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tête en évolution, il manque le plus souvent dans la pancréatite totale hypertrophique ou atrophique. Quand il existe il est moins prononcé et soumis à des variations moins grandes dans la pancréatite que dans la lithiase du cholédoque.
W. Sallis l’a compté 18 fois sur bo cas de pancréatites non biliaires. Le plus souvent les malades ne présentent qu'une faible teinte subictérique. L
En l'absence d’ictère, la pâleur de la face, l'émaciation profonde des malades semble parfois un syndrome d'anémie pernicieuse.
Les symptômes fonctionnels que nous venons d'étudier orientent l’examen physique du malade.
Celui-ci étant couché, les jambes fléchies sur le bassin, présente généralement une voussure épigastrique. Souvent la palpation amène une contracture de défense qui empêche tout examen. Dans certains cas cependant l'hypertrophie du pancréas associée à la maigreur du sujet peut être accessible au toucher : on perçoit alors dans la profondeur une tuméfaction transversale, dure, inégale, non mobile, mal limitée, soulevée quelquefois par les battements aortiques. La perception de cette tuméfaction tendue au-devant de la colonne vertébrale est surtout nette lorsqu'il s’agit d’une pancréatite totale. Cette pancréatite totale est d’ailleurs relativement peu fréquente ; elle fait suite généralement aux infections générales, à la grossesse, aux traumatismes. Sur bo cas de pancréatites non biliaires, W. Sallis en a observé 27. Plus fréquente est la pancréatite de la tête ou céphalo-pancréatite, quoique cette localisation au niveau de la tête soil surtout l'apanage des pan-
créatites biliaires.
Ces deux sortes de pancréatites ne nous ont pas paru suffisamment distinctes dans leur symptomatologie pour nous permettre d'établir des formes cliniques ; qu'il nous suffise de dire que les signes physiques fournis par la palpation diffèrent peu ; le degré d’étendue de la selérose diffère seulement, l'ictère est plus fréquent dans la céphalo-pancréatite, ainsi que les troubles digestifs dus à l’absence de sécrétions pancréatiques et à l'insuffisance de l'apport biliaire.
Ces deux formes de pancréaliles primitives retiendront seulement notre intérêt lorsque nous étudierons les troubles fonctionnels, si importants, du déficit glandulaire ; nous désirons signaler cependant des pancréaliles secondaires, épiphénomènes d’une affection plus importante qui a dominé la scène clinique et le plus souvent diagnostiquée : ces cas de pancréatites succèdent à des ulcères de l'estomac, du duodénum, à des cancers de l'estomac ou des voies biliaires. Le diagnostic de ces pancréatites est d’ailleurs sans intérêt clinique et leur traitement illusoire.
La symptomatologie des pancréatites chroniques non biliaires doit envisager maintenant les troubles fonctionnels dus au déficit glandulaire ; ce sont. les plus importants à connaître, car ce sont eux qui permettent d’affirmer une lésion pancréatique, de circonscrire ainsi le diagnostic dont les éléments sont souvent épars et de signilication variable.
Cette insuffisance pancréatique peut être révélée par l'examen des urines, des fèces et par quelques épreuves particulières de mérite inégal.
Les urines : La quantité d'urine est habituellement un peu plus forte que la normale, la coloration est fonction de l'intensité de l’ictère.
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La réaction la plus importante dans l'analyse des urines serait la réaction de Cammidge, qui publia en 1904, dans le Lancet et dans le British medical Journal, le résultat de ses expériences faites avec des urines provenant de personnes atteintes d'affection du pancréas et reposant sur la recherche de la glycosurie dans l'urine. Le point de départ de ces expériences était la nécrose graisseuse et les altérations analogues du pancréas qui sont dues au dédoublement dans certaines conditions de graisses neutres en glycérine et acide gras. Cammidge recherchait la glycérine dans l'urine, en la transformant d’abord en glycérose par oxydation et en combinant cette glycérose avec la Pheuilhydrazine pour obtenir une osazone facile à séparer, cristallisable.
Grimbert et Bernier, dans une première communication parue dans les comptes rendus de la Société de Biologie, soutiennent que le corps qui prend naissance dans l’hydrolyse de l’urine, existe normalement dans toutes les urines et ne saurait avoir aucune signification clinique.
L. Carrier, qui a consacré sa thèse à l’étude de la réaction de Cammidge, conclut que cette réaction dite « réaction pancréatique » ne saurait être un signe pathognomonique des affections du pancréas, que sa valeur clinique est minime, sa technique compliquée et délicate, ses résultats positifs variables.
L'épreuve de Sahli ne retiendra pas plus notre attention : elle est basée sur le dédoublement du salol en phénol et acide salicylique par le suc pancréatique. Falloix a montré d’ailleurs que la bile peut dédoubler le salol et que cette réaction peut se produire chez des chiens à qui l’on a extirpé le pancréas.