CONTRE LES
son enfiuice, afin d'en donner aux aqires des leçons. Bien plus, ces misérables victimes de Timpadicité, qui ont prostitué leur corps au public, ne paraissent-elles pas aussi sur le théâtre d'autant plus misérables que, ne découvrant ailleurs leur turpitude qu'aux hommes, ici elles la font paraître aux yeux des autres femmes à qui elles avaient eu soin de se cacher jusqu'alors. On les expose à la vue de tout le monde, aux gens de tout âge , de toute dignité. De plus , un crieur public annonce ces courtisanes à ceux qui ne les connaissent déjà que trop. Voilà, dit-il, la loge d'une telle; il feut donner tout pour la voir, elle a telle et telle qualité... Mais passons sous silence des infamies qui devraient être ensevelies sous les plus épaisses ténèbres, afin que le jour même n'en fût pas souillé. Cependant vous, sénateurs, vous, magistrats, vous , citoyens romains, rougissez de honte et de confusion ! Du moins ces malheureuses, qui ont étouffé en elles toute pudeur, craignent-elles en certain jour de montrer au peuple les indécences de leurs gestes; du moins rougissent-elles une fois l'an. Au reste , si nous devons avoir en exécration toute sorte d'impureté , pourquoi nous sera-t-il permis d'entendre ce qu'on ne saurait dire sans crime? sachant d'ailleurs que Dieu condamne toute plaisanterie et toute parole inutile K Pourquoi nous serait-il permis de rejg^arder ce qjfÛ nous est défendu de faire? Pourquoi les ménaes choses qui souillent l'homme par la langue ne le souilleraient-elles pmnt par les yeux et par les oreilles, les oreilles et les yeux étant comme les avenues de notre âme? Il est difficile que le cœur soit bien net lorsque l'entrée en est corrompue. Voilà donc le théâtre interdit dès là que l'impureté est condamnée. XVUI. Si vous dites que les actions théâtrales ont été inventées pour apprendre la politesse et la science du monde, je réponds que nous devons m^riser cette science mondaine, puisqu'elle est une folie devant Dieu , et par conséquent que nous devons détester ces deux espèces de spectacles, je veux dire la comédie et la tragédie, où sont employés tous les attraits de cette maudite doctrine. La comédie ist, pour ainsi parler, Técole de l'impureté ; la
> MatUi., 12.