‹ Panégyrique du révérend Edouard Crevier, V.G. [microforme]Chapitre 7 sur 16 · RARES ES · texte numérisé non relu

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Voilà les fruits précieux de son bon exemple et de son ardente charité : le bien ayant sa contagion comme le mal.

Comme la vie de l’homme est une lutte sans cesse renaissante ici bas, M. le curé de St-Hyacinthe aura toujours à combattre. Aussi partout ses œuvres progressent-elles sans que pour cela ses luttes ne cessent. Il lui est indifférent qu’elles se transportent du sein des réunions de fabrique à celui des grandes assemblées populaires, dans la presse ou sur les trétaux. Il est là, comme la sentinelle du devoir. Jamais il ne laissait un sophisme debout, jamais un faux principe inattaqué, jamais une proposition erronée sans la démolir, une inexactitude sans la relever. Un homme qui a fait alors certain bruit, en politique, fut constamment l’âme de l'opposition aux plans de M. Crevier. Mais ce dernier mit à le combattre toute son indomptable énergie, sa grande finesse, la souplesse de ses ressources, ses connaissances variées et cette grande dignité qui ne l'abandonnait jamais.

Aussi sa victoire fut-elle complète ; l'harmonie est rétablie ; la paix règne. Mgr Prince arrivera juste à temps pour jouir des succès de son ancien ami et pour voir s'épanouir toutes ses grandes œuvres, dans leur pleine floraison, au soleil de la charité et sous l'œil de Dieu.

Sa réputation bien légitime de vertu l’appelait aux pesants fardeaux de l’épiscopat ; mais sa grande humilité, qui ne l'empéchait cependant pas de connaître sa propre force, lui fera repousser cet honneur. Il se contentera d'accepter la position plus humble de conseiller de son Evêque et de vicaire général de ce diocèse.

Notre révolution de 37-38, avait eu des suites heureuses pour nous, des conséquences favorables pour nos libertés. L’on respire plus à l'aise : l'avenir nous sourit. L'on va reprendre notre marche plus assurée parmi les nations. La forêt est reculée, l'agriculture se développe, l’industrie naît, l'éducation, qui avait été nécessairement négligée au plus fort de nos luttes pour la reconnaissance de nos droits, prend un nouvel essor.

Malheureusement, les progrès en se développant, avaient aussi donné naissance à de nouvelles aspirations, à de nouvelles doctrines. Le venin des erreurs développées, à la suite des désastreuses révolutions de 1793, 1830 et 1848, en France, venait d'être déposé dans: le sein de nos populations jusque Ià à l'abri de ses mécomptes et de ses dangers.

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Tous les comtés au sud du Richelieu avaient ressenti le contrecoup de ces doctrines funestes. La catholique et intelligente paroisse de Ste-Marie fléchissait sous les efforts de l'erreur et du mensonge ! car,—dans le bonheur les peuples s’éloignent de Dieu pour ne s’en rapprocher, souvent, que sous la main inexorable du malheur.

L’extrême prospérité d’une nation fut souvent cause de sa décadence morale, de sa ruine religieuse :—

Quand tout se mesure par l'or, la vertu est sans prix. Ce qu'il faut quelquefois à un pays pour le sauver de la ruine, c'est un chef; ce qu’il faut souvent à une paroisse pour la tirer de l’abime, c'est un prêtre. Car, il en est tout à la füis, le guide, le conseiller, le protecteur et le père.

Mgr Prince qui connaissait si bien notre fondateur, lui ordonne de tout abandonner ; sa paroisse qu’il aimait d'autant plus, qu'il avait souffert d'avantage pour elle, son nouvel hôpital encore inachevé, sa Providence à peine ébauchée, ses affections saintes pour les chères Âmes qu'il avait si longtemps dirigées, pour venir, voyageur dans les déserts arides de la vie, construire sa nouvelle tente dans cette plaine alors encore inconnue pour lui, de Ste-Marie de Monnoir, qu’il a changée depuis en une oasis si fraiche, si belle, si prospère et si grande.

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