arthralgies : puis apparaît le prurit le lendemain, précédant lui-même l’ictère de 2 à 3 jours.
L'hypocondre droit n’a, à aucun moment, été douloureux, pa: de vomisseme: ts.
Le 23 mai, ‘a malede entre à l'Hôpital ce Belley où clle resta jusqu'au 3 juin.
L’ictère persiste, selles décolorées, urines acajou, les douleurs lombaires ont disparu. Pas de frissons, la température reste entre 38° et 38°4. A l'entrée dans le service, ictère généralisé, abdomen souple, grosse vésicule parfaitement perceptible; pas de rate perçue. Anorexie et constipat;5r.
L'examen du poumon droit révèle un certain degré de submatité et d’obscurité respiratoire. Pouls à 70. Les urines bilieuses renferment une forte quantité de pigments biliaires; ni sucre, ni albumine.
Intervention le 7 juillet 1923. Depuis 4 jours la malade reçoit 3 gr. de chlorure de calcium par jour. Le jour de l'opération : ergotine, 0,10 ce. Incision de Mayo. Le foie, très volumineux, est facilement luxé. La vésicule, modérément distenGue, déborde légèrement la face inférieure, Elle se
vide assez facilement sous la pression et son aspect dénote qu’elle a pu avoir, à certains moments, une distension beaucoup plus considérable. Aucun calcul perçu. Pas d’adhérence. Le cholédoque, qui est distendu, ne présente pas non plus de péricholédocite. Pas de calculs. Il existe à son voisinage 2 à 3 ganglions volumineux, mobiles, qui ont laissé croire un instant à l'existence d’un calcul. La palpation du pancréas montre une masse du volume d’une petite noix, indurée, lobulée rappelant la consistance d’un adéno-fibrome du sein. Cette lésion est vraisemblablement la cause de l’ictère. On pratique une cholécysto-gastrostomie, rendue difficile par la disposition du péritoine vésiculaire qui plaque la vésicule dans le sillon hépatique. On libère le fond vésiculaire du lit hépatique et on attire la face inférieure du foie près de l’estomac.
Le plan séro-séreux antérieur est rendu de ce fait laborieux et peu satisfaisant; suintement hémorragique qu’on ne peut arrêter complètement et qui nécessite la mise en place de mèches dans le décollement vésiculaire en l’écartant autant que possible de la suture gastrique. Fermeture. Drainage.
Suites opératoires. — Après l'intervention pendant 6 jours, lavement avec 2 gr. de chlorure de calcium et V gouttes de laudanum. Intervention bien supportée, pas d’hémorragie. Disparition du prurit. Dès le 3° jour, la malade prend du bouillon, le 5° une purée, puis l'alimentation est reprise progressivement. Bonne digestion, aucun trouble digestif, ni vomissements, ni régurgitations amères.
Disparition rapide de l’ictère. Selles colorées, urines claires; 10 jours après l'intervention, mobilisation prudente de la mèche, qu’on répète avec grande prudence les jours suivants. 16 jours après l’opération : ablation complète des mèches. Le 2 août, la malade repasse dans le service du Docteur Savy.
Suites apyrétiques. — Le 21 novembre 1923 : La malade revient se montrer, état parfait, complètement transformée, a engraissé de 2 kgs. Digère bien, sans lenteur apparente de l'évacuation gastrique. A la palpation, aucune induration anormale, pas d’éventration.
be
: Le 5 mars 1925, la malade nous écrit qu’elle se porte parfaitement bien. « Depuis le 1°’ octobre 1923, que j'ai repris mon service, je n’ai pas eu un seul jour de maladie: je mange bien, je digère bien et ne souffre pas du tout, je n’ai jamais eu de renvois de bile, une seule chose qui diffère du passé est que je ne peux rester à jeûn le matin : cela m’occasionne de violents tiraillements d’estomac : La jaunisse n’a jamais réapparu : J'ai repris plus de quatorze kilos.» La malade joint même à sa lettre une photo prise onze mois après l’opération et qui la montre en excellent état de santé.
Elle est vue le 12 mai 1925 et l’interrogatoire et l’examen confirment ces faits.
Examen radiologique le 12 mai 1925 (D' Beaupère).
1° Radioscopie debout. Pas de liquide à jeun. Après remplissage normal par la bouillie, on constate un estomac oblique, attiré à droite. Les contractions ne sont pas très profondes, mais apparaissent dès l’arrivée de la baryte. On croit voir la vésicule injectée au-dessus de l’antre pylorique, mais on se rend compte qu’il ne s’agit que du bulbe .duodénal, car on peut suivre la progression de la bouillie. On note d’ailleurs que la deuxième portion du duodénum passe en arrière de l'estomac, en décrivant ainsi une véritable boucle avec l’antre prépylorique. |
2° Radioscopie couchée. On note la même forme de l’es- ‘tomac avec une image du bulbe duodénal très nette en flamme de bougie.
3° La Radiographie, faite en position debout et couchée, montre l’existence d’une bulle d'air, indépendante et audessus du bulbe, et permet d'affirmer la perméabilité de. l’anastomose.
Tubage gastro-duodénal le 14 mai 1925 (D' Barbier).
L’olive est déglutie sans difficultés à 10 h. Premier prélevement immédiat (0 heure): liquide teinté de bile. Traces d'acide chlorhydrique libre. — Deuxième prélèvement (1 h.): Sous la seule influence de l’olive: chasse biliaire très importante, liquide épinard: acide chlorhydrique libre, en grande quantité. —— Troisième prélèvement (3 h. %): un cme, seulement d’un liquide verdâtre contenant des pig-