PaiiHciucntH protecteur
Les pansements protecteurs ont uniquement pour but de mettre la plaie à l’abri du contact de l’air. Leurs moyens d’exécution sont de deux ordres : les uns généraux pouvant servir aussi bien aux pansements rares qu’aux pansements renouvelés (cliaiqiie, linge fenêtré, ouate, compresses, bandes, triangles, etc.) , ^ les autres spéciaux^ qui ont été plus particulièrement imaginés pour les pansements rares.
A. Du diachylon. — C’est un agglutinatif très-répandu ; sa puissance d’agglutination est assez variable et il a l’inconvénient, bien souvent, d’être irritant. M. Cbassaignac a employé le diaebylon en bandelettes entre-croisées et formant cuirasse.
B. Du taffetas d Angleterre . — Le taffetas d’Angleterre, n’est autre chose, on le sait, qu’un morceau d’étoffe de soie, recouverte d’une couche d’ichthyocolle dissoute dans l’alcool. Appliqué avec soin, cet agglutinatif possède des propriétés adhérentes assez énergiques; mais à peine est-il sec qu’il devient très-dur, se crispe, ne se moule plus sur la
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plaie, attire l’air par le vide qu’il laisse, et pour peu que la lésion soit étendue, les liquides dissolvent l’enduit, et décollent l’appareil, le rendant ainsi conaplétement inutile. On ne peut guère l’appliquer que sur de très- petites plaies, en raison de sa perméabilité et de sa faiblesse comme moyen protecteur. Son utilité devient même fort douteuse, si l’on veut s’en servir pour sous-cutaniser une plaie, d’une étendue moyenne.
C. Du coUodïon. ~ On l’a qualifié avec raison d’agglulinatif par excellence. On ne peut en effet nier sa puissance sous ce rapport. Il adhère très-bien A l’épiderme, se sèche promptement, avantage remarquable qui peut le placer A côté de la suture. Il peut ainsi opposer une barrière immédiate à l’hémorrhagie, commencer sans perdre de temps son rôle protecteur et son action synthétique sur les tissus, tout en s’oj>posant A l’écoulement des liquides de la plaie.
Nous pouvons signaler encore les feuilles de plomb indiquées par Reveillé-Parise, les morceaux de toile imperméable (Mayor), les feuilles de caoutchouc (Conté), la baudruche employée dès 18/iA par Laugier.
Nous nous arrêterons quelques instants sur les deux modes de pansement employés par Laugier et M. Chassaignac.
Le pansement de Laugier consistait dans l’application d’un morceau de baudruche recouvert d’une solution épaisse de gomme arabique. M. Laugier n attribuait A la gomme et A la baudruche aucune propriété
spéciale. Pour lui elles jouaient un rôle analogue à celui que remplissent le pus et le sang desséchés à la surface d’une plaie en formant une croûte au-dessous de laquelle se fait la cicatrice.
Le 11 novembre lUh [Comptes rendus de l' Académie des sciences , même volume, p. 1006), M. Chassaignac exposait devant l’Académie que depuis trois ans, d avait mis en pratique dans divers hôpitaux, notamment à Cochin, à Necker et à la Charité, un mode de pansement des plaies qu’il désignait .sous le nom de pansement par occlusion. M. Chassaignac recouvre la plaie d’une cuirasse de diachylon (jui est croisé et qui se recouvre par l’imbrication. L’écoulement du pus est assuré par l’emploi d’un linge fenôlré, enduit de cérat et débordant la cuirasse, de sorte que le pus peut s écouler. Le tout est recouvert de charpie, etc.
**• — Ocoliiwion pncnniatiiiiio.
M. Jules Guérin a cherché, il y a quelques années, à placer les solutions de continuité dans le vide en le.s entourant d’un sac de baudruche dont il aspirait l’air à l’aide d’une pompe. Pour M. Jules Guérin l’indaminalion suppurative, phénomène inséparable des cnndilions des plaies découvertes, peut être supprimée à J aide du pansement par occlusion hermétique. Le 6 levrier lcS66, il annonce à l’Académie de médecine qn d est arrivé à faire rentrer toutes les plaies dans
lescondihonsdes plaies sous-cutanées, etc.; nousren-
voyons à la Gazette médicale pour la clescriplion du
procédé de M. Guérin, de son appareil et de ses avantages.
M. Maisonneuve, dans un mémoire lu à l’Aeadémie des sciences en novembre \ 867, a exposé les avantages d’une méthode qui consiste, après les amputations, à soumettre le moignon à une aspiration continue; cette aspiration entraîne tes liquides sécrétés par la plaie au fur et à mesure qu’ils perdent leurs propriétés vitales et les transporte dans un réeipient avant qu’ils
aient eu le emps de se putréfier.
M. Maisonneuve nettoie la plaie avee le plus grand soin, la lave avec l’alcool, en rapproche les bords avee du diachylon en ménageant des intervalles pour l’ecoulemeut des liquides; il applique ensuite une couche de charpie imbibée d’un liquide antiputride (acide phénique, arnica, vin aromatique), puis enveloppe le tout avec quelques bandes de linge imbibées des mêmes li(iuides; après ce pansement on procède à l’application de l’appareil.
«Cet appareil se eompose : 1“ d’une sorte de bonnet de eaoutcbouc muni d’un tube de même substance; 2“ d’un llacon de 4 ou 5 litres de capacité, muni d’un bouchon percé de deux trous; 3“ d’une pompe aspirante munie d’un tube fiexible. Le moignon d’amputation, enveloppé de son pansement, estdUord coifle d’un niancbon de eaoutchouc; l’orifice de cclui-ci embrasse exactement le pourtour du membre, tandis que l’extrémité de son tube>l adaptée à une des ou-
vertures du bouchon. A l’autre, s’adapte le tuyau de la pompe aspirante, puis on fait agir le piston. Bientôt l’air contenu dans le flacon est en partie aspiré et chassé. Les liquides du pansement, mêlés à ceux qui suintent de la plaie, viennent tomber dans le flacon. Le manchon de caoutchouc, privé de l’air qu’il contenait, s’affoisse et s’applique exactement sur le moignon. Le poids de l’atmosphère exerçant, par son intermédiaire, une compression puissante, maintient exactement en contact les surfaces divisées, en même temps il expulse des profondeurs de la plaie tous les liquides non organisés.
D’une autre part, l’aspiration continue produite par la raréfaction de l’air du flacon exerce sur ces même hqiiides un appel incessant qui non-seulement empêche leur stagnation dans les pièces du pansement, ce qui serait certainement très-nuisible, mais encore et surtout ne permet pas que ces mêmes liquides morts puissent séjourner dans les profondeurs de la plaie, et y devenir, en se putréfiant, la cause des accidents redoutables dont l’auteur a exposé le mécanisme dans un préeédent travail (1).
(1) Mémoire sur les intoxications chirurgicales, décembre 1866 (Dubreuil, Des di^(/ren(es méthodes de pansement des plaies, thèse d’agrégation, Paris, 1869).