‹ Panégyrique du révérend Edouard Crevier, V.G. [microforme]Chapitre 6 sur 16 · CEST PEU CR · texte numérisé non relu

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lun de ces bienfaiteurs ? sa philanthropie s'est élancée si haut qu'elle à atteint les hautes régions où commencent la charité pour s'élever graduellement jusqu'aux sphères, encore plus ardentes, du divin amour.

L'Hôpital fut fondé au milieu de toutes sortes d’entraves : cette Maison prospère sous les bénédictions d'en Haut, et elle pourra détacher, un peu plus tard, de son sein fécond, de nouveaux essaims de vierges dévouées qui iront porter leurs consolations de toutes parts, et viendront même, en cette paroisse y butiner des amertumes, de la misère et de la pauvreté pour soigner des membres souffrants de la grande famille humaine à laquelle avait voué un culte si dévoué, feu messire Edouard Crevier. Il devra même aller, un jour, s’ensevelir dans cet asile.

n'aimer que la pauvreté,

Car, il a méprisé les splendeurs, pour Il devra mourir au milieu de ses chers pauvres, seuls sujets de son inépuisable compassion, comme Jésus, Marie et Joseph étaient les seuls objets de son ardent amour.

Son zèle ne se borne pas à St Hyacinthe ; ilest plus expansif et bien qu'il desserve les paroisses de St-Dominique et de Ste-Rosalie, il semble que sa charité ait trop d'envergure pour se contraindre dans d'aussi étroites limites. On le retrouve partout où il y a du bien à faire, des pauvres à soutenir, des malheureux à consoler, des âmes faibles à fortifier, des travaux à exécuter.

Le Canadien-français a été engendré à la Foi chrétienne en ce pays, dans le sang de ses martyrs et dans le dévouement de ses héros. Il doit tout à la religion catholique. Quand il l’abandonne, —-ce qui est heureusement rare, il se sépare volontairement du Bourrelé de remords, renié des siens, iméprisé des protestants honnêtes qui vivent au milieu de nous, il traîne une existence honnie et misérable en ce monde, pour tomber, À sa mort, dans les mains d’un Dieu qu'il a renié et qui ne le connait plus.

grand arbre de vie nationale, patriotique et religieuse.

Aussi l'hérésie et l’apostasie sont-elles le plus grand malheur qui puisse atteindre un de nos nationaux. Or, ces plaies déshonorantes venaient de s'introduire À Milton, en ce diocèse. Mr Crevier, dont la grande âme n’est fermée à aucune infortune, ira combattre cet ennemi nouveau. Aidé de son frère Joseph, il construit au centre de cette population infectée d'erreurs, un temple où le vrai Dieu sera vénéré, où la vérité vaincra

et la délivrera de ce monstre qui avait osé lever la tête au milieu

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d'elle. Car, sa charité était inépuisable ; elle s'accommodait à tout pour faire du bien à tous. Oh ! l’ardente charité, Comme elle est belle ! comme elle est fructueuse auprès des malheureux ! comme elle est puissante auprès de Dieu ! comme elle pave richement de pierres précieuses, la route de l'âme qui se consume entièrement pour elle ! Mieux encore que les eaux de nos fleuves, qui, pompées vers les nues du ciel par les rayons solaires, viennent se répandre ensuite, en douce rosée, sur la terre pour la fertiliser et lui faire produire des fruits plus abondants ; la charité, attirée vers les régions. célestes par l'attraction du Divin soleil, va se décomposer là-Haut en perles d’une richesse infinie, qui brilleront pendant toute l’éternité sur la couronne de ceux qui lui furent dévoués sur la terre. Car la Charité avec sa sœur l'Humilité, sont, non-seulement les grandes assises du chrétien, mais sont encore et par-dessus tout, l'unique clef du royaume du bonheur à venir. M. Crevier pratiquait, à un haut degré, ces deux grandes vertus célestes que le monde abhore mais que le ciel divinise.

Sa noble conduite a porté d’heureux fruits. Voyez les œuvres pieuses qui ont surgi sur son passage, comptez, si vous le pouvez, les âmes saintes qui se sont élancées, sous sa direction, vers le chemin de la perfection et de la sanctification. Car le bon et saint prêtre, dans une paroisse est l’ancre du salut, le phare de l'espérance, la joie du cœur, la source des grâces, la personification du dévouement et le symbole de l'amour. St-Hyacinthe est une terre privilégiée. Des communautés nombreuses y surgissent comme par enchantement. Parmi les plus utiles, les plus dévouées, les plus austè’ res et les plus salutaires, l’on compte celle du Monastère du Précieux Sang, dont la pieuse fondatrice et supérieure actuelle fut l’amie de notre bon fondateur. Cette femme humble et reconnaissante se rappelle toujours, avec bonheur, les enseignements et le dévouement de son ancien pasteur. Klle se souvient, avec délices, des joies suaves de sa première communion qu'elle reçut de sa main vénérable.

Enfermée dans le cloître où elle prie pour le monde,et comme empourprée du sang de son Jésus crucifñié, elle répand, à son tour, sur sa ville et sur son pays, les enseignements que lui laissait son: directeur spirituel si sage, si généreux, si ardent, si dévoué pour le: bien, si zélé pour l'avancement des âmes et la gloire de son. Dieu.

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