‹ Panthèon littéraire; choix de monuments primitifs de l'église française, avec notice littérairesChapitre 32 sur 102 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

I. Chère compagne dans le service du Seigneur, j'ai jugé utile de penser à ce que tu devrais faire dans le cas où je sortirais avant toi de ce monde; je lègue mes conseils à ta bonne foi et je t'engage à les suivre. Nous nous occupons toujours assez de nos biens temporels et nous ne manquons pas de Caire des testamens pour les léguer à ceux que nous aimons. Ne devrions-nous pas plutôt pourvoir au bien-être spirituel de notre postérité, en lui laissant, outre DOS bons exemples , nos conseils sur ce qui peut lui procurer l'héritage du royaume des cieux? Puisses-tu fiiire cas de mes avis! c'est la prière que j'adresse à Dieu , à qui soit honneur, gloire, dignité et puissance dans tous les siècles des siècles.

Je commence donc par te recommander, autant qu'il te sera possible, de ne pas convoler en secondes noces; ne pense pas que je te donne ce conseil par ^oîsme , puisqu'il ne peut m'en revenir d'autre avantage que celui de ton propre bonheur, car la résurrection ne promet point aux chrétiens la réunion des époux, qui seront changés en la nature spirituelle des anges, ainsi que nous l'a enseigné Notre-Seigneur quand les saducéens lui demandèrent à qui appartiendrait la femme qui avait successivement épousé les sept frères. Aucun de ses maris ne se trouvera offensé au jour du jugement, aucun ne l'attendra pour lui fiiire des reprocnes. Ne pense donc pas que ce soit pour me reserver i'int^rité de ta chair que Je te conseille ici de rester veuve, car aucun honteux plaisir ne pourra renaître pour nous; ce ne sont point d'aussi frivoles fiélicités que le Seigneur promet aux siens. Mais je vais tAcber de démon-

trer que mes oonaeils, à cet égard , ne peuvent que t'ètre utiles, à toi ou à toute autre femme dans les mêmes circonstances.

II. Loin de nous l'idée de condamner l'unioii de rhomme et de la femme , union qui a été bénie de Dieu comme nécessaire pour conserver la race humaine et pour peupler le monde dans le temps, pourvu que cette union ne se consacre qu'une fois. Adam fut le seul mari d'Eve, et Eve fut sa seule femme , parce que Dieu Tavait seule tirée des côtes d'Adam. Je sais bien que les anciens patriarches épousaient plusieurs femmes et qu'ils avaient encore des concubines. Mais quoique la synagogue fût une figure de notre église, il y avait bien des choses commandées ou du moins permises qui devaient être supprimées ou réformées par la nouvelle loi ; car puisqu'une nouvelle loi était attendue, c^était assurément parce que l'ancienne n'était pas parfaite: la parole de Dieu devait venir nous revêtir de la circoncision intellectuelle. Ainsi les licences et les lacunes mêmes de la première révélation montraient qu'il y avait lieu de perfectionner la loi, ce qui a été accompli par Notre-Seignenr dans son Évangile, et par l'apôtre qui a retranché ce qu'il y avait de trop et mis en ordre ce qui était oonfos.

m. Si je commence ainsi par parler de la liberté des anciens temps et de la correction qni a eu lieu depuis, ce n'est pas que je veuille dire que le Christ soit venu pour séparer les époux et détruire l'union coiqugale, comme si depuis sa venue tout mariage devait être iUégitinie. C'est à iaire à ceux qui , entre autres «rreors, prétendent qu'il faut séparer ceux qui ne font plus qu'une même chair, et par là se mettent en opposition avec celui qui, ayant pris de l'homme de quoi faire la femme, leur a inspiré à tous deux le désir de se réunir par le mariage. Nul part nous ne lisons que le mariage soit défondo,

TERTULLIEN

parce qu'il est boD en soi , maïs seulement l'apôtre nous apprend ce qu'il y a de mieux que le mariage; car s'il le permet, il préfère Tabslinencc. Il permet le mariage à cause des embûches du tentateur, mais il préfère le célibat comme un état plus rigoureusement pur. En examinant bien ces raisons, on voit que la permission de se marier ne repose que sur la n^essité; or la nécessité déprécie ce qu'elle autorise. Enfin il est écrit - « Il vaut mieux se marier que de brAler. » Maintenant je vous le demande, eel«ce une si bonne chose que celle que l'on né recommande qu'en h préM*ant à ce qui est esseniidlement mal? ai se marier est meilleur, c'est parce que brûler est pire. Combien ne vaudrait-il pas mieux né pas se marier et ne pas brûler non plusP Dans les temps de persécntioD , il vaut mieux profiter de la permission qtte le Christ a donnée de iîiir de ville en ville , que de ae laisser prendre et tourmenter pour renier sa loi an milieu des supplices; mais la fuite n'est bonne que si on la compare à Tapostasie. Ceux qui nient perdent le mérite qu'ils avaient acquis en portant témoignage. Je puis même dire que œ qui est permis nVst pas bon , car la permission même jette un doute sur la natore d'une action; on ne donne pas la permission de ftfire «ne action qui est évidemment bonne, it y a Men des choses qull ht faut pas rechercher simplement parce quelles ne sont pM défendues, surtout quand elles sont en quelque sorte condamnées par la préRrence donnée ft une autre eha^e: préférer te célibat , c'est presque blimer le mariage. Ne dites pas qu'une action soit bonne par cela seul qu'elle n'est pas mauvaise, ni qu'elle ne soit pas mauvaise parce qu'en soi elle n'est pas nuisible ; car le véritable bien, qui est préférable à tout cela, loin d'être nuisible , est au contraire profitaMe. Vous devez préflêrer ce qui est positivement utile à ce qui n'a d'autre mérite que de ne pas nuitée; le premier vous met sur un champ de bataille, le second vous donnera peut-être le repos, mais non la victoire. Oublions les dernières paroles de l'apôtre et rappelons-nous seulement les premières , si nous vontons être dans te mieux. S'il ne noua l'impose pas d'une manière obligatoire, il nous le montre du moins , en disant: «Celle qni n^est pas maHée, pense an Mnpimf pour le sanctifier en corps et

en esprit; mais la femme mariée pense I plaire à son mari.» Puisque jamais il ne parie de mariage sans agouter qu'il aimerait mieux nous voir persévérer comme lui dans le célibat, heureux ceux qui ont suivi son exemple !

IV. Mais nous lisons que la chair est faible, et là-dessus nous cédons à nos désirs; nous lisons pourtant aussi que l'esprit est fort : l'un et Tautre se trouvent dans la même phrase. La chair est terrestre et matérielle, mais l'esprit est d'origine céleste. Pourquoi donc sommes-nous si portés à nous excuser, en nous défendant sur ce que nous avons de faible, au lieu de nous appuyer sur ce que nous avons de fort? Pourquoi ne forçons-nous pas la partie terrestre à se soumettre à la partie céleste? Si l'esprit est plus fort , comme il doit l'être puisqu'il est le plus noble , c'est notre faute si nous nous laissons entrahier par la chair qui est faible ei qui doit obéir. Il y a deux principales faiblesses humaines qui rendent le mariage nécessaire à ceux qui ne sont pas encore mariés. La première et la plus entraînante, est la concupiscence de la chair; vient ensuite la concupiscence du siècle. Celle de la chair plaide les besoins de la nature; elle cherche une moisson de gloire et se repatt de son infamie ; elle prétend qu'un mari est nécessaire à une femme pour la guider, la consoler et la protéger contre les mauvais propos. Quand tu entendras de tels argumens, cite Texemple de nos sœurs qui se sont faites les épouses du Seigneur, qui mettent leur virginité au-dessus de tous ces prétextes et la sainteté au-dessus du mariage. Elles ont fait leur choix; elles sont devenues les épouses et les filles de leur Dieu ; elles vivent avec lui , conversent avec lui, ne le quittent ni jour ni nuit; elles lui ont apporté en dot leurs oraisons ; elles attendent de lui pour présens de noces sa grâce et sa faveur, qu^eltes obtiennent toujours. Elles se sont choisi la meilleure part, et en refusant de se marier sur la terre, elles comptent déjà dans la famille des anges. Que de tels exemples tlnspîrent de l'émulation et t'affermissent dans la continence ; que toute concupiscence charnelle soit absorbée dans l'amour divin : tu trouveras pour ces désirs temporels et ftigitifs une compensation toute céleste et sans fin. D*un autf^e côté , la concupiscence êà siècle prend sa source daûs la vafate gloire , la cupidité , l'anMtlûn , le besote t

A SA FBMMR

Toilà ce qui htt paraître soaTent le mariage nécessaire. Oq met de c6ié les choses du ciel ; on veut être maîtresse dans la maison d*un autre , jouir des richesses d'un mari , et imposer par sa supériorité un respect que Ton n'espère pas devoir à son propre mérite. Loin des fidèles toutes ces pensées I Ils ne doivent avoir aucun souci de leur avenir, à moins qu'ils ne se défient des promesses de la providence de Dieu , qui a revêtu les lis des champs, qui nourrit les petits oiseaux du ciel , qui défend de s'occuper du lendemain, en assurant qu'il sait ce qu'il faut à ses serviteurs, il ne leur donne point, il est vrai, de pesans colliers d'or, ni des vêtemens aussi embarrassans que somptueux, ni des esclaves gaulois , ni des porteurs germains , ni tout ce qui donne aux filles si grande envie de se marier ; mais il leur fournit le nécessaire, c'est fout ce qu'il faut à la décence ei à la modération. Pense donc bien, je t'en prie, que tu n'auras besoin de rien si tu obéis au Seigneur, ou plu* tôt que tu posséderas tout en le possédant. Rappelle-toises célestes laveurs,etturegarderas avec mépris tout ce qui vient de la terre. La veuve qui se soumet à la volonté de Dieu n*a besoin de rien , si ce n'est de la persévérance. V. n y a des hommes qui se marient pour avoir une postérité , et qui sont poussés par le désir d'avoir des enfans, plaisir quelquefois si amer. Cette pensée doit encore être loin du cœur d'un chrétien. Pourquoi désirerions-nous avoir des enfans, puisque lorsque nous en avons, nous souhaitons les voir enlevés de ce siècle impie, pour qu'ils soient reçus dans le royaume de Dieu , comme Tapôlre le désirait pour lui* même. Mais il y a des serviteurs de Dieu à qui il iaut des enfans, comme s'ils n'avaient pas assez de veiller à leur propre salut. Ils cliercbent des iardeaux dont les geniiis eux-mêmes cherchent à s'affranchir, et qui sont pour eux d'autant plus à craindre que souvent ils mettent la foi en danger. Pourquoi le Seigneur a-t-il dit : «Malheur au sein qui a conçu, et aux mamelles qui ont nourri ?» c'est qu'au jour du jugement les enfans seront un grand embarras, qu'il faudra attribuer au mariage. Les veuves seront bien plus tôt prêtes à répondre à l'appel de la trompette de l'ange. Dans ce ntonde , rien ne les gêne quand il faut subir la tyrannie des persécutions; elles n'ont aucune inquiétude pour

renfkm qui bondit dam leur tcin « on qui vagit sur leurs bras. Si donc on ne se marie que pour la chair, ou pour le siècle, ou pour le désir de laisser une postérité, il est évident qu'aucun de ces motifs ne peut convenir à un chrétien ; et du moins est-ce assex d*avoir succombé une fois â Tune de ces tentations. Lies chrétiens se marient tous les jours, et ils se noarieront encore quand arrivera le grand jour où ils seront surpris comme les habitansdeSudomeetdeGomorrhe.

Assurément, les babitans de ces villes maudites faisaient autre chose que de se marier et de commercer. Mais quand l'Ëcrilure dit: «Ils se mariaient et ils commerçaient,» elle nomme seulement les principaux vices du siècle , et ceux qui détournent le plus les serviteurs de Dieu de leur devoir : la luxure et l'avarice. Même alors leur aveuglement fut la cause de leur ruine. Que sera-ce si nous chrétiens, nous sommes influencés par des passions qui sont en abomina^ tion devant le Seigneur? «Lia fin des temps approche,» est-il écrit, il reste donc à ceux qni scmt mariés à se conduire comme s'ils ne Tétaient pas.

VL Si ceux qui sont mariés doivent en quelque sorte faire comme s'ils ne l'étaient pas , à plus forte raison ceux qui sont dans le célibat ne doivent-ils pas rechercher le mariage. De sorte que la femme qui a perdu son mari ne doit penser qu'à calmer ses passions en s abstenant d'un second mariage; c'est ce que font même les femmes des gentils, quand elles ont à pleurer la perte d'un mari qui leur fut cher. Quand quelque chose parait difficile, il faut regarder ceux qui font |îes choses plus difficiles encore. Combien y en a-t-il qui, dès leur baptême, vouent leur chair à la chasteté ? Combien de chrétiens mariés se sont séparés de corps par un commun consentement? Combien de ces eunuques volontaires se sont abstenus^nême pendant l'état de mariage? L'abstinence ne doit-elle pas être {dus fiidle, lorsque la mort a dissous le mariage? Je crois qu'il doit être pins dirficile d'abandonner les droits d'une union existante, qoe de se consoler de la perte de ceux qui n'existent plus. Regardons-nous comme dure et difficile la continence d'une veuve chrétienne, quand les gentils eux-mêmes vouent à leur Satan le veavs^e et la virginité ? A Rome , les femmes qui enlretenaieiit sor l'autei de Vesta le fey perpé-

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tuel devaient rester vierges, sous peine do plus horrible supplice. A iEgium , on tire au sort une vierge qui doit être consacrée à Junon. La folle pylhonisse de Delphes ne connut jamais le mariage. Nous savons que Ton consacre à la Cérës africaine des veuves qui le deviennent d'une manière bien rude; car elles se retirent du lit de leurs maris encore vivants, et glissent d'autres femmes à leur place, au grand plaisir de ceux-ci , puis elles s'abstiennent de tout contact charnel et n'embrassent pas même leurs en&ns; puis, tant qu'elles restent au service de Gérés , elles continuent dans cet état de veuvage artificiel, et n'ont même pas la consolation que doit nous procurer notre sainte religion. Voilà ce qu ordonne le diable, et il en trouve qui lui obéissent ; c'est qu'il veut se railler des serviteurs de Dieu , en leur montrant que les siens sont capables des plus grandssacrifices;car il a trouvé le moyen de perdre les hommes mêmes par leurs vertus. Peu lui importe de tner les âmes par la luxure ou par la continence.

VU. Le Seigneur nous apprend que la continence est un moyen de salut éternel , un témoignage de foi , et la meilleure préparation que puisse subir la chair pour le jour où elle doit revêtir lincorruptibilité pour accomplir la der* nière volonté de Dieu. Je te prie en outre de bien réfléchir qu'aucun homme n'est enlevé de ce monde sans que Dieu le veuille , puisqu'une feuille même ne peut tomber d'un arbre sans sa permission ; il faut bien que ce soit celui qui nous a fait entrer dans le monde , qui nous en fasse sortir. Si donc je meure avant toi par la volonté de Dieu , c'est lui-même qui dissout ton mariage; pourquoi alors voudrais-tu rétablir ce que Dieu a détruit? Pourquoi refuserais-tu la liberté qui t'est offerte pour te charger de nouvelles chaînes? Il est écrit : «Si tu es engagé dans les liens du mariage, ne cherche pas à t'en affranchir. > Mais si tu te remaries, admettant que ce ne soit pas un péché, il en résulterait des chagrins même selon la chair. Combien nous devrions aimer la continence! profitons de l'occasion qui nous met à même de la pratiquer, et cherchons dans le veuvage cette pureté que nous n'avons pu atteindre dans le mariage; hàtons-nous de saisir l'heureux événement qui nous délivre des tristes devoirs que la nécessité nous imposait. On peut juger combien

les secondes noces sont nuisibles à la sainteté, en considérant la discipline de l'Église et les ordonnances des apôtres, qui n'admettent à l'épiscopat que les veufii d'une seule femme , et qui ne reçoivent à l'ordination que les veuves qui n'ont eu qu'un mari , parce qu'il faut que l'autel de Dieu soit toujours immaculé. Les gentils euxmêmes , poussés par la jalousie du démon , ont célébré la sainteté du veuvage. A Rome , il est défendu au roi des sacrifices, au souverain pontife , de se marier deux fois. Il faut que la continence soit bien agréable à Dieu , pour que son ennemi l'affocte par hypocrisie, non, il est vrai, dans un but louable , mais par malice , pour faire un mélange contre nature de ce qui platt à Dieu avec ce qui lui déplatt le plus.

VIII. H y a une parole que Dieu a prononcée par la bouche dun de ses prophètes, et qui montre combien il fait cas du veuvage; la voici: «Rendez justice à la veuve et à l'orphelin, et rivalisons ainsi ensemble,» dit le Seigneur. Dieu a donc pris sous sa protection spéciale ces deux états d'abandon qui sont d'autant plus chers à sa divine miséricorde , qu'ils sont plus méprisés par les hommes. Vous voyez qu'il regarde presque comme son égal celui qui prend soin de la veuve, tant il estime celle dont il se déclare le jaloux défenseur. Je pense même que les vierges sont moins favorisées, quoiqu'il leur soit donné de voir de près la face du Seigneur quand leur pureté est intacte et leur sainteté irréprochable. Gela vient de ce que l'état de veuve est le plus difficile, parce qu'il est aisé de ne pas désirer ce que Ton ignore et par conséquent de se passer de ce que l'on ne désire pas. La continence est donc plus méritoire quand elle a la conscience d'elle-même et quand elle sait ce dont elle se prive. La vierge est la plus heureuse, mais assurément la veuve a le plus de mérite. Cellelà n'a jamais quitté la bonne voie , celle-ci y est rentrée. La première est couronnée parla grâce; la dernière par la force et par la vertu ; car il y a des faveurs célestes qui nous viennent de la bonté de Dieu ; d'autres que nous méritons par nos propres efforts. Dieu dispense ses grâces suivant sa volonté; ce que l'homme en obtient par ses œuvres , il le doit à son zèle. Applique-toi donc â acquérir la continence, et la modestie qui est le soutien de la pudeur, et la frugalité qui te fera mépriser les besoins factices du monde. !!••

A SA FEMME

cherche le commerce de Dieu , et 8ouviens4oi de ce vers que Tapôtre a sanctifié en daignant le ciler. «Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs.»

IX. Les femmes paresseuses, bavardes, ivrognes, coquettes, sont de mauvaises compagnies qui ne peuvent que s^opposer à Vétat du veu^ vage. Les langues légères laissent échapper des paroles qui nuisent à la chasteté ; la paresse est Fennemi de la dignité ; la vanité conduit au dér^lement et Tivrognerie est la mère de tous les vices. Aucune femme de cette espèce ne recommandera jamais la monogamie, car, dit Tapôlre, elles se sont faita unDieude leur ventre, «et, à ce qu'il parait , de tout ce qui est le plus près du ventre. Voilà, ma chère compr.gne en Dieu, ce que j'avaisà te recommander; j'ai parlé d'abondance sous la dictée de Tapôtre. Si je viens à mourir, je souhaite que tu trouves une consolation dans la lecture de mes derniers conseils.

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