‹ Panier fleuri: prose et versChapitre 52 sur 74 · ESPAGNOLES · texte numérisé non relu

ESPAGNOLES

A Malaga débarqué Depuis moins d'une semaine, Mon cœur, mon cœur attaqué Court déjà la prétantaine.

J'avais douté de Monpou, Et, froid comme une banquise, Nié la brune marquise D'Amaëgui. J'étais fou.

La mantille, l'œil qui flambe, L'éventail, le falbala, C'était donc vrai, tout cela, — Jusqu'au poignard à la jambe !

ao4 PANIER FLEURI.

Elles sont deux sœurs ici, Qu'il faut aimer ou maudire ; . J'irai même jusqu'à dire Qu'elles sentent le roussi.

J'userais trente guitares A célébrer leurs appas :

Leurs dents sont des perles rares, Leurs cils n'en finissent pas.

L'épithète de gentilles N'est point celle qu'il leur faut.

Ni femmes ni jeunes filles : - Espagnoles ! c'est le mot.

Où les ai-je rencontrées ?

A r Alameda, parbleu !

Par une de ces soirées Langoureuses sur fond bleu.

Une odeur de sortilège Sur-le-champ me subjugua.

A présent, ô Malaga, De tes murs quand sortirai-je ?

Le matin, j'essaye en vain De répandre sur ma flamme Un vin ! un vin noir !! un vin !!!

Toujours brûle ma pauvre âme.

ESPAGNOLES. ao:>

Combien de temps durera Ce déplorable incendie ?

A vos pieds je psalmodie.

Mon Inez ! ma Juana !

Donc le matin à la cave, Le soir à l'Alameda ; Ecris-moi, mon cher Gustave Cœur restant, à Malaga.

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