‹ Panthèon littéraire; choix de monuments primitifs de l'église française, avec notice littérairesChapitre 25 sur 102 · SS · texte numérisé non relu

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, meureut s^ni «e corrompre; et ces reliques de cadavres sont eomme des semences de la renato* , sance des corps dans la résurrection. Enta ; quand même ce qu'il y avait de mortel se (roiH verait avoir été dévoré en tous les morts , ce serait la mort, ce serait le temps, ce seraient les siècles qui l'auraient dévoré; mais aurait-il été dévoré par la vie , par cette robe céleste , par ce vêtement d*immortalité ? Or , dire que ce qall y a de mortel a fité dévuré par les premiers, c'est nier qu'il l'ait été par les autres, £t après toift, cet effet dpit ^^-e iipe op^atpi de h p^issapce divipe , et «op paa un ^éantissemeut qui arrive da|i$ fordre d^ la nature* Ce qu'il y a donc de mortel ayante être dévoré p^r la vie, il est nécessaire qu'il se repréaeutis aAn qu'il soit dévoré, et qu'il soit dévora afin qu'il soit chapg4. Si tu conviens qu'il iàut allumer le feu ^fin qu'il brûle, tu pe peux pas dire que ce qui rallume soit ici ni^cessaire, et que là il ne le soit pas. Ainsi quand l'apôtre ajoute : «Si étant dépouillés nous ne sommes pas trouvés tout nus^, b parlant de ceux qui , au jour du Seigneur, ne seront plus dans la vie et dans la chair , le sens, dans lequel il a dit que ceux qui sont dépouillés ne <^nt plus nus, est : qu'ils seront revêtus de la même substance dont ils avaient été dépouillés; car ils seront trouvés comme nus , n'ayant plus leur chair, ou leur cbair étapt en partie ruinée et (pise en pièces. Et en efiet, cet état peut avoir le nom de nudité, Mais ils la reprendront après , afin qu en étant revêtus , ils puiasent encore recevoir au-dessus la robe de l'immortalité; car il n'y a que celui qui est déjà habilla, de qui l'on puisse dire qu'il met pa^deMua une autre robe.

XUII. C'est pourquoi quand 1« vàtm apOtre dit : a Nous aspirons à la gloire du ciel aveQ beaucoup de courage et de eonfiance ^, mai4 npna savons que tandi$ que ooua vivona dau3 ce corps nous sonunes voyageurs, parce que noua ne marcbons qu'au travers dea voiles de la foi, et que nous ne voyons pas fiace à fiice la beauté essentielle de Dieu : » cela ne se doit pas entendre au désavantage de la chair, et pour la noircir, comme si elfe nous séparait de Notre-Seigoeur. £n effet, ce n'est qu'une exborlatiop que l'apôtie mua feit d'avoir du dégoftt pour «tftç vit,

^U.Cor.,i.-M«il.

TERTDLLIEN.

parce qae tant que nous vivons dans k chair noos sommes dans un voyage, marchant sous les bibles lueurs de la foi , sans avoir cette heureuse vision de Dieu , c'est-à-dire ne voyant pas Dieu , mais ayant seulement respérance de le voir; d'où vient qu'il ajoute : «Cest ce 'qui nous donne de l'assurance, et ce qui nous fait souhaiter d'être absens de ce corps et de sortir de cette habitation pour en aller prendre une autre en la présence de Notre-Seigneur, afin que nous ne cheminions plus dans les ombres de la foi , mais que nous soyons assurés dans la possession de notre félicité,» c'est-à-dire que nous soyons lieureux en effet , au lieu que dans cette vie nous ne le sommes qu'en espérance. Tu vois que Tapôtre, marquant ici le mépris que Ton doit foire du corps, relève l'excellence du martyre; car il n'y a personne qui, en sortant du corps comme un voyageur , s'en aille droit et dès le moment de sa mort posséder Dieu , si ce n'est par la prérogative du martyre, c'est-à-dire qu'il n'y a personne qui dès cet instant jouisse du paradis, sans éprouver la captivité des enfers, s'il n'est martyr de Jésus-Chris t. Vois- tu comment l'apètre parle de la mort? Est-ce que les paroles lui ont manqué pour exprimer cette sortie de l'âme hors du corps ? ou est-ce avec raison qu'il s'en est expliqué d'une façon nouvelle? Certes, voulant feire comprendre que nous serons absens pour un temps de notre corps, Il dit a que nous nous en éloignons comme des voyageurs s'éloignent de leur demeure,» parce que celui qui fait un voyage doit enfin retourner en sa maison. Ainsi le même apôtre adressant sa parole à tous : «Nous travaillons , dit-il, pour nous rendre agréables aux yeux de Dieu, soit que nous habitions dans ce corps,soit que nous en soyons absens par la mort; car il faut que nous comparaissions tous devant le tribunal de Jésus-Christ. « Si nous y devons comparaître tous , nous y devons aussi comparaître tout entiers; et l'homme intérieur et l'homme extérieur y doit comparaître , c'est-à-dire les âmes et les corps, afin que chacun y rende compte de ses actions , et qu'il remporte , dit-il, par le corps selon ce qu'il a fait par le corps de bien ou de mal. Je te demande comment tu lis ce passage, car il semble que les fermes en soient confus et embarrassés; mais s'il veut exprimer b peine ou ia récompense qui doivent être

remportées par le corps, la résurrection est ( doute corporelle; et s'il entend la peine ou la récompense de ce qui a été fait par le corps, les ceuvres faites par le corps doivent être punies ou couronnées dans le corps même qui lésa faites.Tout ce discours donc de l'apùtre finissant par ces paroles qui prouvent clairement la résurrection de la chair, il le faut entendre tout entier dans le sens qui convient à ces mêmes paroles par lesquelles il finit.

XLIV.Que si tu considères encore ce qu'il a dit auparavant, où il a fiiit mention de l'homme extérieur et de l'homme intérieur, n'y trouveras-tu pas toute la dignité et toute l'espérance de la chair ^? car lorsque parlant de la lumière, et disant «que Dieu en a jeté les rayons dans nos cœurs, afin que nous éclairions les autres et que nous leur donnions la connaissance de sa gloire , comme ministres de Jésus-Christ , » il ajoute, û que nous portons ce trésor précieux dans des vases de terre,» c'est-à-dire dans la chair ; que veut-il faire entendre par cette expression? Est-ce que cette chair sera détruite , parce que tirant son origine du limon , elle est de terre ? ou n'est-ce point qu'elle sera exaltée , parce qu'elle enferme un si divin trésor? Et certes, si cette vraie lumière qui luit en It personne de Jésus-Christ contient en soi la vie, et si cette vie et cette lumière sont données en garde à la chair , est-il possible que cette chair qui a en sa garde la vie doive périr? il faudrait donc que le trésor qui lui a été confié périt aussi, car on confie les choses périssables à celles qui doivent périr 3, comme l'on met le vin nouveau dans de vieux vaisseaux. D'ailleurs quand il dit : «Portant toujours en notre corps la mort et la puissance de Jésus-Christ, quel est ce corps qui, ayant été nommé le temple de Dieu , peut maintenant être appelé le sépulcre de Je sus-Christ? Mais pourquoi portons-nous en notre corps la mort et la passion de Notre-Setgneur ? « afin, dit-il, que la vie dont il est vivant soitrenduemanifèsteencecorps. »Enqael corps? en ce corps mortel ; c'est donc ea cette chair mortelle par le péché, et vivante par la grftce? Mais vois combien cette chair a de dignité, pulsqu'en elle la vie de Jésus-Christ est manifestée, Donc la vie étemelle de Jésus-Christ, cette vie

UCor.,&-.*/Mtf.

DE LA RESURRECTION DE LA CHAIR

sans fin , et exempte de corruption, cette vie, qui est la vie de Dieu, sera manifestée en un sujet qui n'a aucune part au salut , en une substance dont la dissolution et la ruine doit être perpétuelle; ou, si cela n*est pas, de quel temps est-ce que la vie de Notre-Seigneur sera manifestée en notre corps P Peut-être , diras-tu , que la vie dont parle Tapôtre est celle que Jésus- Christ a menée en ce monde, qui a fini par sa mort et sa passion , et qui non-seulement a paru évidemment à la vue des Juifs, mais qui est aujourd'hui annoncée à toutes les nations. Tant s'en feut , rap6tre parle clairement de cette vie de Jésus-Christ, qui a brisé les portes de diar mant , et forcé les serrures d'airain des enfers i, et qui depuis cette grande victoire est notre vie. Enfin elle sera manifestée en notre corps; quand ? après notre mort. De quelle sorte? lorsque nous ressusciterons en notre chair, comme Jésus- Christ est ressuscité. Mais que Ton ne nous objecte point que la vie de Jésus-Christ est maintenant manifestée en notre corps par la profession de la sainteté, de la patience, de la sagesse, et de la justice, qui ont fleuri en la yie de Notre-Seigneur , car Tapôtre prévoyant cette explication, ajoute : cNous qui vivons, nous sommes livrés à la mort pour le nom de Jésus- Christ , afin que sa vie soit manifestée en notre corps mortel, ail dit que, quand nous serons BiortSflaviedeNotre-Seigneur sera manifestée en notre corps. Mais si alors elle est manifestée en notre corps, comment y sera-t-elle manifestée, si le corps n'est ressuscité? «Nous avons, dit encore Tapètre, une ferme foi que Dieu qui a ressusdté Jésus^hrist , nous ressuscitera aussi avec lui. » Mais Notre-Seigneur étant déjà ressuscité des morts, que signifie ce terme, avec lui , sinon comme lui. Que s'il nous ressuscitera comme lui , il ne nous ressuscitera pas sans la cbair?

XLY. Mais nos adversaires tombent dans un autre aveuglement et se brisent à un nouvel écueil, ' dans la rencontre qu'ils font du vieil homme et da nouvel homme ^. Ils voient que Fapôtre nous avertit de nous dépouiller du vieil homme, de cet appétit corrompu qui est une si féconde source de désordres ; de prendre un esprit nouveau ; de nous revêtir du nouvel homme , qui est

ipiaumel06. -*Éphéi.,4.

créé selon Dieu en sainteté, vérité et justice. Ils veulent donc que saint Paul^ distinguant ici deux substances, et rapportant la vieillesse à la chair, et la nouveauté à la vieille âme, entende la chair par le vieil homme, et que nous exhortant à renoncer au vieil homme , il nous exhorte à renoncer à un scùet de perpétuelle corruption, c'est-à-dire à la chair. Mais, certes, à le bien prendre et selop l'origine et la nature de ces substances, ni Fàme n'est le nouvel homme, ni la chair n'est le vieil homme, sous prétexte que celle-là aitélé créée la dernière, et celle-ci la première. En effet, quel lempsy a-t-il eu entre l'ouvrage de la main de Dieu dans la construction de la chair, et le souffle de Dieu , qui a inspiré l'âme dans ccttte chair. J^ose même dire que, supposé que le chair eût été créée beaucoup de temps avant Tàme, elle a donné la primauté à l'âme , en ce qu'elle a attendu que l'âme soit venue l'enfermer, pour que Thomme fût parfait; car quoique la perfection et la consommaiion d^un ouvrage soit la dernière en ordce, il est certain néanmoins que quant ^ l'effet, elle doit tenir le premier rang : cette chose là doit être estimée la première sans laquelle celles qui ont précédé ne peuvent être. Que si la chair est le vieil homme , quand est-ce qu'elle est devenue le vieil homme? Est-ce dès le commencement? Mais Adam a été tout entier nouvel homme, et rien de ce nouvel homme n*a pu être le vieil homme. Il faut passer maintenant à la génération humaine, dans laquelle , ensuite de la bénédiction que Dieu lui donna, la chair et l'âme sont engendrées ensemble, sans qu'il y ait entre elles aucune distinction de temps; et comme elles sont semées ensemble dans le ventre maternel, selon que nous l'avons montré dans notre traité de l'âme, il n'y a qu'un moment pour la conception et qu'un moment pour la naissance de ces deux hommes, quissont âla vérité de deux substances, mais non pas de deux âges diff^rens, et qui de deux font tellement un seul homme que l'un n'est point devant l'autre. Enfin tout ce que l'on en peut dire est : que nous sommes ou tout vieil homme, ou tout nouvel homme; car que nous puissions être autre, c'est ce que nous ignorons. Mais l'apôtre marque manifestement quel est ce viel homme : a Dépouillez-vous, dit-il, du vieil homme, de cet ancienne conversation de péché où vous étiez at-

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tachés avant que d'être soumis à Jéstts-Ghmt ^ . p Une dit pks qfae le vieil homme s'entende de la vîeillés^ de quelque ^obstârnde, car il Vie nous ét^donne point àe nous dépouiller de la chair, mais seulement de quitter les choses qu'il a montré ailleurs être des opérations de la chair, accusant non pas le corps, maïs les œuvres, dont 11 dit ensuite ^ : « Que chacun bannissant de sa langue le mensonge, parle sincèrement et en vérité k son prochain , puisque nous sommes les membres les uns des autres. Si vous vous mettez en éolére, que votre colère ne passe pas jusqu'au l^hé, que le soleil se couchant ne la voie pas régner dans votre cœur, de peur que votre consenteÉQent au mal ne vous mette sous la servitude du démon; que celui qui dérobe ou qui prend d'ailleurs injustement le bien d'autrui, cesse de commettre ces actions criminelles, mais qu'il travaille et que du labeur de ses mains il se mette en état de secourir ceux qui ont besoin d'assistance; qu'il ne sorte point de votre bouche de discours libre et de parole déshounète , et que ce que vous direz de bon, serve à Tédificatîoh du prochain et à l'avancement de la foi , afin que ceux qui vous entendront en profitent, et que ce leur soit un moyen de faire des progrès dans la piété. N'offensez point par vos crimes l'Esprit-Saint de Dieu, dont vous avez reçu Fimpression'et le caractère que vous devez garder jusqu'au jourde votre rédemption; que toute malvdllànce, que tout colère, que toute chaleur, que tout en]f()6rtement, que toute médisance, que toute indignation, et enfinque toute malice sorte de votre cœur; ayez delà douceur et de Fhumanité, de la bonté et de la compassion les uns pour les autres, et remettez-volis mutuellement les injures que vous avez reçues, comme Dieu, par le mérite de Jésus-Christ, vous a remis tous vos péchés. > D'où vient que ceux qui prétendent que le vieil homme c'est la chair, ne courent pas en hâte à la mort, afin qu'en se dépouillant du vieil homme, ils préviennent les préceptes de Tapôtre? Car, quant à nous, qui croyons que toute les règles de la foi chrétienne se doivent accomplir dans la chair et par la chair , nous , dis-je, dont la chair a une bouche pour ne proférer que de hoones paroles, et de sages et d'utiles discours, ime langue pour ne prononcer point de blas-

phèmes, un cœur poiir ne concevoir point d^indignation et de colère, des mains pour travailler et pour faire Vaumône, nous ne mettons point de différence entre le vieil et le nouvel homme , quant à la substance, mais seulement quant aux œuvres; et ainsi nous reconnaissons que l'on dit de celui qui est encore dans Tétat de vieil homme, selon cette ancienne conversation de désordre et d'iniquité : qu'il est dans la corruptiçn par le vice de son appétit et de sa concupiscence; comme selon son ancienne conversation de péché, et non pas selon la substance de la chair , ce vieil homme éprouvera la corruption par une étemelle mort. Au reste, le vieil homme étant devenu nouvel homme par une meilleure vie, c'est toujours le même homme qui est vivant et il ne souffre aucune altération dans sa chair, parce que ce n'est pas de son corps qu'il s'est dépouillé, mais de ses mauvaises mœurs.

XLVl. Tu trouveras que l'apôtre parle partout de telle sorte qu'il semble qu'en condamnant les œuvres de la chair il condamne même la chair; mais ne crois pas que ce soit son sentiment, quoiqu'il exprime quelquefois un seas qui en approche ; car s'il dit que ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu , il s*éloigne du mauvais sens que ces paroles peuvent recevoir, ajoutant : a Vous n'êtes pas daas la chair, mais dans l'esprit t.» Et certes, niant que ceux qui étaient véritablement dans la chair fussent dans la chair, il montrait qu'ils n'étaient pas dans les œuvres de la chair; il faisait encore voir que ce n'étaient pas ceux qui vivaient dans la chair qui ne pouvaient plaire à Dieu, mais ceux qui vivaient selon la chair, et qu'au contraire ceux-là étaient agréables à Dieu, qui, vivant dans la chair, marchaient ici-bas selon l'esprit. 11 dit au même lieu : « Votre corps est mort, mais c'est par le péché qu'il est mort ; au contraire votre esprit vit de la vie de la grâce , par la justice que Tesprit de Jésus-Christ à mise en vous.» Or, comme 11 oppose la vie à la mort qui régne dans la chair , sans doute là où il établit la mort par la corruption du péché, là même il promet la vie par l'opération de la justice. En effot, ce serait en vain qu'il aurait opposé la vie à la mort, si elle ne se trouvait dans le même sujet où se trouve la mort à qui elle est opposée

DE LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR

itfn de Vea mettre 'dehors; mais si b vie met h mort bors da eorps, certes «c'est un effet qu'elle ne peut adMinf^lir, si dte ne pénètre le corps dans leqfliel est la mort Qu'elle en met delmrs. Mais pourquoi se donner tmrt de peine pour exprimer ce sentiment avec quelque fiMPte, puisque l'apdtre Texplique si absolument et avec tant de clarté P «Si ,^t41, Teaprit de oehii qui a ressuscité tfésus -deb morts thriiite 'ite vdtts, celui qui a Fessusdlé Jésus des -àièrts ressuscitera aussi vos'oor^ imotteb,ipah!ef ue scm esprit habite en vous. rQae $1\ y a quelqu*un qui estioK que ie corps mortel se doive prendre ici pdur TAme^ comme il ne peut nier que le corps môrtd ne soit chair , il faut qu'il raeonnacBse ahssi la résurrection de 'la chair^.flar la raison de la parlictpatîon d'un même étst qu'il attribue à FAmeet au corps. Mais apprends de ee qui suit dans la même épltre, que ce n'est pas la chair , mais que ee sont les couvres de la chair que Tapôtr^ condamne. «Mes firères, dit-il, nous ne sommes pas esclaves de\k chaIr»pour être exigés de vivre selon la chair, ^«ar si vous vlyerselon la chair, il arriiRera que vous mourrez; mais, si par Tassislance du Saint-Esprit » vous mortifiez votre concupiscence, si vous résistez généreusement aux mouvemens de «la «hair , vous vivrez. > Donc pour répcmdre à tout ce que PoD nous objecte , si le salut est promis i ceux qui sont dans la chair, mais qui viventdans la chair selon Tesprit, il est évident que ceitfest pas k chair, mais i^opération de la diair^iui est opposée au salut 11 est enccnre oMria que par rexdusion de Fdpératiou de la chair,-qui est la cause de la moriVMachdkir.peut espérer le salut , parce que lorsqtfdleest en cet état, elle n'a plus en soi la cause de la raoKt. «Car, dit Tap^tre, la loi de l'esprit qui donne -la vie m'a délivra, par la grftcede Jésus-Christ, de la loi du péché et de la mort, »qui est celte lordure dont il a dit auparavant cqu'elle réside dans nos meipbres et quelle y exerceuue cruelle tyrannie ^ » Aiosi nos membres ne seront plus captifs sous laloi de la mwt, parce qu'ils ne seront plus asservis à la loi du péché de laquelle ils ont été délivrés. Et certes ce qui était impossible à la loi, à -cause qu'elleétaît fàibiepar la Faible$secle>lacbaijr,Dieu là (feeompli, envoyant son Fils dans le monde sous

> nom., 7 et 8.

la ressemUancede la diairdn pédié; matspar le pédié il a condamné le péché dans la«cbatr, et non pas la chair dans la péché , car la maison ne sera pas enveloppée dans une même condamna* tion aveceeloi qui lliabite. L'apôtre donc ayant dit que le péché habite dansnotne cotps, la condanmation du péché est l'absolution die la<chair , commeavant la condamnation du péché la chair était sujette à cette loi du péché et de la mort. G*est dans ce même sentiment que saint Paul a donnée la prudencede la chair le nom de mort et d'ennemie de Dieu, et non pas à la chair même. «Mais à qui, diras-tu , imputera- t-on la prudence de la chair, si non à la propre susbtance de la chair?»Gertes, j'accorde qu'elle lui soit ûnputée, si tu montres que la chair a quelque connaissance et quelque discernement d'elle-même; mais si elle n'en a point sans Tàme, il s'ensuit que la prudence de la chair appartient à rftme^ et que si on l'impute quelquefois à la chair* c'est parce que Tàme fait ses opérations par le ministère de la chair. L'apôtre dit «que le péché habite dans la chair, v parce que l'âme qui invite au péchédemeure dans la chMr comme dans une maison étrangère, et si la diair souffre la mort pour k peine du péché, c'est à cause du péché qu'elle la souffire, et non pas a cause d'elle. 11 dit encore ailleurs :€ Pourquoi vous laissez- vous charger, des préceptes de la loi , comme si vous viviez dans ce monde légal ^ ?]> écrivant non pas à des morts, mais à des gens qui ne devaient plus vivre suivant les maximes de ce monde grossier et charnel et sous la siûétion dont Jésus-Christ les avait délivrés.

XLYU. Car la.vie du monde charnel est celle par laquelle, comme il dit, «le vieil homme a été crucifié avec Jésus - Christ '; » non pasi qu'il ait été crucifié quant'au corps, mais quant aux œuvres de la chair. Et réellement on ne peut ëntépdre autrement cette parole de l'apôtre, xar effectivement notre corps n'a point été crucijlé, et notre chair n'a point souffert la croix de JésusClhrist. Mais comme il ajoute : « C'est afin que le corps du péché soit anéanti par la réform^ition de la vie;» et non pas par la destruction de la substance; et c'est ce qu'il dit : « Afin que.nous ne soyons plus sous la domination du pféché^et que nous croyions qu'étant morts avec Jésus-tlliristi

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ncNis vivrons aussi désormais avec lui. » Ainsi ie même apôtre dit : «Songez que vous êtes morts non pas en la cbair , mais au péché. Ceux donc qui seront ainsi morts, auront le salut quand à la chair, mais ils vivront à Dieu en Jésus-Christ, » c'est-à-dire que n'étant point morts en la chair, ils vivront en la chair de cette vie toute sainte, parce que ce n*est pas en la chair qu'ils seront morts, mais au péché; c'est pourquoi il poursuit : , «Que le péché ne règne point dans votre corps mortel , en sorte que vous lui obéissiez et que vous soyez esclaves de la concupiscence de la chair et de ses désirs déréglés, et ne faites pas de vos membres des instrumens et comme des armes dlniquité et d'injustice ; mais vous-mêmes offrez-vous à Dieu comme des personnes qui sont mortes et qui vivent , non pas simplement comme des personnes qui vivent , mais comme des personnes mortes au péché et vivant de la vie de Jésus-Ghrist; et enfin que vos membres paraissent en la présence de Dieu comme des armes destinées et préparées à faire des actions de justice.» Et encore après : «Ainsi que vous avez autrefois fait servir vos membres à l'impureté et à l'injustice pour opérer l'iniquité, faites* les maintenant servir à la justice pour votre sanctification ; car lorsque vous étiez sous la servitude du péché, vous étiez dans une liberté déplorable , hors de l'heureuse servitude de la justice ; mais quel fruit tiriez-vous de ces péchés, dont vous avez maintenant tant de confusioQ?La fin où ils tendent c'est la mort. Au contraire, comme vous avez acquis cette vraie liberté qui vous délivre de la tyrannie du péché, et que vous êtes devenus serviteurs de Dieu, votre sanctification est le fruit que vous en recueillez en cette vie, et la vie éternelle est la fin où vous aspirez ; car la mort est la solde du péché , et la vie éternelle en Jésus-Ghrist Notre-Seigneur est un présent que Dieu vous fait par sa grâce. » Ainsi l'apôtre, par toute la suite de ces passages, détachant nos membres du commerce de l'injustice et de l'iniquité, et les réunissant à la justice et à la sainteté, et même, au lieu de la solde de la mort que le péché leur faisait mériter, les transférant à la possession du don précieux de la vie étemelle, il n'est pas douteux qu'il promet à la chair la récompense du salut. En efFet il n'eût pomt fallu lui ordonner de vivre dans la sainteté et dans la justice , si elle n'eût point dû avoir de i Roim s.

prétentionsà la récompense des actions dejustice et de sainteté , et il n'eût point fallu non plus imposer la nécessité du baptême, si la régénération que la cbair y reçoit n'était une consécration qui assure la restitution du corps, de la mort à la vie. Etc'estceque l'apôtre représente encore avec plus de vigueur et d'effort : « Ignorez-vous, dit-il, que tous tant que nous sommes, qui avons été baptisés au nom de Jésus-Ghrist , nous avons été baptisés en la ressemblance de sa mort, c'est-à-dire que la mort du vieil homme , qui est figurée par la mort de Jésus-Ghrist, a été accomplie en nous par le baptême? Ignorez -vous aussi que par cette mort du vieil liomme et du péché nous avons été ensevelis avec Jésus-Ghrist, afin qu'étant nettoyés de nos crimes par l'efficacité du baptême, comme il est ressuscité des morts pour posséder une vie nouvelle, nous marchions désormais dans les voies d'une nouvelle vie ? »II a bien prévu que tu pourrais te persuader qu'il ne veut parler que de la vie présente, dans laquelle la foi , par la vertu du baptême, nous fait vivre dans une nouveauté de mœurs et de conversation; c'est pourquoi il ajoute :«Si nous avons été entés en la mort de Jésus-Ghrist par le baptême qui en est la figure , de la manière qu'étant ainsi heureusement entés, nous avons participé à sa mort, nous participerons encore à sa résurrection, qui nous est aussi représentée par le baptême. En effet nous mourons figurément dans le baptême ; mais nous y ressuscitons véritablement en la chair comme Jésus-Ghrist est ressuscité. Et tout ainsi que la mort a régné par le péché d'un homme , de même la grâce règne par Notre-Seigneur Jésus-Ghrist , qui nous a conféré la justice et nous a élevés à la vie éternelle par une très-abondante profosion de ses bienfaits ^> Mais comment cette comparaison peut-elle avoir lieu, si la résurrection ne se fait pas en la chair ; car là où est la mort, là mênoie est la vie après la mort, comme la vie a été auparavant là même où depuis a été la mort. Gertes, si l'effet de la mort est d'opérer la dissolution de la chair , il faut que la vie qui est oontï*aire à la mort opère aussi le contraire, à savoir le rétablissement de la chair, afin que comme la mort exerçant son empire avait dévoré ce qui était mortel, après que ce qui était mortel a

DE LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR

M dévoré par rimmortalUé, on lui puisse dîre: a ô mort ! où est Ion aiguillon ? 6 mort! où est ta puissance'? «Ainsi la gvkce sera surabondante, où il y a eo abondance d'iniquité^; ainsi la vertu se perfectionnera dans Tinfirmité , sauvant ce qui cîaît perdu, vivifiant cequi était mort, guérissant ce qui était en laufyueur , rachetant ce qui avait été ravi , délivrant ce qui avait été mis en servitude, rappellant ce qui avait été égaré, ressuscitant ce qui avait été abattu; et Félevant de la terre dans le ciel où nous avons notre ha- Ijîiaiîon, selon que l'apôtre l'enseigne aux Philippiins, disant» : «D'où nous attendons Jésus- Christ Notrc-Seigneur qui changera l'état de notre corps, plein de faiblesse, de misère et de corruption , pour lui donner les qualités de son corps glorieux. Mais c'est après la résurrection

possession du royaume de Dieu^ Noua savons aussi bien que toi qu'il est ainsi écrit, et nous avons difKré jusqu'à présent de toucher â cette objection que nos adversaires mettent comme à lo tète de leurs troupes, pour nous réserver de la détruire la dernière et à la fin du combat, après avoir renversé toutes leurs subtiUtés, qui sont comme des secours qu'il fallait auparavant défaire. Mais que ces adversaires attendent un peu que nous ayons repassé sur ce qui précède dans Fépttre de l'apôtre, nous découvrirons par ce moyen quelle cause il a eu de parler dans ce passage comme il Ta fait de la chair et du sang, d'où l'on jugera quel en est le véritable sens. Il faut donc supposer que l'apôtre, écrivant aux Corinthiens et prescrivant généra^ lement les préceptes de la discipline ecclésiasti-

o'^LltT""'"' '' fr'pr'"' '' '^'^«^ que,arenrermét;utlelbndern d^^^^^^

etegi cTma

rifié. Tcb «ont nos corps, qïïfe rtfpoiie cTmanr auxRomains^désire qu'ils se présententacomme une hostie vivante , sainte et agréable à Dieu. » Mais comment peut-elle être vivante, si les corps doivent périr pour toujours ? comment peut-elle être sainte, si les corps sont profanes ? comment peut-elle être agréable à Dieu, si les corps sont condamnés à une mort qui soit sans ressource? Je ne sais de quelle sorte ces gens qui au milieu de cette éclatante lumière des Écritures affectent mi aveuglement volontaire, recevront ces paroles de Tapôtre aux Thessaloniciens, où certes j'aperçois autant de clarté que si c'était un rayon du soleil qui les eût écrites^ : «Que le Dieu de paix , dit-il ^ vous sanctifie dans toutes les parties de votre être; ce n'est pas assez que votre corps, que votre âme , que votre esprit , se conservent purs et sans tache pour paraître irrépréhensibles en la présence de Dieu et en favénement de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Tu vob donc que toute la substance de l'homme est destinée à recevoir le salut, et que le temps où cela se doit accomplir n'est autre que celui de l'avènement de Notre-Seigneur. En effet cet avènement est comme la clef qui ouvrira les tombeaux et qui mettra la résurrection en évidence. XLVIDL Mais, dis-tu, la chair et le sang ne peuvent prétendre à l'hérédité céleste, et à la

> LCor., i5; Rom , 5; II. Cor., X - ' Ézéch., 31 •Phitima.— «fiooL^U — >TheM.,5.

recommandée , de la mort et de la résurrection de Notre-Seigneur, tirant la règle de notre espérance de ce qui en est le principe. C'est pourquoi il ijoute : a Si Ton vous prêche que Jésus-Christ est ressuscité des morts, comment y ena-t-il entre-vous qui sèment le bruit que les morts ne ressuscitent point P Certes, si les morts ne ressus* dtent point , Jésus^hrist n^est point ressuscité, et si Jésus-Christ n'est point ressuscité, toutes nos prédications sont vaines; ainsi nous sommes de faux témoins de la vérité de Dieu , portant témoignage qu'il a ressuscité Jésus-Christ, qu'en effet il n'a pas ressuscité. Enfin si les morts ne ressuscitent point , Jésus-Christ n'est point ressuscité, et si Jésus-Christ n'est point ressuscité, votre foi est inutile et sans fruit, parce que vous êtes encore chargés de vos péchés, et que ceux qui sont morts en Jésus-Christ sont perdus. » Quel est le but de l'apôtre dans ce discours et que veut-il nous obliger de croireP «Il veat« dis-tu , que nous croyions la résurrection des morts que Ton déniait, d — € Sans doute , dis-jc , il voulait qu'on la crût à l'exemple de la résurrection de Notre-Seigneur.» — «Sans doute,» réponds-tu. «Mais, dis-moi, l'exemple se fbrme-t-il sur une chose différente, ou sur une chose pareille?» — «C'est, dis-tu, sur une chose pareille qu'il se forme. » Je te demande donc comment Jésus-Ghristestressuscité;

M.Gor^l5.

8*nc«l réfiwsdtéenh chtîr, ou tftt tfcut pas ressuscité en la'chaîrPQue si tu wonDJWsque §elpi> les Écritures , il, est mort et a èt« çnseyeli, m^,

- ' '"l'a élécnseYeli,qtfqnla

cures tfapçord|[i!i;il,^t

ir-^carcequf^estt(?i9|)ft

Qisdaosle.sépuliye^c;:^

ce n'est pas taoj, Jési^.

chair en Jésus-i^i^jt.

nc^^s res8uscitei;oB§, ^,

t,q,viestrjÇ^u8C)iiéca!i4.

jue nouj ije, ressuscUç-

" ' ' ihri^jt si nous,ij^

run,lîpnoip,e,dit

qu*il n'est m chair, il faut aussi ressusc par la mort;' ce qui est rc Christ en la SHl est dôi Texempledi chair, il est

rons pas à rexemple de Jésuj ressuscitons pas en la çnair. «

l'apôtre, est venue la mort , et par up l)p.iTQm^ rient là résurrection.» Il les dislingue Tur de

l'autre , faisant Adam auteur de la mort , et J^ sus-Christ auteur de la résurrection. Mais car la

comparaison quil fait des deux ensenjble, ep

TERTULLIEN-

lessusciter, pourquoi, dit le même aptoe, noM^ ei^posons-nous à toute heure à tant de péri^^?i>CqRt^,c'^ ep la chair qu'il s'y exposait: « Je, meurs , ajptfUe-il, tous les jours;» et c'est encpre dans l(ç^ périls où se trouvait sa chair, con)l^t|3nt ep fiphèse contre des hommes aussi l^roifphes qfiiE^ df^ bêtes brutes. C'est cette persécution qu'il souft"lt en Asie, et dont il parle dan^la secondei^pltre aux-mèmes Corinthiens : «Je ^t veux pa^, *t-il, mes frères, vous cadicr la persécution q^e J'ai spufferte en Asie; cUc a ! été si grande ^ ^ monfé à un tel excès, que \ tputes mes forces, y SMicoombaient, et que je * perdais l'espérapce.de pouvoir sauver ma vie.» S|i ifi ne me trompe ii fait la relation de tous ces travaux pour prouver, par les combala^de la chair qu'il ne voulait pas qpc l'w crût i«lHacs, qu'il fallait indubitablwpnt croira 1^ réawrwct ion ifi la chair ; carj V» combats de k <hai« 9aat

ce.qSSle nom^Th;^^ que la mort/ En effet, sf de même que toq| meurent eh Adam, tous seront vivifiés eq Jèsus^ Christ, il s'ensuit qu'en Jésûs-Christ ils seront vivifiés en la chair , comme en Adam ils ip^urent en la chair; mais chacun sera vivifié eii soi| ordre, parce qu'il sera vivifié en son corps. Et en effet , cet ordre n'est autre chose c|ue le rang^ de la dignité et des mérites; et, comm^ la' <||^gniié et les mérites appartiennent aussi au cprç^ il fiint que Tordre soit pourles corps, afin qu'its puissent être pour les mérites. Que si quelquesuns reçoivent même le baptême pour ceux q^v^ sont morts sans avoir été baptisés, soit que cette coutume ait quelque raison ou qu'elle n'en ait point , (fest une coutume dont l'apôtre parle , et qui a été introduite sur cette persuasion mie le baptême reçu pour d'autres servirait à la chair quant à I'espÂ*ance de la résurrectioi^ ; que si la résurrection n'était point corporelle, on ne l'attacherait pas ainsi à un baptême corporel. Enfin pourquoi l'apôtre a-t*i( remarqué la coutume qu'avaient ces gens-là de recevoir le baptême pour les morts, si les corps que Ton baptise ns ressuscitent point? car Teau qui lave le oerps ne suffit pas pour opérer la sanctification de l'âme, mais il fout que Peau soit accompagnée des réponses de la personne que l'on baptise, et du témoignage quese^répoiisesdonnent de U foi. D'ailleors si les oorps ne doivent jploint

apiixl,,.&^f wtiV* «i V. ^y w rtasuseii^ point.

. Mai^(}uelqju;un npps dira :aÇomiDM^estri8 que j lès mort^re^usciterontP^en quel corps reftotndroQ^t-il^ vie?» C'est ici la ques^on 4e laqna- I lifé (}e$.9qrj?^i si l'oa ressuscitera. ^veo lei même^ cio^^j ou si l'oi) en prendra 4't%Htj«(^: mais cpn^iq ^ ce^ljç questj^ est la derojère qui se doit traitep, l'pp peut conclure cependapt que c'est ^ r^l)p^ti;e la résurrection corporelle que de ^ df man^i; quelle sara la qualité des corps.

jpyj^. IJ^pua voilà arrivés au, fort, de la diffi- ] cultj^ et ^ ce qc^-'il y a de plus puissaijit 4amla ' con(r9yciçs|&. Qf; d^cç que l'apôtre a dit avant ce [ passage qife npf^ e^afpinons, l'op peiit aussi ^ appr^n^re q^fj^lq^sfibstances il r^ote Iqà^gSM de particij^çr afif nfj^aume de Dieu et à quel cou diiion ïÙ^^ ei^explmt. Le prçpv^ hqmmi^, dit ' il , a été f^lt ^ liiq^if, <Je la teiriie , €;t cet, hoinme 'c'est l'hbjp^i)!^^ terrestpç, c'est-à-dirç A^d^;

vienne du ciel, il n'est^ l^omme q)i.'eq q^qijC.il €^ chair et âme ,e^ quil c;st^ ce qu'^ l'^oip^e^ e^ ce qu'est AijiaiQ. » Le même apôtre, pe^appi^vs^ç^ t'a nommé le nouvel Adfjno^ d^ sd^tcjqu^'ij^iiyijticipe au nom d'Adam comme il participe à sa substance : en effet Adam a été f^it chair sans semence , et il en est de même de JésusrQirist

•ILGor.,l.->«l.Gor..l4

DE LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR

reldoncqu'est l'homme terrestre, tels sont les , de Dieu dansledei mal, rfAJ*.„.JT«s.. •

hommes terrestres; tel qu'esiThomme céleste, • ■ ' «»« J*«M-a>mt vi-

. tds sont les hommes célestes. Mais est-ce en j substance qu'ils sont semblables, ou plutôt n'est-ce pas premièrement en conformité de vie Jet secondement en mérite et en dignité à cause de cette conformité? Certes l'apôtre a donné le nom d'homme aux hommes terrestres comme aux hommes célestes, et ils ne peuvent être distingués quant à la substance. Que si Jésus-Christ est seul vraiment céleste, s'il est même au^essus de cet état, néanmoins en tant qu'il est chair et âme, il est homme; et quant i> la condition de ces deux subsUncçs , il n'est point séparé de la qualité d'homme terrestre : c'est pourquoi ceux qui sont célestes à son exemple ne le sont pas à légard de la substance dans laquelle ils vivent ici-bas ; mais à légard de la j

vant parmi Je monde, en sorte que nous mar. chjons sur ses traces, que Ton reconnaisse en nons ses linéamens et ses traits, et que nous aspirions à être semblables à lui par des actions de samteté,de justice et de vérité. Et certes, en tout cela l'apôtre n'a point dVutre but que l'observation de la discipline chrétienne. Et quand U dit que l'on doit porter ici l'image de Jésus- Christ , c'est en cette chair, et eace temps de corruption et de discipline : «Portons,» dit-U en termes de commandement , partant pour le temps où nous vivons et où l'homme n'est que chair et âme, et où, si la foi regarde quelque autre substance, c'est-à-dire une substance cé^ leste, ce n'est qu'à cause de la promesse qui nous est faite, parce que nous ne la possédons pas en cette vie, et qu'il nous est ordonné de tcavaiilcr

dignftô dVacre Its covps cêiesrcs Vi terrestres; car l'apôtre a auparavant marqué la diversité qui est entre la gloire des uns et la gloire des autres ; il a encore dit : a qu'autre est la gloire du soleil, autre la gloire de la lune, autre la gloire des étoiles, et que les étoiles mêmes différent en gloire lune de l'autre, quoiqu'elles ne diffèrent pas en substance. » Enfin ayant établi la différence de dignité dans la même substance, dignité où il faut maintenant aspirer pour en avoir la jouissance après la mort, il ajoute cette exhortation : que nous suivions ici-bas par une sainte discipline la vie de Jésus-Christ, afin que là-haut nous puissions atteindre au faite de la félicité parla possession de la gloire. «Tout de même, dit-il, que nous avons porté l'image de l'honmie terrestre, portons aussi l'image de l'homme céleste.» En effet, nous avons porté l'image de l'homme terrestre par notre participation à la transgression du premier homme , par l'obligation à la mort qu'il nous a transmise, par l'exil hors du paradis. Mais quoique nous portions ici dans la chair l'image d'Adam , toutefois Ton ne nous ordonne pas de nous dépouiller de la chair. Que si ce n'est pas de la chair dont on nous avertit de nous dépouiller, c*est de la conversation de la chair, afin que nous portions au dedans de nous l'image de l'homme céleste, non pas de cet homme câeste qui est Dieu et assis à la droite

sente et dans les diverses qualités des actions humaines,et nous ayant admonestés de renoncer à celle-tà et de nous attacher àcelle-ci, ii syoutei pour confirmer ce qu'il a fait entendre aupara* vant, et par une particule qni joint ce qui suit à ce qui précède : a car je vous dis , mes fÛres, que la chair et le sang ne peuvent parvenir & l'hérédité céleste, et posséder le royaume de Dieu, n'entendant, par la chair et le sang, que cette image de l'homme terrestre. Que si l'image de l'homme terrestre se rapporte à la vie du vieil homme, et que la vie du vieil homme ne puisse arriver au. royaume de Dieu, il s'ensuit que la chair et le sang qui ne peuvent prétendre an royaume de Dieu , se prennent pour la vie dn vieil homme. Et en effet , si l'apôtre ne oonfiond jamais les œuvres avec la substance , s'il ne met jamais la substance pour les oeuvres, ne t'ioMh gine pas qu'il en use ici autrement Et loTMiu'iL dit, en parlant de ceux qui vivent enooiedans la chair, a qu'ils ne sont pas dans la chair, parof qu'ils ne sont pas dans les ceuvres delà chair», ta ne dois pas le prendre à contre-s^s et l'expli* quer contre son dessein, qui est d'ochiredii royaume de Dieu non pas la substance même, mais seulement les œuvres qui en sont produi* tes 1. Ainsi , écrivant aux Galates', après avoir déclaré quelles sont les œuvres de la chair, il *RoDi.,a-«Gal.,S.

dit qu'il leur annonce, comme il a déjà fait, que ceux qui commettent ces actions abominables n auront pas de part au royaume de Dieu , sans doute parce qu'ils n'ont pas quitté l'image de rhomme terrestre qu'ils portaient , pour porter limage de l'homme céleste, et qu'étant demeurés daas le bourbier de leur ancienne vie et dans rétat du vieil homme , ils ne sont que chair et que sang. Mais si l'apôtre avait même dit d abord cette sentence, «que la chair et le sang n'ont point de part au royaume de Dieu , » sans qu'elle fût expliquée par les choses qui précèdent, ne dirions-nous pas que ces deux subr stances de la chair et du sang expriment le vieil homme adonné à la chair et au sangP c'est-àdire qui n'a soin que de manger et de boire , et à qui il appartient de s'écrier, contre la foi de la résurrection, «mangeons et buvons, parce que deinain la mort nous réduira dans le néant* :» car c^est ce que l'apôtre reproche aux hommw ^jhrmfMofsent en mangeant et en buvant , qui sont des fruits de chair et de sang.

L. Mais laissant ces interprétations qui s'attachent à reprendre les œuvres de la chair et du sang, nous pouvons dire que ces substances, selon ce qu'elles sont , n'ont rien qui combatte la loi de la résurrection ; car on ne dénie pas directement la résurrection à la chair et au sang^, mais ce qu'on lui dénie c'est le royaume de Dieu, qui vient après la résurrection. En effet, il y a non-seulement une résurrection à la vie, mais aussi une résurrection au jugement , et l'exception de cette résurrection particulière confirme la résurrection générale de ladiair, parce que, en marquant en quel état la chair ne ressuscite pas à la vie, on sous-entend en quel état elle y ressuscite. Ainsi la différence de la résurrection n'est pas dans le fond de la substance , mais dans ses opérations; d'où il s'ensuit que la chair et le sang sont bannis du royaume de Dieu à raison du pédié et non pas à raison de la substance, quoique à raison de la substance ils ressuscitent au Jugement, parce qu'ils ne ressuscitent pas pour posséder ce royaume. Je passe à un autre sens , et je dis : La chair et le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu. Cette proposition est vraie , si l'on considère la chaûr et le sang

«ll.Cor.,15.-*ft.Jew,tf

seuls , et en ce qu'ils peuvent par eux-mêmes ; et l'apôtre a ainsi parlé pour montrer que l esprit est nécessaire à l'un el à l'autre; car c est l'esprit qui vivifie pour nous rendre capables de posséder le royaume de Dieu , et la chair n'y sert de rien ^ Il y aura autre chose qui y peut servir , et celte chose c'est 1 esprit , et par l'esprit les œuvres mêmes de l'esprit. De cette sorte, toute chair et tout sang ressuscite également , c'est-^-dire que la chair et le sang de chaque personne ressuscite dans sa qualité, mais il. faut que ceux qui doivent entrer dans le royaume de Dieu soient revêtus après la résurrection de la vertu de l'incormption et de l'immortalité ; et avant qu'ils l'aient obtenue, ils ne peuvent entrer dans le royaume de Dieu. C'est donc à bon droit que nous avons dit que la chair et le sang seuls sont incapables de parvenir à ce bienheureux royaume. Mais puisque, parle changement merveilleux qui doit suivre la résurrection, tfctœ- partie corruptible , c'est-à-dire te chair , doit être dévorée par une qualité incorruptible, et cette partie mortelle , c'est-à-dire le sang , doit aussi être dévorée par rimmortalité , certes la chair et le sang , je ne dis pas qui n'ont point été ressuscites , mais je dis qui n'ont point été ainsi changés et dévorés , ne peuvent posséder le royaume de Dieu. Il yen a qui prennent la chair et le sang pour le judaïsme , à cause de la circoncision; et réellement le judaïsme est exdu du royaume de Dieu , parce qu'il est du vieil homme. Et c'est pour ce siOct qu'il est noté ailleurs par l'apôtre , quand il dît que : «Dès que Dieu l'eut appelé à I9 connaissance de son Fils, et lui etit donné la charge de l'annoncer aux gentils, il se soumit si absolument à sa volonté, qu'il ne rechercha plus le conseil de la chair et du sang >, • c'est-à-dire de la circoncision, c'est-à-dire du judaïsme, ainsi qu'il l'écrit aux Galates.

LI. Ce que j'ai réservé à dire pour la fin peut servir à satisfaire tout le monde, et à défondre même l'apôtre. Et certes , il serait tombé dans un étrange imprudence si, comme quelques-uns lui imputent, il avait inconsidérément, et comme Ton dit, à yeux clos, sans distinction, et sans condition, exclu tout sang et toute chair en général du royaume de Dieu et du séjour même du palais céleste , puisqu'il est certain que Jésua-

aGor..l6. — >GiL,2

DE LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR

Christ y est assis à la droite de son père lui qui est homme , quoiqu'il soit Dieu ; qui est le nou- ▼el Adam, quoiqu'fl soit le Verte; qui est chair et sang, quoique sa diair et son sang aient une pureté infiniment au-dessus de la nôtre. En effet, U est à la droite de Dieu , le même en subitance et en personne qu'il y est monté », et il en descendra le même selon le tânoq^age des anges*. De sorte que ces perfides qui l'ont couvert de plaies, avec tant d'inhumanité et de fti-

•es membres, combattant contre la loi de l'esprit, c'crt-àKlire cette puissance qui est en nwmme de pécher contre sa volonté pronre est uncautreloi. Enfin il dit auparavant : «que là mort notre capitale ennemie, sera vaincue la demi«re;.tellementqu'en ce qu'U est écrit :«<nie ta corruption n'aura point de part à l'incorruption,tIesen$ est que la mort sera détruite et que Ion verra tomber son empire. Mais quand

i^, recomialtront celui qu'ils ont si cruelle 1 S^Tt ïprïÏÏ*^' '^^^'l^^^Y^iom.

rcMusciteront vainqueurs de la corruption. Oui seront ces morts , sinon ceux qui auront souffert

médiateur d'entre Dieu et les hommes, et du dépôt qui lui a été confié , il garde en soi-même le dépôt de la cbair comme les arrhes du dépôt entier; car ainsi qu'il nous a donné les arrhes de son Saint-Esprit , il a reçu les arrhes de la cbair, et il a porté dans le ciel le gage de toute la masse du dépôt qui doit être remise quelque jour en celui de notre félMiLJîûu&dmuL-chaip et sang, soyez ea assurance , vous avez acquis en Jésus Christ un droit dans le ciel et dans le royaume de Dieu. Que si ceux qui vous dénient la possession du ciel osent dénier que vous soyez en Jésus-Ghrist, qu'ils dénient aussi que Jésus-Christ soit dans le del ^. Au reste, Tapôtre dit : «que la corruption n'aura point de part à rincorruption^ ;» mais il ne parie pas de cette sorte afin que tu croies que la chair et le sang soient la corruption même, car ce qu'ils tiennent de la corruption est seulement qu'ils y sont sujets par la mort. Mais la mort est ce qui corrompt et qui consume la chair et le sang; donc comme il avait dit que les œuvres de la chair et du sang ne peuvent obtenir le royaume de Dieu, pour donner plus de force à sa pensée, il a dénié l'incorruption à la corruption , c'est-à-dire à la mort qui régne par les œuvres du sang et de la cbair. Ainsi , peu après , il a en quelque sorte exprimé la mort de la mort même, a La mort dit-il, a été vaincue et comme dévorée dans un glorieux combats vO mort ! où est ton aiguillon? O mort ! où est ton pouvoir P L'aiguillon de la mort c'est le péché , et le péché c'est la corruption ; mais le péché n'a eu force que par la loi. n est vrai que la loi que l'apôtre reconnaît dans

> s. Matih., 16; I. Cor., 15; Actes, 1. • S. Jean, 19; I. Tira., 1.—» II. Cor., ê. «LCor., t5. -»Rofn^7.

la corruption daùs la poussière des tombeaux , c est-à-dire les corps, c'est-à-dire la chair et le sang ?€ Et nous serons changés , qooie-t-il i» De quel état serons-nous changés, sinon de celui où nous serons trouvés? car H faut que celte partie

lité. Qu'est-ce que cette partie mortelle, sinon la chair ? qu'est-ceque cette partie corruptible,sinon lesangP Et afin que tu ne croies pas que l'apôtre soit d*un autre sentiment , vois quelle peine il prend à t'instruire et à t'obliger d'entendre ce qu'il te dit. Quand il prononce ces paroles : «Cette partie corruptible, cette partie mor« telle ^; » il jette sa vue sur sa chair et il la touche. En efFet, il n'a pu parler de la sorte que de ce qui était présent à ses yeux ; son discours te fait la démonstration de son corps. Mais prends garde, qu'autre chose est ce qui est corruptible, et autre chose la corruption ; autre chose ce qui est mortel, et autre chose la mort: ce qui souilire l'impression de quelque action que ce soit, est aussi ce qui la fiiit souffrir; ce qui reçoit donc la corrupiion et la mort , c'est-à-dire la chair et le sang, reçoit aussi nécessairement l'incorruption et l'immortalité.

LU. Voyons maintenant quel corps Papôtre dit que les morts reprendront en sortant du sépulcre. Certes, il se presse de le montrer, comme s'il y avait quelqu'un qui lui fit cette question : «Ignorant, dit-il , ne vois-tu pas que ce que tu sèmes ne peut recevoir la vie s'il ne se corrompt auparavant K > Si l'exemple de la semence te fait voir qu'il n'y a point d'autre diair

«LCor., l5.--«/aw.

^ A 1- . mont nui lui sert cTornenieat et de déflence , et qui reçoivelavlequecellcqui aura épr^^^^^^^ j ^S unhi^^

L^^ tu comprends aisément ce qui suit dans le ^afin^^^^^^^^^^^^^ J ^, ,^„les ces chose» comtexte, sacré, pa^ce que tu ne prendras point de ^J^^^^^^^^^ q^u reçoit de Dieu par

aenUment à qui cet exemple ne serve de règle, posent cet co P^^,^^^ ^^^^

Et ne crois pas qu'à cause qu'il est écrit, ice que lu sèmes, ce n'est pas le corps qui viendra de ta semence, DildoU ressusciter un autre corps que celui qui est semé par la mort. En effet si fu as cetUf Qpinipn, tu t'éloignes de la règle de notireevmpte; car le laboureur ayant semé du froipent, et le froment s'éunt consumé dans la terre, ce que l'on en recueille, ce n'est pas de roKffe, et il n'en, vient poinl4 de grain qui ne

«oit du mèm(? genre, nature, forme et qualité

que celui qui a été semé. Enfin d'où vient ce.

grain que l'on recueille, si ce n'est pas le même

que l'on a semé? Le grain consumé dans le

sein de la terre, en quelque état de corruption

qu'il se trouve , est ce même grain , parce qu il

en tire son origine. Mais rap6tre ne déclare-

L^'tfDBTpiflrieméme corps que Ton doit recueillir, qfi^^nd il ajoute ; cGe que tu sèmes, c'est un

grain nu ou de froment, ou d'autre espèce;

mais Dieu lui donne un corps comme il veut. »

Cest sans doute à ce grain qu'il dit que Ton sème

tout nu, que Dieu donne le corps qui,lui convient.

cSaj;^ dovt^, dis-tu. Donc ce grain à qui Dieu

donne un corps, est conservé et ne périt pas.»

Mais comipentce^ peut-il être s'il n'est plus, s'il

ne se reièvç point, s'il ne se relève pas le même?

S'il ne 8(d r^çve point , il n'est point conservé ,

sMI n'e^t pojût conservé, il ne peut recevoir de

Dieu un corps. Cependant il est certain qu'il est

conservé. Pourquoi doncDieu Ivû donnera-t-il un

corps à sa Toiontéy puisqu'il a ce corp^ tout w

qui luj eff, propre , sinon afin que, n'étant plus

nu , il ijçssuscite ? Ce qui s'élève sui: le corps du

gra^ y est i\iou(é; et ainsi le corps du grain

n'est pas anéanti , mais il est augmenté de quelque çb|i)se qu'il n'avait pas. Peut-on douter que

ce qui aiJgmente ne soit conservé P On sème

le grsou s^s qu'il soit revêtu de son étui , sans

qu'il i^t \ip ^pi qui le soutienne , sans qu'il soit

défen^li, W W PO^i 4*>> ^^ autour de l'épi ,

sans qiicjjpn tuyau apparaisse avec son appareil

supçr|}e; n^is il se relève avec une abondance

qui paie la semence avec usure, dans une figure formée avec un merveilleux artifice , dans

un ordre parfeitement disposé, dans un ajuste-

ra changement qui n'anéantit pas sonpranier corps, mais qui l'augmente. «Dieu, dit 1 apôtre, donne à chaque espèce de semence le corps qui lui est propre, ce n'est toutefois pas son corps,» c'est-à-dire ce n'est pas son premier corps, mais celui-là devient le sien, qu elle reçoit alors de Dieu ar accroissement à ce premier corps. Attach.-toi à cet exemple , et que ce soit un miroir qui te fasse voir ce qui arrive à la chair. Crois que la même chair qui a été semée et mise en terre reprendra la vie ; qu die se relèvera comme une riche moisson; que ce sera la même chair, quoiqu'elle revienne ptas accomplie; qu'elle n'en sera pas ™e autrC; quoiqu'elle s'en retourne dans un autre état . car elle recevra aussi de Dieu cet ornement et cette Im^atm uuoc i I m |Nam œia parer fx a proportion de ses mérites. Et c'est ce que Tapôtre a voulu marquer quand il a dit : « Toute chair n'est pas la même chair, » pour dénier non pas la participation de la même substance, mais Tégalttéde la gloire, établissant la différence des corps, non pas quant à leur genre, qui les rend tous pareils , mais quant à la dignité et aux honneurs où ils seront diversement éleyés. Sur quoi il rapporte dans un sens figuré des exemples des animaux et des élémens:< Autre, dit-il, est la chair de l'homme, v c'est-à-dire d'un fidèle serviteur de Dieu, qui est vraiment l'homme; « autre est la chair d'une bête brute, sc'est-à-dire d'un gentil, dont le prophète a dit : cL'homoDe est semblable à des bêtes brutes;» «autre est la chair des oiseaux , » c'est-à-dire des martyrs qni prennent leur vol en haut; a autre est celle des poissons, B c'est-à-dire de ceux qui pour être nettoyés de leurs souillures n'ont plus besoin qœde l'eau du baptême^. De là il passe aux corps célestes : c Autre , dit-il , est la gloire du soleil ,» c'est-à-dire de Jésus-Christ; «autre est la gloire de la lune , » c'est-à-dire de l'Église ;cautre, celle des étoiles,» c'est-à-dire la semence d'Abraham. Ainsi une étoile n'a pas tant de clarté, et brille d'un moindre éclat qu'une autre étoile; ainsi il y a différence entre les corps terrestres et les corps

■ Psaume 48.

DE LA RESURRIMÎ^ION DK LA CHAIR, cflettt^ , è'esl-à-dineentre un juif et un chilien. Que 8» ce n'est poû^ par figure, c'est sans doute yaànmma qu'il a opposé

la chair des animaux et les corps des astres aux corps humains , puisqtf il n'y a rien entre eux de comparable pour ce qui regarde la nature, ni même pour Tespérance de la résurrection. Enfin Tapôtre ayant feit voir par ces figures la distinction de la gWre et non celle de la substance : «Il en est ain8i,a-Ml ajouté, de la résurrection des morts. » Que veut-fl dire par ces paroles? Certes, il ne marque pas une différence de substance dans les corps qui ressusciteront; mais ce qu'il exprime c'est cette illustre diffiérence de la gloire et de la dignité dont ils seront revêtus, car attribuantencorelarésurrectionàla même substance delà chair, et revenante cetlesimilitude du grain: «Le corps humain, dit-il, est enseveli et caché dans b terre enua état corrupUble, et il ressuscitera en un étatoù il nesera plus sujet à la corruo-

tion ; U est cuscrcrr aaua m iiumc ti lu mupi lu , ^

il ressuscitera glorieux; ilestensevelidaosla foiblesse , et il ressuiicitera dans la puissance ; U est enseveli après avoir perdu une vie animale, et il ressusdiera dans une vie toute spirituelle. » En effet, ce qui ressuscite c'est ce qui a été enseveli ; ce qui a été enseveli, c'est ce qui se corrom|it dans la terre; et ce qui se corrompt dans la terre, c'est ce corps de chair, et c'est cette chair que Dieu Frappa par son jugement : «Tu es terre, hiî dît-il, et tu retourneras en terre,» parce qu'elle était vêtue de terrée D*oû. vient que Capôtre dit qu'on la sème quand on la met daa# la Itrre, parce que lu terre est ce qui la tient coaune en séquestre^, car c'efit dans sùa sein qu^on la dépose, et c'^at de SQU même sein qu'on la reprend. Ainsi le^niême apùtre voulant imprimer plus fortement cette véi;ité dans notre esprit, la confirme et la scelle dé nouveau par ces ternies: «car il est ainsi écrit. i^ll^^croi^ donc pas que quand il est dit que la chair est. semée, œlase rapportée autrecbosequ'àcequiaétédit: «Tu retourneras en terre d'où tu es venu,»et nç^ crois pas aussi que ce qui est mis en terre, so|t autre chose quela chair, comme ilestenoorei^crit. LIQ. Quelques-uns prétendent que le corps animal c'est l'àme, afin d'ôter la créance de ce retour de la chair à la vie; mais puisqu'il

est certain.que le même corps qui aura été semé et mis e« terre ressuscitera, il suffit pour les convaincre de les appeler à l'expérience : ou g faut quils montrent que l'àme ait été semik après la mort, c'est-à-dire qu'elle soit morte! que e ait été abattue et couchée par terre quelle ait souffert la dissolution de son êie' qui sont des peines que Dieu ne lui a poi^t or-' données. Qulb fassent voir qu'elle soit tombée dam la corruption, dans le déshonneur, dans 1 infirmtté,afin que l'on puisse dire d'elle «qu'elle ressuscite dans un état 4'incorruption, de glpire et de puissance^.» Et certes en la personne de 1-azare qui est le principal exemple de la résurrection , c'est la chair que l'infirmité à miae dans le cercueil; c'est la chair qui a presque éprouvé la pourriture, comme une marque de son déshonneur et de sa honte; c'est la chair que la corruption a rendue un objet d'horreurtoutefois, c'est en la chair aueLazapi> est ressu^-'

exempte de corruption , et que personne n'av3ic~ serrée avec un iM^nd^^ de linge comme un cadavre, que personne n'avait placé dans les^ pulcre, dont persoI^le n'avait senti la puanti;i|^ et l'infection, que personne n'avait vue gisant^ quatre jours dans la terre. La chaii; di^ tous les, hommes expérimente tous les jours tout cet éti^ toutes ces circoosta^es ^e la. mort de Lazare, mais H i^'yenapoiiil <j|pq^ l'àme fassç cette, ^lypérience. Ce qui adonp é^dansr^p)[;i|Lde l'apôtre, ce qniç sa plume a toucha, manifestement, et enfii^ ce dont il certain qu'il a parlé, c'est ce corps^^pimal, corps animalquandiUqtre au monument, et spirituel quand il ressuscite; carie samt apôtre prête lui-même la nuiin popr te faire connaître que tu le dois entendre de cette ^rte, qpand il répète par l'autorité de l'Écriture, «qp'Adam le premier homme à regu ip àme viy«|nt^ ^.> En effet , si Adaip. est k; p(:eiiiier homme dti monde, et si la chair a été l'homm^ avant que l'àme y eût été inspirée , il es(, sfips doute, que la cbajr a reçu l'àme ; et sji éti^qt uja corps elle a reçu l'àme, elle s) été faife cqrps, animal. Quel nom veut-on qu'on lui donne, qjue celui qui exprime ce qu'elle aété fsiite par le mpyen de l'àme^ ce qu*elle n'était pas avant que d'avoir reçu l'àme, ce que, Tàfpe en étant de\^s, elle ne 4^,

«8.Jeaii 21.-UCor.,U.

plus, si ce n'est lorsqu'elle ressuscitera, car ayant

recouvré son âme elle redevient une autre fois corps animal , afin que ce corps devienne corps spirituel. Ce qui ressuscite, c'est ce qui à autrefois été; de sorte que la même raison qui donne à la chair le droit d'être nommée corps animal , montre que le nom de corps animal ne peut convenir à l'àme. La chair a été corps avant que d'être corps animal, et elle a été faite corps animal lorsqu'elle a été animée; et quoique Vàme soit un corps, néanmoins parce que c'est non pas un corps qui reçoit l'âme, mais plutôt un corps qui anime et qui donne la vie , on ne peut le nommer corps animal parce qu'elle ne peut souffrir en elle ce quelle fait dans les autres. Quand elle entre dans un corps, elle le fait corps animal. Quand donc elle n'y entre pas, comment elle-mlme se ferait-elle de nature ammaie P Ainsi, comme la chair recevant l'âme a été corps animal, elle devient corps spirituel receccx^VrH^s'roieh distingué en Adam et en Jésus-Christ. Et quand il nomme Jésus-Christ le nouvel Adam, tu peux bien reconnaître qu'il déploie tout ce qu'il y a de doctrine et de force pour établir la résurrection, non pas de Tâme, mais de la chair ; car Adam , le premier homme, lorsqu'il fut formé du limon de la terre , fot fait chair et non pas âme, quoique après il ait reçu une âme vivante, et que Jésus-Christ, le nouvel Adam , est Adam parce qu'il est homme, et est homme parce qu'il est chair, et non parce qu'il est âme. L'apôtre ajoute : c Ce qui précède ce n'est pas *rêtre spirituel, mais c'est l'être animal ; et après celui-ci notre corps aura Têtre spirituel , qu'il participera du premier et du second Adam. » Tu vois qu'il h\i la distinction du corps animal et du corps spirituel en la même chair après qu'il l'a faite en Tun et l'autre Adam , c'est-à-dire eu l'un et en l'autre homme. En effet à raison de quelle substance y a-t-il ressemblance entre Jésus-Christ et Adam , sinon à raison de la chair? quoiqu'ils soimt aussi semblables quant à l'âme. Mais c'est par la chair qu^ils sont hommes tous deux, parce que la chair a été l'homme la première, c'est elle qui a donné lieu à l'ordre établi entre eux, et qui a fait que l'un est nommé le premier, et l'autre le second homme, c'est-à-dire le premier et le second Adam. Certes des choses de diverses natures ne reçoivent point un ordre

TERTULLIElf.

entre elles quant à la susbtance,ct si elles cnpeiH vent admettre ce n'est qu'à l'égard des circonstances du lieu, du temps, et de la condition ; aa contraire c'est à cause de la subsUnce de chair qu'Adam et Jésus-Christ ont été nommés le premier et Iç second homme. Ainsi l'apôtre ajoute : c Le premier homme est de la terre , et le second homme est du ciel ; » il est du ciel selon l'esprit, mais il est homme selon la chair. C'est pourquoi comme en l'un et l'autre Adam , c'est un ordre qui convient à la chair et non point à l'âme que le premier homme soit distingué du second, en ce que celui-là a reçu une âme vivante, et que celui-ci a un esprit vivifiant, cette disUnction qui est entre eux fait naître aussi un préjugé en fevcur de la chair, que ce soit d'elle qu'il est dit : « Ce qui précède, ce n'est pas l'être spirituel , mais l'être animal, et après l'être animal, suivra l'être spirituel. B D'où l'on conclut qud feat oarcillemcnt entendre d'elle ce qui est écrit :

"T. „.jT ^«M* AtuM iiCiiiii »l m^mm À'^ët^ met f»!

terre est un corps animal , et ce même corps ressuscitera corps spirituel,» parce que l'èlre spirituel n'est pas le premier, et qu'il est précédé par l'être animal , que le premier Adam a reçu l'âme, et que le second Adam a l'esprit : en un mot tout ce qui est de l'homme est de la chair, en tant qu'il est de l'homme. Quoi donc, dirons-nous, la chair n'obtient-elle pas en ce monde l'esprit par la foi? et n'a-t-on pas siyet de demander comment l'on peut donner an corps que l'on sème et que Ton enferme dans la terre le nom de corps animal? Certes, la chair reçoit ici-bas l'esprit, mais elle ne le reçoit que comme des arrhes de la vie de l'esprit, an Ueo qu'elle reçoit ncm pas seulement des arrhes, mais la plénitude tout entière de la vie animaL Et de là vient qu'elle a le nom de corps animal , parce que la nature est sa principale substance, et que c'estcelle qui entre dans le sépulcre, quoi- . que néanmoins elle doive un jour devenir encore spirituelle par la plénitude de l'esprit, dans laquelleelle ressuscitera. Quelle merveille qu'elle prenne plutôt son nom de ce qui la remplit an dedans quedecequi ne faitquel'arroser au dehors ! UV. Comme des mots qui sont joints à d'autres mots forment des sens qui donnent souvent lieu à des questions et à des disputes, il en est de même d'un mot considéré séparément et sans liaison avec d'autres mots. Ainsi par ce que

DE LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR

l'apôtre a dit : a Afin que ce qai est mortel, c'est-àdire la chair, soit dévoré par la vie ^ ;» Ton s'attache à ces termes; et décoré en est un duquel on peut induire la perte entière de la chair, comme si Ton ne disait pas que Ton dévore sa bile et sa douleur, pour dire qu'on ta retient et qu'on l'étouffe en soi*mème. Et certes, ces autres paroles du même apôtre : a II faut que ce OMrps mortel soit revêtu de l'immortalité^, d montrent que ce qui est mortel est dévoré par la vie; non pas que le corps mortel se consume et se perde entièrement, mais parce qu'il est couvert et caché, et comme renfermé sous la robe de Timmortalité dont il est revêtu, a Donc, dis-tu , la mort étant dévorée , elle ne laissera pas de subsister. j> Mais si les termes sont communs , il feutque tu discernes les sens qui sont différens, et par ce moyen tu auras l'intelligence claire du passage de l'apôtre : a Autre chose est la mort, et autre chose ce qui est morteh d D'où il s'ensuit que la mort sera dévorée d'une façon , et ce qui est mortel d'une autre. La mort ne reçoit point l'immortalité, au contraire ce qui est mortel la reçoit ; et il est écrit qu'il est nécessaire que ce corps mortel soit revêtu de l'immortalité. Mais comment la reçoit-il P II la reçoit lorsqu'il est dévoré par la vie. Gomment est-il dévoré par la vie ? Lorsqu'il entre dans la substance de la vie , qu'il est réduit et renfermé en elle. Au reste, c'est à bon droit que la mort est dévorée pour empêcher que l'homme ne périsse , parce qu'elle dévore de sa part pour le faire périr, a La mort, dit l'Écriture, ramassant ses forces a dévoré ce qui était l'objet de sa rage^; et c'est pour cela que dans la fureur du combat elle a succombé, elle a été dévorée^, d 0 mort! où est ton aiguillon? 0 mort ! où est ta puissance? et que sont devenus tes efforts? La vie , cette ennemie de la mort, dévorera par sa vertu, pour le salut de Phomme, ce que la mort dans sa fureur avait dévoré pour la perte de l'homme.

LV. Mais quoiqu'en prouvant que la chair ressuscitera, nous prouvions aussi qu'il n'en ressuscitera point d'autre que celle dont nous parions, toutefois il faut faire sur cette dernière proposition une réflexion plus particulière, et il est à propos de traiter singulièrement les questions qui tombent dans notre sujet , et leurs

« Cor. 6.— • L Cor., 15 — • Rom., 5. — « i.Cor., 16.

causes , quelque chose que nous en ayons pu toucher d'ailleurs en examinant notre principale question. Nous expliquerons donc plus au long la force et la manière du changement qui se fera dans notre chair au temps de la résurrection; changement qui semble fournir la présomption de la résurrection d'une autre chair, comme si changer de celte sorte , c'était souffrir une destruction totale et cesser d'être entièrement , et comme si ce changement était une extinction de tout ce que Ton était auparavant. Il faut montrer que le changement n'a rien de commun avec la perte de l'être, que de celui-là on ne peut tirer aucun argument pour la preuve de celle-ci. Ainsi autre chose est le changement marqué par l'apôtre, et autre chose est l'extinction de l'être , mais il n'y a rien en quoi l'un diffère de l'autre si la chair doit être changée de telle feçon qu'elle périsse. Et la chair étant ainsi changée périra si dans les changemens elle ne demeure pas la même qu'elle a été représentée dans la résurrection ; comme elle périt si elle ne ressuscite pas, elle périt aussi si ressuscitant elle se perd dans le changement qui suit la résurrection , parce que cela étant, elle n'est point non plus que si elle n'avait point ressuscité. Combien est-il déraisonnable de penser qu'elle ressuscite afin de n'être point , puisqu'elle a pu n'être point en ne ressuscitant pas, ayant déjà commencé par la mort à n'être pomtP Il De faut pas s'imaginer que des choses si opposées se confondent ensemble, qu'il se fasse un mélange de l'extinction et du changement. Et certes, leurs opérations sont toutes distinctes: l'une fait périr absolument , et l'autre ne fait que trans^rer d'une qualité à une autre. Tout ainsi donc que l'on ne dit pas que ce qui est péri soit changé , de même l'on ne peut dire que ce qui est changé soit péri. Être péri, c'est n'être plus du tout ce que l'on a été, mais êtrechangé, c'est être dans un autre état que l'on était. On peut être dans un autre état et être néamoins le même, car ce qui ne périt pas conserve son être; et s'il souffre quelque chose, ce n'est qu'un changement qu'il souffire, et ce n'est pas qu'il perde son être. En effet, on peut changer sans changer en la substance, comme un homme peut demeurer substantiellement tout entier ce qu'il est, et dianger néanmoins en diverses ma* nières ; car il peut changer d'habitude, de forme

TKRTULLIEN.

extérieare, de disposition corporelle, de condition , de dignité , d'âge , d'inclination , d'afiaire^ de travail, d'industrie , de biens , de demeure , de foi , de mœurs. Mais parmi tous ces changemens qui lui arrivent , il ne perd rien de ce qui est de 1 homme, et il ne devient pas tellement un autre quil ne soit plus celui-là même qu'il élait; si nous ne disions plutôt qu'il devient autre chose, et non pas autre. Les saintes lettres nous donnent aussi des preuves de cette espèce de changemens ^ : la main change à Moïse , et on la voit sans couleur, sans sang et comme morte; on la voit de blanche et colorée devenir froide et pâle; mais cette même main ayant recouvré sa chaleur, la couleur lui revient, et c'est la même chair et le même sang qu'auparavant. Après cela le visage lui change , et il est environné d'une clarté si brillante que les yeux humains étant incapables d'en supporter l'éclat, ils ne peuvent le voir et le contempler dans cet état>: cependant cet homme qu'on ne voyait plus , c'était le même Moïse. Ainsi saint Etienne était déjà revêtu de la gloire des anges ', et toutefois c'étaient les mêmes genoux qui se jetaient à terre pour prier Dieu sous la grêle des pierres qui les lapidaient. Notre-Seigneur luimême dans cette retraite qu'il fit sur la montagne changea ses habits eu un corps de lumière^; mais dans cette transfiguration merveilleuse, il conserva quelques traits de sa personne qui forent reconnaissables à saint Pierre. Moïse et Élie, qui parurent en ce spectacle de la gloire de Jésu^hrist, l'un dans l'image d'une cliair qui ne hii avait pas encore été rendue, l'autre, dans la vérité d une chair dont il n'avait point encore été dépouillé, montrèrent que les habitudes du corps demeurent aux corps glorieux. Et c'est sur cet exemple que saint Paul a dit : cQui a changé la condition périssable de notre corps et l'a transformé en la splendeur du sien&. Que si tu veux que le changement et la transfiguration opèrent l'anéantissement total de la substance, il s'ensuit que SaQl dont il est écrit qu'il fot changé en un autre homme par son onction royale., a cessé d'être Saûl , et qu'en cet état il est sorti de la vie , et que Satan, quand il se

• Exode, I. — • Jbi(L, 34. — « Actes, 9. < S. Uaitii., 17; S. Marc, 9; & Luc,«. >PliiUp.,2fi.

transfigure en ange de lumière, n'est plus ange de ténèbres; mais certes, je ne suis pas de cet avis , et ainsi le changement qui se fait dans la résurrection n'a rien qui empêche que la même substance du corps ne demeure.

LVI. C!onsidérons maintenant combien il est absurde, combien il est inique, et combien il est à ce double titre indigne de Dieu , qu'une substance travaille et qu'une autre cQnofoiveh récompense; que cette chair souffre le «urtyr; qu'elle soit déchirée et mise en pièces, ctqn'une autre soit honorée de la couronne '^ni 4fai appartient ; et qu'au ^contraire cette diair croupisse dans la fiinge et l'ordure des vices , 4^'elle s'abandonne aux plus sales fdaisirs, et ^fn'ane autre en soit châtiée. Ne vaut-il ^ mieninV voir point du tout d'espéranee en la résun^etion, renoncer tout d'un coup â la foi qui nous in promet, que de se jouer ainsi de hi s^esse et de b justice de Dieu ? Et l'erreur de Marcioa n'cst^slle pas préférable en cela à celle de Valentin? Ea effet , il n'est point croyable que l'homme étant revêtu de cette robe de Timmortalité et de l'in* corruption , son esprit, sa mémoire et sa connaissance s'évanouissent et se perdent entièrement. Ainsi tout le fruit et tout l'avantage de la rtsnrrection, tout ce que Dieu ordonne si équitablement sur le bien et le mal , demeurerait san& effet. S'il ne me souvient point que je suis celui qui a mérité la gloire, comment en rendrais-je l'honneur à Dieu? comment lui chanterais-je un cantique nouveau de joie et de reconnaissance, si je ne sais pas que je suis celui qui lai en doit rendre des actions de grâces ^ ? Mais pourquoi œ changement n'arrive-t-il qu'en la chair, et pour* quoi l'âme, qui en toutes choses a présidé sur la chair, ne change-t-elle pas avec la chair ? D'ailleurs qu'elle est cette pensée , que cette même âme qui a fait toute la course de la vie dans cette chair, qui est parvenue à la connaissance de Dieu, qui a été revêtue de Jésus-Christ , qui a semé l'espérance du salut dans celte chair^ , en recueille la moisson dans une autre; je ne sais quelle chair? Vraiment il faut que ce soit une chair qui ait beaucoup de charmes et de grâces, puisqu'elle obtiendra la vie sans qu'il lui en coûte rien du tout; et enfin, si l'âme ne change pas , il n'y a point de rësurrection pour elle, et

«LGor.,15.— PtauiDt05.-->Ga[..tl.

DE LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR

Tonnecroira point qu'il y ait de résurrection pour eUe, si ce n*est pas une autre âme qui ressuscite. LVII. Voici Targumeut le plus ordinaire et Tobjection la plus fine que nous proposent les esprits incrédules, a Si, disent-ils, une seule et même substance se rétablit avec sa figure, ses linéamens et sa qualité , il s'ensuit qu'elle se rétablira avec toutes les autres marques qui la font reconnaître : ainsi les aveugles, les boiteux et les paralytiques reviendront avec ce qu'il y a de plus remarquable dans leurs défauts. » Quoi ! tu changes maintenant de discours , bien que tu dédaignes, quelque tu sois , de recevoir une si grande grâce de la bonté de Dieu? Et vraiment, tu n'insistes plus à n'admettre que le salut de Tàme , tu attribues aussi le salut à des hommes qui ne sont hommes qu'à demi. Mais qu'est-ce que croire la résurrection , sinon la croire tout entière ? Si la chair sera rétablie après la dissolution, elle sera bien plulùt rétablie sans ses défauts corporels : les plus grands effets des OMivres de Dieu doivent servir de règles pour les moindres. Le retranchement ou la rupture de quelque membre , n'est-ce pas la mort du mem-

quand il est étendu par terre des coups quil a reçus, quand il est froid, quand il est couvert de la pâleur de la mort , quand la chaleur du sang étant éteinte, la chair s'amollit et est sans vigueur, et enfin quand c'est un cadavre? Y a-t-il quelque état où Thomme soit plus faible que lorsqu'il est hiible dans toutes ses parties, o& l'homme soit plus paralytique que lorsqu'il est sans aucun mouvement P Ainsi ressusciter un mort, ce n'est autre chose que le rétablir en «mi entier, et cela est nécessaire de peur qu'il ne soit encore mort en cette portion de lui-même qui ne serait pas ressuscitée. Certes, Dieu est très-capable de refaire ce qu'il a fait une fois ; ce qu'il a montré en Jésus-Christ est une illustre promesse de cet efifet merveilleux de sa puissance et de sa libéralité. 11 a même fait voir ce Sauveur comme celui qui non-seulement ressuscite la chair, mais qui la rétablit tout entière. D'où vient que Tapôtre a dit : a Lés morts ressusciteront dans un état d'incorruption^.» Comment cela, sinon que ceux qui ont été auparavant corrompus, tant par la violence des maux que parla vieillesse du tombeau, redeviendront en-

bre même? Si la résurrection détruit la mort de i tiers? Ainsi dans un passage précédent, il pro-

tout le corps , ne détruira-t-elle pas la mort d'une partie du corps ? S'il se fait un changement en nous pour nous élever à la gloire, pourquoi ne s'en fera-t-il pas en nous pour nous rendre notre chair délivrée de ses incommodités? Les imperfections du corps sont desaccidens : ce qui nous est propre et naturel c'est que le corps soit entier; la nature qui préside à notre naissance nous forme tous parfaits , et si nous apportons quelque imperfection du ventre de notre mère, c'est un Idéfaut qui arrive à un homme , lequel n'avait rien d'imparfait ; il est homme avant qu'il survienne un accident qui cause ^ difformité; et de la même sorte que Dieu lui donne la vie, il lui en fait la restitution: tels nous étions quand nous l'avons reçue, tels nous la recouvrerons; nous serons rendus à la nature et non pas à la disgrâce; nous reprendrons la vie dans Timperfeclion de la naissance et non pas dans l'état de l'infortune. Si Dieu ne ressuscite pas les hommes tout entiers, il ne ressuscite pas les morts; car qui est le mort qui soit tout entier encore qu'il meure tout entier ? Un homme est-il sain, quand il n'a presque plus de Tie? Un corps est-il sans plaie et sans blessure,

pose qu'il faut «que ce qui est corruptible soit revêtu de l'incorruption j et que ce qui est mortel soit revêtu de l'immortalité ; » et il fait sa proposition double, non pas pour user de la répétition d'un même sentiment, mais pour marquer la différence qu'il veut établir; car il rapporte l'immortalité â la destruction de la mort, l'incorruption â l'exclusion de la corruption , et par la division qu'il en fait , il attribue la première â la résurrection, et la seconde â la restitution entière de la chair. Mais n'a-t-il pas aussi promis aux Thessaloniciens le rétablissement de cette substance entière ^P tellement que les défauts du corps ne seront plus à craindre â l'avenir. Que le corps ait été ou conservé entier, ou remis dans tout ce que la nature lui avait donné, il ne pourra plus rien perdre, puisque ce qu'il aurait perdu lui sera rendu. Au reste, quand tu dis que si la même chair ressuscite, elle sera encore sujette aux mêmes passions, tu entreprends témérairement de défendre la nature contre son Seigneur, et tu soulèves avec impiété la loi contre la grâce', comme s'il n'était pas permis à Dieu

TERTULLIEN

de changer la nature et de conserver la chair sans s^assujettir à la loi. D*où vient doue que nous lisons : a Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu *; set Dieu a choisi les choses qui passent pour folles dans le monde, pour confondre la sagesse du monde ? Dis-moi, je te prie , quand , par la liberté dont tu as gratifié ton esclave, tu as changé sa condition, doit-il encore souffrir les fouets, les chaînes, les flétrissures du corps , à cause que cette chair et cette âme qui étaient sujettes à ces cruels traitemens, lui demeurent? Non certes, au contraire, il reçoit Tomement de la robe blanche et la dignité de Tanneau d*or, il a Phonneur de porter le nom de son patron, il entre dans sa tribu , et est assis à sa table. Accorde à Dieu la même puissance, que par la vertu du changement qui se fera en nous, il réforme la qualité et non pas la nature , nous délivrant des passions et nous donnant de quoi nous en défendre. Ainsi la chair demeurera après la résurrection , et demeurera passible , en ce que ce sera la même ; et sera impassible en ce que Dieu Faura affranchie , mais avec cette prérogative de n'être plus sujette aux passions de la nature.

LVni. «Une joie éternelle, dit Isaïe, se répand sur leur tête 2. «Mais il n'y a rien d'éternel qu'après la résurrection la douleur, la tristesse et les sanglots prennent la fuite devant eux. Ainsi l'ange dit à saint Jean: «Et Dieu essuiera les larmes de leurs yeux, et en tarira la source^. » Il parle de ces mêmes yeux qui pleuraient auparavant, et qui eussent encore pleuré si la bonté divine n'eût arrêté le cours et séché les torrens de leurs larmes. Il dit encore : cGe fleuve de larmes qui sort de leurs yeux sera tari , et la mort ne régnera pas plus avant^.nDonc ce sera aussi le terme de la corruption , qui sera chassée par Tincorruption , comme la mort par l'immor* talité. Si la douleur , la tristesse et les sanglots viennent de rafflictionde Tàme et de la chair, si la même en est aussi produite , comment est-il possible de les étouffer si l'on n'en fait cesser les causes , à savoir les afflictions de la chair et de l'âme P Mais est-on sujet à quelques accidens qui affligent, quand on est auprès de Dieu; à quelques insultes d'ennemis, quand on est dans le sein de Jésus-Christ; à quelques véhémences

• Cor., t. -• Isde, 35. -* APOC..7. -«iW., 21.

du démon, quand on jouit des lumières et des douceurs du Saint-Esprit, et lorsque le diable et ses anges sont déjà ensevelis dans les flammes? Enfin en ce bienheureux séjour de la gloire, où sera la nécessité et ce que l'on nomme la fortune et le destin? Quelle blessure restera à ceux qui seront ressuscites après avoir obtenu le pardon ? QueUe colère pourront craindre ceux qui auront été reconciliés après avoir reçu la grâce ? Qu'elle infirmité , quand on sera dans un état de force et de vertu ? Quelle faiblesse quand on possédera le salut? Ce que TÉcriture nous apprend, a que les vêtemens et les chaussures des enfons d'Israël servirent quarante ans sans s'user et sans se rompre^; que les ongles et les cheveux qui croissent si vite, demeurèrent tout ce temps sans croître sur leurs personnes, par l'ordre de cette justice qui dispose des puissances naturelles et qui règle ce qui est de la bienséance , de peur que leurs ongles et leurs cheveux ne devinssent d'une grandeur énorme, qui eût pu passer pour un effet de la corruption ; que les flammes de Babylone , n'offensèrent ni les tiares , ni les robes de pourpre des trois ft^ res , quoique ce fussent des ornemens étrangers à la nation juive ^; que Jonas, dévoré parce monstre de mer, le ventre duquel consumait tout le débris des naufrages , en sortit trois jours après sans incommodité 3; que Enoch et Elie n'étant pas ressuscites, parce qu'ils ne sont pas même encore morts ^, mais ayant été transférés hors de ce monde, et povr cela étant déjà dans un état proche de l'éternité, éprouvent que la chair est capable de jouir de l'exemption entière de la faiblesse humaine et de toute sorte d'accidens et d'injures ; tous ces événemens , dis-je, qu'est-ce qu'ils nous enseignent? Et ne sont-ce pas autant de témoignages de notre foi et de documens de cette vérité que nous croyons que nos corps seront rétablis tout entiers? En effet, selon l'apôtre : «ces choses ont été écrites pour être des figures de ce que nous ferons quelque jour,» et ces figures nous ont été donn^ afin que nous ne doutions pas que Dieu ne soit plus puissant que cette loi de la nature, qu'il ne puisse changer cette condition du corps humain, et qu'il ne consarve enfin cette chair dont il amêmeconservéetlescbaussuresetles vêtemens.

< Deut., 29.— 'Daniel,- • Jouas» % - * IV. Reg., 1

DE LA RÉSURRRGTION DR LA CHAIR

LDL <Mais,di»-tu, le siècle ftatur dépend d*im autre ordre, parce qu'il est étemel. »D'où tnconclos que b substance de la chair qui est de ce siède-d, et qui par cette raison n'est pas éternelle , ne peut prétendre à la possession de cet état d'une nature si différente. Certes, ce que tu dis aurait quelque fondement, si rhomme eût été formé sur cet ordre du siècle futur, et qu'au contraire cet ordre du siècle fotur n'eût pas été fait pour Thomme. Mais quand Tapôtre dit:cSoit le monde, soit la vie. soit la mort, soit le futur, soit le présent, tout est i yous^b il constitue l'homme héritier de toutes ces choses futures. Au reste , Isale ne fait rien pour toi, lorsqu'il dit : cToute chair est vile comme de l'herbe >,» puisqu'il dit ailleurs: «Toute chair verraDieu le Sauveur, vdistinguant la chair de la chair, non pas quant à la substance , mais quant à la fin difKrente qu'elle aura par le décret de la justice de Dieu ; car, qui ne convient pas que Dieu, par son jugement équitable , prononcera deux sentences. Tune du salut, et Tautre de la peine? Toute chair donc qui est destinée au feu est vile comme de Iherbe , et tonte chair qui est ordonnée pour le salut, verra Dieu le Sauveur. Pour moi , je sais que si autrefois je suis tombé dans l'impureté, ce n'est pas dans une autre chair que je sois tombé , et que ce n'est pas non plus dai{s une autre chair que je m'efforce maintenant de garder la pureté. S'il y a quelqu'un qui ait une double chair, il peut se défoire de cette chair vile et impure, et se reserver seulement cette chair noble et pure qui Tffira Dieu le Sauveur. Mais parce que le même prophète , parlant des nations, dit en un endroit, « qu'elles sont réputées comme de la poussière et de la salive', » et en un autre, «qu'elles espéreront et qu'elles croiront au nom de Dieu et cnlapoissance deson bras*, vpoovoos-nousnous tromper en ce qui les regarde, et penser de ce que les unes croiront, et que les autres demeureront dans leur aveuglement, et seront réputées comme de la poussière, ce soit à raison de la diversité de la substance? Non, non, dans toute cette vaste étendue que l'Océan embrasse, et que le ciel , qui est suqpendu sur nos tètes , couvre de son voile, Jésus-Christ a pwié aux nations la véritable lumière ; etc'est ici la source

> LCor.,3. — >*In!e,IOft15.-'/M.«41.

de rerreur des valentiniens, car les nations ftdèles ne sont pas dissemblables des nations infidèles quant à la substance de la chair et de Tâme; et comme le prophète a distingué les nations, établissant entre elles non pas une difforenoe de genre, mais une diversité de sort et d'état, ainsi à l'égard de la chair qui dans toutes les nations est une seule et même substance, il a établi une distinction, non pas en la matière, mais en la récompense^

LX. Nos adversaires, pour donner encore plus de jour à h dispute , argumentent contre cette mtaie chair en loi opposant les fonctions ordinaires des membres du corps. Us disent donc : que les membres ayant été destinés au corps pour leurs opérations naturelles, il est de nécessilé qu'ils y persévèrent; ou, s'il est certain que les membres du corps ressuscité n'aient plus ces fonctions , ils en induisent qu'il n'y aura plus de corps, parce qu'il n'est pas croyable que le corps subsiste sans ses membres, ni que les membres puissent être sans leurs fonctions. «En effet, disent-ils, quand Ton n'aura plus besoin de manger et de boire , à quoi servira cette profonde caverne de la bouche, ces rangs et cette assiette de dents, ce canal de la gorge , ce réservoir de l'estomac, ce gouffre du ventre, cette grandeur immense et ce merveilleux enchaînement des entrailles ? Pourquoi dans cet état de la résurrection admettre l'usage de tous cet membres?T aura-t-il quelque action à laquelle ils puissent être employés? Faudra-t-il qu'ils portent encore l'aliment de haut en bas, qu'ils le digèrent, qu'ils s'en déchargent? Quel service tirera-t-on des mains, des pieds et des autres membres destinés au travail , quand on ne sera plus diargé des soins de la vie? La génération et la nourriture du fruit dans le sein maternel venant à cesser, que deviendront les parties du corps qui y sont nécessaires , celle où 1 enfiint est conçu , et les sources d^oû le lait coule aux mamelles? Mais que sera-t-il de tout le corps , puisque tout entier il n'agira plus? «Pour répondre à ces objections, nous avons d^à établi qu'il ne fout pas mêler Tordre du siècle folur à celui du siècle présent , parce qu'il se fera nn changement en l'homme, à l'heure de la résor^ rection , qui s'opposera à ce mélange, mettait le corps dans un autre état qu'il n'était. Noua sjoatons que cas fonctions de nos membvai né-

TEUTULLIER

€C9Mir« atti iMoiM de cette yk^ ne doMrMl que jusques aa raoneDl 06 le tùrfê reemud** fera , parce qu'alors cetle aème ?ie sera tranaMrée du temps à l'éteniité , Momme le eorpa ani- Buil sera converti eu corps spirituel ^ cette cbatr niortelle étant revêtue de l'Immortalité, et cette nature corruptible recevant rineormptlon. En effct, la vie «tant ainsi délivrée de ses besoins, les membres seront pareillement délivrés de leurs fonctions , mais ils ne laisseront pas d*ètre toujours nécessaires , parce qu'encore qu'ils soient délivrés de leurs fiunctions , il Aut qu'ils subsistent par Tordre du jugement de Dieu, afin que chacun reçoive en son corps selon les actions qu'il aura liiites^; car le tribunal de Dieu demande l'homme entier et parfait , mais l'homme ne peut être entier et parlait sans ses membres , parce que c'est leur substance et non pas leurs fonctions qui composent ce qu'il est, si ce n'est que tu veuilles dire qu'un navire soit entier sans son fond, sans sa proue et sans sa poupe, et enflnsans la conservation de tout l'assemblage et de tout le corps du vaisseau. Que si nous avons vu assec souvent un navire tout glorieux d'avoir été réparé, après que la tempête l'avait brisé, ou que la pourriture l'avait mis hors de service, tons ses membres ayant été rétablis et remis en meilleur état , avons-nous sujets fêtre en peine de l'industrie , de la volonté et de la puissance de Dieu, en ce qui regarde la réparation de l^homme? Quoi I si un mairre de navire, riche et libéral, se contente que l'on répare son vaisseau, et le liit rétablir soit par affection , soit pour sa gloire, sans vouloir cependant quil travaille, diras4tt que ce corps de navire n'ait plus besoin de ces membres dont il était composé , parce qu'ils seront désormais inutiles et qu'ils ne servent qu*à la conservation du vaisseau qui ne travaillera plus pour le service du mahre ? U fittt donc seulement considérer si Dieu, destinant rhomme pour le salut, y a destiné la chair, et s*il veut que cette même chair soit encore. Et tu ne peux pas prétendre, sous prétexte que ces membres n'auront plus d'usage et de fonctions, que la chair ne puisse reprendre son être; car une chose peut reprendre son être, et tout^ fois être sans fonction, outre que l'on ne peut Are qu'une chose soit sans fonction si elle

•L€erMté.-«n.Gor.,«.

n'est pas , et enlb si die est , die ponrra n^ètre pas sans fonction , parce qu'il n'y aura rien i% nutile en la présence de Dieu.

LXL Tu dis que tu as une bouche pour manger et pour boire, pourquoi ne dis*tu pas plutôt que tu as cette bouche pour parier , afin que tu sois au-dessus des autres animaux, ou que tu l'as reçue pour louer Dieu , afin que tu t'élèves même au-dessus des hommes t j'i^joutc qu'Adam a donné les noms aux animaux, avant que de toucher au fruit de l'arbre , et qu'il a propliétisé avant que d'en goûtera Mais si tu prétends que tu as des dents pour dévorer toutes les denrées qui se vendent au marché , ne t'ont-elles pas plutôt été données, afin qu'dies soient conmie un rempart qui environne ta bouche , et que quand la joie ou la douleur te la Fait entr'ouvrir, ce soit avec quelque bienséance? Ou n'est-ce pas une barrière pour retenir le mouvement de ta langue , ou pour te servir, par le battement qui se fait de la langue et des dents , à articuler ta voix et former ta parole. Ëooute et vois comment ceux qui ont perdu les dents parlent , et alors tu reconnaîtras combien elles honorent ta bouche et combien cet organe t'est nécessaire. Si la nature a ouvert des conduits en l'homme et en la femme, est-ce af!n que par là les feux de la volupté s'évaporent, et n'est-ce pas plutôt pour ftiire que la boisson s'écoule, et que le corps s'en décharge ? Les femmes ont une matrice , mais roni-elles pour recevoir la substance qui sert à la formation de l'homme, ou pour retirer cette ma.sse impure de sang que ce faible sexe n'a pas la force de dissiper et de résoudre? Nous sommes obligés d'exprimer toutes ces choses, parce que nos adversaires nous en rompent la tête , disant ce que bon leur semble des diverses fonctions de nos membres, et affoctant même de parler de quelques-uns , et d'en parler à leur mode, c'est-à-dire sans pudeur, pour couvrir, s'ils pouvaient, de confosion ce que nous enseignonsdela résurrection des corps ; ne voulant pas considérer qu'avant que ces fonctions cessent, les causes en cesseront. En effet comme l'on n'aura plus fiiim, l'on n'aura plus besoin de viandes ; comme l'on n'aura plus soif , il n'y aura plus nécessité de breuvage; comme il n'y aura plus de naissance , il ne faudra plus de mélange

^Gsnèss iHk

DE LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR

de «eu ; et enfin , comme il D*y aura plus dV Migation de soutenir une nature corruptible , il nY en aura plus à travailler pour la soutenir : la mort n'étant plus , les alimens ne seront plus néeessaires pour la conservation de la vie, et nos membres ne (gémiront plus sous le poids de cette passion ardente, que Ton a de renaître en sa race , et de se perpétuer en sa postérité. Au reste, il est même possible en ce monde de s'abstenir quelquefois de manger, il est encore libre de vivre dans la continence. Moïse ei Elle jeûnèrent quarante joui*s , et durant ces quai ante jours Dieu seul fut leur nourriture < ; car dès ce tempa-ll on consacrait cette parole : c L'homme ne vivra pas seulement de pain, mais il vivra encore de la parole de Dieu > ; »et ce furent là les commandemens de celle vertu qui devait fleurir •n d'autres siècles, et sous une autre discipline. Pour nous, autant qu il est en notre puissance, aotts gardons fabstinence, et nous avons même un grand soin d*èlre purs et continens. Combien y a-t-il d^hommes parmi nous qui demeurent volontairement en cet état ? Combien de vierges qui se vouent à Jésus-Christ, et qui le prennent pour leur époui ? Combien de personnes des deui sexes qui vivent hors de ce commerce d*où vient la ftoondité, comme si elles étaient dans Timpuissanee de meltredes enfans au monde?: Que si dès cette vie les membres s^abstiennent de leurs fonctions pour un temps , comme ils peuvent le foire dans un état qui doit finir par le temps, sans que cela empêche que l'homme soit et subsiste, à plus forte raison, lorsque l'homme sera dans Télat de Félernité , où son être et son salut seront immuables, ne souhaiterons-nous point les choses pour lesquelles, dorant le cours de c^te vie mortelle , nous avons pris l'habitude d'être sans aucun désir.

LXIl. Mais la parole de Notre-Seigneur décide souverainement cette difficulté : a Ils seront, dit-il, comme des anges. »S'ils seront semblables aux anges en ce qu'ils n'éprouveront plus le mariage, comme ils n'éprouveront plus la mort^ ^Is leur seront aussi semblables en ce qu'ils ne seront sqjets à aucune nécessité corporelle. Autrefois les anges ont paru sur la terre comme des hommes; ils ont bu et mangé et on leur a lavé les pieds; ils avaient pris extérieurement

« Ixode, 21; aLBeg., 19. -- » S. Matth.. t

une forme humaine, sans quitter au dedans leur propre nature ^ Que si les anges , paraissant comité des hommes, se sont soumis dans leur substance spirituelle à des choses qui appartjeo* nent k h chair, pourquoi des hommes, é^nt devenus semblables aux anges, ne vivraient-ils pis de cette substance de la chair comme s'ils étaient de purs esprits? Certes, ils ne doivent pas être plus sujets , sous l'apparence des anges, auik besoins de la chair, que les anges, sous cette apparence de l'homme, n'ont eu de dépendance de leurs qualités spirituelles. Et l'on ne peut pas dire que les hommes ne demeureront pas dans la chair, parce qu'ils ne demeureront pas dans les besoins de la chair, puisque les anges n'ont pas laissé de demeurer dans leur nature spirituelle , quoiqu ils ne soient pas deioeurés dans l'usage des seules qualité de Tesprit. Enfin NotreSeigneur n'a pas dit , « ils seront des anges,» pour ne pas nier qu'ils ne fossent des hommes, mais il a dit : dis seront comme des anges, » pour marquer que le chaugenaent qui se fera en eux, n'empêchera pas que ce ne soient toujours des honmies. En leur attribuant la ressemblance qu'ils auront avec les anges, il ne leur a pas ôté leur propre substance.

LXllI. La chair ressusciiern donc , et nonseulement toute la chair ressuscitera, maisejle ressuscitera la même et tout entière. Cepen* dant en quelque lieu qu elle soit , elle est en dépôt sous la main de D.eu, et Jésus-Christ a ce dépôt, ce fidèle séquestre de Dieu et des hommes, qui rendra Dieu à Tbomme, et l'hoirime à Dieu , IVsprii à la chair, et la chair à l'esprit : il a foit une alliance en sa personne de la chair avec l'esprit, donnant un époux à l'épouse, et à l'épouse un époux. Que s'il y a quelqu'un qui prétende que l'flme est réponse , elle sera suivie de la chair comme de sa dot; car rame ne sera pas une abandonnée, et son époux ne la recevra pas dépouillée et sans bien : la chair est son équipage , sa parure et sa richesse , et elle l'accompagnera comme sa sorar de lait. Mais il est vrai que la chair est réponse, et que par une il- ' lustre alliance contractée par le sang, elle a pris en Jésus-Christ l'esprit pour son époux. Ce que tu crois être sa mort , n'est que sa retraite ; l'àme ne se retire pas tonte seule, lachairaaosaisea

,ticcia

TERTLLLIEN.

retraiies, et ces retraites sont les eaux, les Feux, les oiseaux et les bëtes brutes. Lorsqu'il semble quelle se dissout dans ces substances , elle s*y écoule seulement ainsi que dans des vases; et si les vases se dissipent, elle s*en écoule encore; et comme si elle sortait de rembarras de plusieurs tours et retours , elle est rejetée dans la terre, sa première origine, afin que de son sein Adam se représente une autre fois i Dieu pour entendre de lui cette parole : «Voici Adam qui est devenu comme Tun de nous. » Et certes, en cet état il possède vraiment une science parfaite, connaissant le mal qu'il a évité, et le bien quil a obtenu. Pourquoi, 6 âme, portes-tu envie à la chair? Il n'y a point de créature pour qui tu doives plutôt avoir de famour, après celui que tu dois avoir pour Jésus-Christ; il n'y a personne que tu doives plutôt chérir d'une affection de frère , puisqu'elle renaît en Dieu avec toi; tu aurais même dû lui obtenir par tes prières le bien de la résurrection , parce qu'en effet, c'est par toi qu'elle a commis le péché qui Ta rendue criminelle. Mais Je reviens à toi , ennemi de la vérité, et je dis que je ne m'étonne pas si tu hais la chair, puisque tu as rejeté l'auteur de la chair, puisque tu nies la chair en Jésus^hrist, ou que tu changes sa nature , et que tu la veux faire panser en lui pour autre qu'elle n'est ; ainsi tu corromps même, ou par tes faux raisonnemens, ou par tes mauvaises explications , la parole de Dieu, cette parole divine, c'est-â-dire le Verbe qni a été fiait diair; tu allègues même pour appui ton erreur , tes écrits apocryphes et tes fobles toutes pleines de blasphèmes ; mais Dieu tout-puissant a pourvu par sa grâce â ces impostures de la malice et de l'infidélité des hommes; car répandant aux derniers temps son esprit aor toute la chair, et échauffimt de sesar^

deurs le ctsur de ses serviteurs et de ses servantes , il a rallumé cette fol de la résurrection de la cliair, si outrageusement attaquée par les hérétiques, et a édairci avec tant de lumière , soit dans les termes , soit dans les sens , les passages de Moïse et des prophètes, qu'il n'y est resté aucune apparence d'ambiguïté. Comme il fallait qu'il y eût des hérésies pour éprouver les fidèles , et pour rendre leur fidélité maniieste, et que les hérésies ne pouvaient rien entreprendre A les Écritures ne leur en donnaient quelques occasions on quelque prétexte, il semble que la lettre de l'Ancien Testament leur ait fourni quelques argumens et quelques preuves; mais la même lettre de l'Ancien Testament détruit ces argumens et ces preuves. Enfin il ne fallait pas que le Saint-Esprit demeurât plus longtemps sans inspirer aux fidèles des paroles si efficaces et si fortes, qne quelque subtils que soient les hérétiques, ils n'y puissent plus trouver de semences d'erreurs, et qu'elh» renversent même leurs vieux édifices de terre et de boue. Ainsi il a dissipé toutes les ténèbres du temps passé et toutes les ombres dont l'hérésie tâche d'obsaircir ce qu'elle prend pour des paraboles, par l'explication claire et manifeste qu'il a donnée de tous les mystères, et de tontes les paraboles et les figures , par la voix de cette nouvelle profdiétie qui a été tout inondée des eaux divines du Paraclet. Que si tu puises dans cette féconde source, elle te remplira d'unedoctrinequi t'ôtera la soif de toute autre doctrine; elle te délivrera de cette ardeur de contention et de dispute qui te dévore; et goûtant de toutes parts, dans le courant decette belle et agréable fontaine, leé douceurs de la résurrection de la chair, tu y prendras un rafraîchissement qui modérera le feu et la véhémence de ton esprit.

A SCAPDlA.

ÉPITRE A SCAPULA,

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