‹ Panier fleuri: prose et versChapitre 66 sur 74 · LES MAISONS CRIMINELLES · texte numérisé non relu

LES MAISONS CRIMINELLES

— Est-ce ici, monsieur?

— Oui, monsieur.

— Au numéro 96 ?

— Justement.

— Cette maison-là ?

— Oui, monsieur.

Et voilà une personne de plus qui s'arrête dans la^rue, qui lève les yeux, qui s'exclame, qui interroge les autres individus déjà rassemblés. — Un d'entre eux, autour duquel on s'empresse, fait complaiseunment les honneurs du sanglant réciL

— Au second étage, oui, monsieur.

— Pouvez- vous m'indiquer la fenêtre ?

— Avec plaisir Là, au-dessus de renseigne du tailleur.

— ^ Cest singulier. Et vous dites que l'assassin n a pas songé à prendre la fuite ?

— Pas un seul instant, monsieur.

— Il l'aurait pu cependant.

— Il Taurait pu.

J'avais fait comme tout le monde : je m'étais arrêté devant le numéro 96, où une tentative d'homicide avait eu lieu là veille. Je prétais Toreille aux propos, sans m y mêler.

Quelqu'un se tourna vers moi, et me dit :

— N'est-ce pas que cette maison a quelque chose de particulièrement sinistre et qui sent le meurtre ?

— Je ne vois pas cela, répondis-je; elle ressemble à toutes les maisons.

Je doute, en effet, que Lavater, qui lisait couramment sur les visages, — ce qui n'est pas absolument prouvé, — eût pu lire sur les maisons. La pierre ne livre pas son secret aussi promptement et aussi facilement que la chair. Où la bouche s'ouvre, la porte reste fiermée. Où la langue parle, le mur se tait. Les maisons sont les masques des sociétés. — Ah!

mon Dieu! voilà que je m'exprime en style de Guernesey !

Tout simplement je veux dire qu'il ne faut

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