FUSION
Il est une heure où se rencontrent Tous les grands vins dans un festin, Heure fraternelle où se montrent Le leiffite et le chambertin.
Plus de querelles à cette heure Entre ces vaillants compagnons ; Plus de discorde intérieure Entre Gascons et Bourguignons.
On fait trêve à Thumeur rivale, On éteint Tesprit de parti.
L'appétit veut cet intervalle.
Cette heure est Theure du rôti l
aao PANIER FLEURI.
Comme aux réceptions royales
Que virent les .deux Trianons,
Circulent à travers les salles
Ceux qui portent les plus beaux no;ms.
A des gentilshommes semblables Et non moins armoriés qu eux, Les grands vins, aux airs agréables.
Echangent des saints pompeux.
Ils ont dépouillé leurs astuces, Tout en conservant leur cachet.
— Passez, monsieur de Lur-Saluces !
— Après vous, mon cher Montrachet !
Pomard, en souriant regarde Glisser le doux Branne^Mouton.
Nul ne dit à Latour : a Prends garde ! »
Pas même le bouillant Corton.
Volney raconte ses ruines Au digne Saint-Émilion, Qui l'entretient de ses ravines Et des grottes de Pétion.
Jamais les vieilles Tuileries, Dans leurs soirs les plus radi-eux, Ne virent sous leurs boiseries Hôtes plus cérémonieux.