ETUDE DÉTAILLÉE
DE LA SYMPTOMATOLOGIE
Douleur. — Un des symptômes les plus constants de l'affection, la douleur, en marque le plus souvent le début et se retrouve au cours de l’évolution. M. Mathieu Barth attribue tous ces phénomènes douloureux à l’innervation des rami pancréati du plexus solaire. Arnsperger pense qu'il faut tenir compte de l’action de la glande au moment de la digestion, qui coïncide avec le maximum de douleur (une à deux heures environ après le repas) et de celles des petites hémorragies interglandulaires fréquentes dans la pancréatite chronique qui compriment les rami nerveux intra et péri-acineux. R
Au moment du fonctionnement digestif du pancréas, il y à un afflux normal de suc pancréatique qui ne peut s’écouler dans la lumière duodénale, du fait de l’obstruction créée par l’inflammation de la glande ; la tension intraglandulaire augmente favorisant les petites hémorragies.
Simple sensation de pesanteur dans l'abdomen, la douleur prend un caractère franchement lancinant ; dans quelques cas elle procède par accès, par crises ressemblant à
celles de la colique hépatique ou de l’appendicite. La ma-
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lade de l'observation rapportée par MM. Leriche et Savy, entrée à l'hôpital avec un syndrome douloureux de l’abdomen, présenta avant l'intervention cinq crises douloureuses espacées, ayant le même caractère d'intensité et offrant les mêmes indications dans la région scapulaire droite. Au moment des paroxysmes, la douleur peut atteindre un tel degré d'intensité que les malades présentent des phénomènes syncopaux (syncope, réflexe par excitation du plexus solaire).
Généralement localisée à l’épigastre ou à l'hypochondre droit, elle peut s’irradier à tout l’abdomen, à la région scapulaire droite, au dos. Desjardins a cru trouver un point spécifique situé sur la ligne axillo-ombilicale droite à une distance variable de 5-7 centimètres au-dessus de l'ombilic. Ce point pancréatique correspond à la projection sur l’abdomen du point d’abouchement du canal de Wirsung au duodénum.
Chauffard discute la situation du point pancréatique ; sa délimitation trop restreinte n'est pas toujours fixe : il propose une zone pancréatico-cholédocienne qui répondrait mieux au siège de la douleur ; cette zone en dehors de laquelle se trouvent les points vésiculaires et appendiculaires n'atteint pas en bas l’ombilic. En partant de l’ombilic on mène une verticale et une horizontale.-Les limites de la zone sont formées par la verticale de la bissectrice de l’angle droit.
Dans les cas de pancréatite totale ou de pancréatite limitée à la queue, la douleur n’est pas localisée au côté droit ; elle occupe tout l’épigastre et dépasse à gauche la ligne médiane. Orlowsky a proposé pour délimiter la région qui correspond à la tête du pancréas une méthode qui serait,
d'après lui, à l'abri de toute cause d'erreur : on trace de chaque côté du corps, partant de l'extrémité de la clavicule, une ligne croisant la face antérieure du thorax et de l'abdomen pour aller se terminer au milieu d'une ligne allant de la symphyse pubienne à l’épine iliaque antérosupérieure du côté opposé : la tête du pancréas correspond à la moitié supérieure de l’angle obtus formé à droite par la rencontre de ces deux lignes. |
2° L'amaigrissement n'est pas moins constant que la douleur ; on le constate dans tous les cas de pancréatite. Il dépend pour une part de la douleur qui empêche les malades de s'alimenter. Un malade dont le cas est rapporté par Martina se nourrissait exclusivement d’un demilitre de lait. Le malade diminue sa ration pour éviter la douleur, mais il peut garder l'appétit. L’amaigrissement est en général très rapide et ce caractère le différencie de l’amaigrissement symptomatique d’autres affections du tube digestif, même du cancer du pancréas. En peu de temps il peut atteindre 25 et même 50 kg. (Mayo-Robson). Cet amaigrissement s'accompagne de perte des forces, de pâleur, d'émaciation de la face. Cependant dans certains cas, en dépit d'un amaigrissement considérable, les malades gardent un excellent état général que rendent plus invraisemblable encore un dépérissement, une pâleur surtout tributaire du défaut d'alimentation.
3° Les vomissements sont très fréquents ; ils marquent souvent le début et font partie du cortège symptomatique qui accompagne la crise douloureuse. Rarement il fait défaut. Il n’est souvent qu'un acte réflexe.
4° L’ictère est encore plus inconstant. Au début il man-
que presque toujours. De règle dans la pancréatite de la