‹ Panier fleuri: prose et versChapitre 56 sur 74 · FUSION · texte numérisé non relu

FUSION

On cherche le feutre à panache Sur le bouchon de celui-ci, Et, sous la basque qui la cache, L'épée en acier aminci.

Voici monsieur de Léo ville

Qui s'avance en habit brodé, . Et qui, d'une façon civile, • Par Chablis se voit abordé.

Musigny, que d'orgueil on taxe.

Dit à Saint-Estèphe : « Pardieu !

J'étais chez Maurice de Saxe Quand vous étiez chez Richelieu?»

« — Moi, sans que personne s'en blesse, J'ai, dit monsieur de Sillery, Conquis mes lettres dé noblesse Aux soupers de la Dubarry ! »

Un autre, encore moins sévère :

Œ J'ai parfois déridé le front Du fameux proconsul Barrère... »

Aussitôt chacun l'interrompt.

Destourriel se tait et se guindé, Destoumel, ami du flot bleu.

Qui voyagea deux fois dans l'Inde, Coloré par un ciel de feu.

« Sans chercher si loin mon baptême, Prophète chez moi, dit Margaux, A la duchesse d'Angoulême J'ai fait les honneurs de Bordeaux. »

Le jeune et rougissant Montrose, Ayant quitté pour un instant Le bras de son tuteur Larose, Jette un regard inquiétant,

Et cherche, vierge enfrissonnée, Rouge comme un coquelicot, Mademoiselle Romanée Auprès de la veuve Clicquot.

Certaine d'être bien lotie.

Malgré son air un peu tremblant, Dans un coin la Côte-Rôtie Sourit à TErmitage blanc ;

Tandis qu avec un doigt qui frappe.

Impatient de se montrer.

Le fougueux Château-Neuf-du-Pape Demande si Ton peut entrer.

Meursault estime Tor moins jaune Que Barsac ; — lorsque Richebourg Recommence sur ceux de « Beaune Et de Nuits » un vieux calembour.

FUSION. aa3

Rauzan découvre mille charmes Chez Mercurey, ce fin rougeaud.

J'entends le cri de : « Portez armes ! »

On acclame le Clos-Vougeot.

Il en est du temps des comètes, Qui, dépouillés, usés, fanés.

Sont dans des fauteuils à roulettes Respectueusement traînés.

Un tel, souffrant qu'on le décante, Fat, dans sa fraise de cristal : ' « Ah 1 dit-il, plus d'ime bacchante M aima dan^ le Palais-Royal ! »

A ce rendez-vous pacifique Aucun ne manque, ils sont tous là.

O le spectacle magnifique î O le resplendissant gala !

Et quel bel exemple nous donnent Ces vins, dans leur rare fierté.

Qui s'acceptent et se pardonnent Leur triomphante égalité !

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