‹ Pansement avec la pellicule cellulosiqueChapitre 11 sur 21 · DER · texte numérisé non relu

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Dans tout ce fatras de découvertes sans.issues, quelques grands noms cependant, émergent, qui sont restés les précurseurs de la chirurgie moderne.

De tous temps, on vit se balancer les deux tendances, l’une à cautériser le mal et avec lui, la chair, par des antiseptiques plus ou moins puissants qui retardaient naturellement la cicatrisation dé la plaie, l’autre, à laisser renaître sans entraves un tissu neuf, même en milieu légèrement pollué, en le protégeant seulement d’un pansement simple.

M. le Docteur BonNET cite en exemple des premiers les trochisques conseillées par PoBYLE, composés d’alun de plume, de vitriol, de myrrhe, d’aloës, de grains de grenade, de fiel de taureau et de vin austère.

Dès le treizième siècle, GUILLAUME DE SALICET,

s'élève contre cette conception : « Il faut, dit-il, traiter les plaies doucement et avec douceur». Un siècle plus tard, Guy de CHAULIAC émet une loi acceptée aujourd’hui encore en cette matière : « Tout sec est plus près du sain et l’humide du non sain ».

M. le Professeur FORGUE rapporte qu’au temps de Philippe le Bel, MONDEVILLE conseille des dessicatifs et insiste sur les bons résultats des pansements rares et indolores, sur la nécessité de protéger des contacts extérieurs les esquilles séparées.

À son tour, vers 1600, l'Italien Macari écrit tout un livre De rara modicatione vulnerum. Et l’on peut s'étonner qu’émise depuis bientôt cinq siècles, cette doctrine nait pas encore pris force de loi parmi le grand public absurdement attaché à retarder la cicatrisation des plaies les plus bénignes par des panse-

ments {rop souvent renouvelés et des nettoyages intempestifs. ce

Répondant parfaitement à la formule du panse< ment rare, de la thérapeutique de la douleur, idées déjà bien anciennes, répondant aussi aux exigences de l’économie actuelle, la chimie moderne nous offre, pour combler une brèche cutanée quelconque, une sorte de peau artificielle aussi unie, presqu’aussi souple que la peau naturelle : la pellicule cellulôsique, dite cellophane.

Fabrication de la pellicule cellulosique

Fabriquée à l’usine de la cellophane, à Bezons (S.et-0.), la pellicule cellulosique, inventée par M. BRaAN- DENBERGER, est obtenue à partir de la viscose, de même que les tissus artificiels comme la fibranne et la rayonne. La matière première est la pâte de bois, qui est actuellement une ‘ressource indigène, l’importation des pays nordiques étant nulle. Divisée d’abord en plaques d’un mètre environ de côté, et de faible épaisseur, elle est déchiquetée et mise en présence de la soude avec qui elle forme un alcali-cellulose. Reprise ensuite par le sulfure de carbone, on opère une dispersion de la substance en milieu liquide.

La viscose ainsi obtenue est un xanthate de cellulose en milieu sodique. En déposant, elle se présente sous la forme d’une masse homogène et visqueuse, d’où son nom.

Elle passe ensuite dans un bain coagulant et alors qu'on file la rayonne en la poussant à travers les trous d’un filtre, on lamine ici entre deux plaques de nickel très rapprochées. Sous la première forme la

pellicule avait environ deux centièmes de millimètre d'épaisseur. Actuellement, on l’a réduite d’un demi centième de millimètre.

Les bandes obtenues sont ensuite purifiées par des opérations de désulfuration et de blanchissage. Lavées en dernier lieu à l’eau distillée, elles offrent toutes les garanties de pureté et surtout de neutralité. Le produit est ensuite mis en présence d’un plastifiant : la glycérine, qui lui communique deux propriétés. Elle maintient environ 10 % d'humidité, ce qui empèche la si désagréable rétraction sur les plaies douloureuses, point sur lequel nous reviendrons. Elle l’assouplit, donnant au produit nouveau le véritable aspect d’un tissu.

Le cellophane se présente alors sous forme de bandes d’un mètre de long et de cinq centimètres de large, transparentes, à surface unie, fines, souples et résistantes. On remarque de légères stries longitudinales et un gaufrage très menu obtenus par un tour de main de fabrication qui augmente l’élasticité de la feuille sans y marquer un relief appréciable.

Propriétés physiques et chimiques:

Comme nous l'avons dit précédemment, Ia cellophane est au point de vue chimique, une lame de cel- .lulose régénérée comparable en tous points au coton ordinaire, ramollie par l’eau qui ne la dissout pas mais la rend plus fragile, en lui donnant un toucher un peu gluant. Mouillée, elle se laisse facilement déchirer. En séchant, elle rétrécit et ondule légèrement en adhérant à la surface sur laquelle elle est étalée. Elle supporte l’ébullition sans inconvénient ainsi que la chaleur sèche. Mais la propriété de beaucoup la plus importante est sa porosité (Expériments with cellophane as steriliszable dialyzable membrane, F.-L. Wilson). Depuis longtemps, on emploie dans les laboratoires la pellicule cellulosique comme membrane de dialyse. Les orifices qui la criblent ont un diamètre de l’ordre du micron permettant ainsi le passage de la membrane à certaines molécules ; ils sont trop petits pour la traversée des microbes.

La plaie ainsi à l’abri des contaminations, n’est pas séparée du milieu extérieur. Non seulement l’eau qui

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sourd à ce niveau et provoque la si fâcheuse macération des pansements imperméables s’évapore, mais encore le gaz carbonique s’échappe, permettant ainsi les échanges de la respiration cutanée habituellement supprimés, malgré leur action bienfaisante, par les pansements ordinaires.

Préparation de la cellophane.

A l’hôpital civil de Reims, les lames de cellophane sont préparées de deux façons :

On peut les enrouler sur d’anciens tubes de catgut, support idéal, peu coûteux et très facile à se procurer dans un service de chirurgie. Elles sont stérilisées à l’autoclave CHAMBERLANT pendant vingt minutes, sous une pression d’un kilogramme. Il est à remarquer que c’est généralement la température et la pression utilisée à la stérilisation des accessoires de caoutchouc ce qui permet de ne pas employer de chauffe spéciale pour la cellophane.

On l'utilise aussi conservée dans des boîtes en fer blanc contenant des pastilles de trioxyméthylène. Pour obtenir une bonne stérilisation, il est préférable de desserrer légèrement les spires du rouleau et de le poser sur sa tranche.

Cette méthode a l’avantage de permettre l’utilisation du produit dans de bonnes conditions dans un lieu éloigné d’un hôpital ou d’une salle de stérilisation. Elle trouve, en particulier, ses indications dans

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les postes de secours de toute espèce où les pansements sont appelés à séjourner longtemps avant leur utilisation. Mais elle présente le gros inconvénient de laisser à la cellulose une odeur de trioxyméthylène, indice de la quantité de formol dont s’imprègne la pellicule et qui, quoique minime, suffit à lui communiquer des vertus légèrement irritantes et à en modifier le pH. Cette méthode n’est donc pas recommandable et il est préférable de conserver la cellophane stérile dans des boîtes elles-mêmes stériles, hermétiquement closes.

Mécanisme d'action de la pellicule cellulosique

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Examinons d’abord les inconvénients du pansement habituel à base de tissu, ou plus antérieurement, de charpie. La sérosité distillée ordinairement par la plaie se coagule et forme une croutelle recouvrante à l’abri de laquelle le tissu se régénère en paix. La moindre parcelle d’un corps étranger introduite dans la plaie est, comme on le sait, éliminée immédiatement par la suppuration.

En regardant un tissu à la loupe, un fil au microscope, on verra que l’un et l’autre sont constitués de la réunion d'innombrables fils plus courts, plus fins, donts les extrémités sortent comme des barbes. Ces petits filaments forment des aspérités à la surface, S'arrachant facilement, ils tombent dans la plaie, y séjournent et sont cause de la suppuration, même si l'on a pris toutes précautions utiles pour rendre la plaie aseptique.

Lorsqu'on change le pansement, les filaments de la compresse s’intriquent intimement aux néoformations de la plaie. Il n’est pas rare de voir les gros fils

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eux-mêmes marquer le quadrillé de leur tissage. On arrache en enlevant la compresse, la partie la plus jeune, la plus superficielle aussi, des tissus néoformes détruisant en partie le travail récent de régénération cellulaire, ouvrant mille capillaires d’où fusent des hémorragies punetiformes.

La surface de la pellicule cellulosique, au contraire, épouse étroitement les reliefs de la plaie sans y pénétrer et sans y laisser de débris.

Sa porosité, qui permet le passage des gaz, évite la macération, autre facteur de suppuration observé 2

néralement sous les croûtes épaisses.

On combattait la macération d’une façon paradoxale par l’application de corps gras aussi imperméables que la croûte qu’ils combattaient. Cet illogisme n’a plus maintenant sa raison d’être avec la cellophane.

Mais, si les molécules peuvent traverser la membrane, les globules sanguins, pas plus que les microbes, ne peuvent forcer son barrage. Il arrive que les premiers se massent à la surface de la cellophane, se coagulant et forment une couche dure, lisse, observée aussi en employant la compresse mais qui se présente ici sous un aspect poli, brillant et joue le rôle de la croûte dont nous avons parlé plus haut. Ce phénomène n’a lieu seulement que dans les plaies anfractueuses semées de corps étrangers septiques.-La cellophane, alors séparée de la plaie par la croûte, ne sert plus à rien. Elle est ici contre-indiquée. |

Son indication majeure reste sans aucun doute L.

plaie bourgeonnante d’étiologie quelconque. La nt

parition immédiate du bourgeonnement semble due

à la similitude de la pellicule cellulosique et de la peau, formant, lune et l'autre, barrage à l'anarchie

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