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L'examen des fèces sera d’une toute autre utilité et fournira de précieux renseignements : leur fréquence est augmentée ; elles sont molles, franchement diarrhéïques, décolorées ou plutôt graisseuses, très fétides. La steatorrhée est un symptôme caractéristique ; la graisse non digérée se présente soit sous forme de gouttelettes huileuses surnageant le liquide des selles,soit sous forme de mucus blancs onctueux ressemblant à du mastic.
À cet examen macroscopique se joindra une étude microscopique des selles qui a la plus haute importance. Les aliments végétaux d'un repas d'épreuve sont bien digérés, mais les fibres musculaires sont très souvent inattaquées ; les unes montrent encore la situation longitudinale et transversale, les autres sont de dimensions restreintes, arrondies, agglomérées en amas avec une imparfaite striation ; d'autres enfin n'ont plus de striation et sont sans noyaux. C'est Schmidt, dans une communication faite à Leipzig et à Dresde en 1904, qui a attiré l'attention sur l’absence ou la présence des noyaux des fibres musculaires digérées ; il a montré que normalement le suc gastrique attaque la fibre, mais épargne le noyau, lequel n’est détruit que par le suc pancréatique. C'est la « réaction des noyaux
de Schmidt » ou « nucleus test ».
Cette non-digestion des noyaux fournira donc la présomption d’une insuffisance pancréatique.
À vrai dire, toutes ces particularités révélées par l'examen des urines et des fèces, toutes ces réactions ne sont pas pathognomoniques de la pancréatite non biliaire. On les trouve également dans les pancréatites essentielles et
biliaires. C’est un symptôme de pancréatite chronique
ose
témoignant d’une insuffisance fonctionnelle grave de cet organe.
Elles méritaient pourtant d’être signalées à cette place, parce que leur constatation permettra de fixer, de localiser le diagnostic lorsque celui-ci sera hésitant.
Nous attirerons enfin l'attention sur un point assez important de la séméiologie pancréatique : la glycosurie. Mais c’est un symptôme inconstant des pancréatites ; sa présence d'autre part ne prouve pas l'existence de pancréatites. Dans une statistique de 250 cas de pancréatites de toutes formes, W. Sallis n’a relevé que deux cas de diabète sucré. Dans la syphilis et dans la tuberculose du pancréas, le diabète serait plus fréquent. Il existe dans la pancréatite chronique non biliaire parmi les complications que nous allons étudier avant d'aborder la question du diagnostic.
Complications. — Parmi les complications, la plus fréquente se trouve la lithiase biliaire. S'il est vrai de convenir que la lithiase biliaire et que l'infection des voies biliaires déterminent souvent l'infection du pancréas, il est incontestable que la pancréatite peut provoquer l’inflammation des voies biliaires et consécutivement la formation de calculs.
Le pancréas peut devenir le siège d’une inflammation aiguë, gangréneuse, voire même hémorragique.
Des altérations hépatiques sont souvent ascendantes et la mort peut survenir par ictère grave.
Les thromboses de la veine porte et de la veine cave ont été signalées, mais elles sont rares.
Dans des cas rapportés par Hale White et Santos, on a vu apparaître de l’ascite.