‹ Panthèon littéraire; choix de monuments primitifs de l'église française, avec notice littérairesChapitre 47 sur 102 · DE UDNITE DE L^EGLISE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

DE UDNITE DE L^EGLISE CATHOLIQUE

trouble la paix» détrait la charité , profane les aacremena?

Il y a longtemps , mes très^hers frères , que ce mal est éclos, mais maintenant il prend un nouvel accroissement et de nouvelles forces , parce que cela doit arriver ainsi sur la fin du monde, selon que le Saint-Esprit nous en avertit par Tapôlre : «Dans les damiers jours , dit-il 1, les temps seront fAcheux ; car il y aura des hommes amoureux d'eux-mêmes, superbes, glorieux, avares, blasphémateurs, désobéissans à leurs parens, ingrats, impies, dénaturés, sans foi, calomniateurs, intempérans, inhumains, ennemis des gens de bien, traîtres, insolens, altiers, aimant mieux leurs plaisirs que Dieu , pieux en apparence , mais qui ruineront Tesprit de piété. De ce nombre sont ceux qui s'introduisent dans les maisons, et qui traînent après eux des femmes chargées de péchés et possédées de diverses passions, qui apprennent toujours et ne parviennent jamais i la connaissance de la vérité. Et comme Jaunes et Mambrès résistèrent à Mo1se^ eux de même résistent à la vérité. Ce sont des hommes qui ont l'esprit corrompu et une foi dépravée. Mais ils ne feront pas grand progrès; car leur folie sera connue de tout le monde, comme le fut alors celle de ces magiciens. » Tout cela s'accomplit ai^onrd'hui, et nous éprouvons maintenant que les hommes et les temps sont tels qu'ils doivent être à la fin du monde. La rage de l'ennemi croissant tous les jours, les hommes sont plus aisés à surprendre; ils sont plus superbes, plus envieux, plus aveuglés de leurs passions, plus impies, plus arn^^ans, plus querelleurs , plus colères. Que néanmoins la perfidie des autres ne nous ébranle point; mais plutôt qu'elle fortifie notre foi , puisque c'est l'accomplissement des prophéties. Gomme quelques-uns commencent à être tels parce qu'il a été prédit ainsi; que les autres aussi se donnent de garde d'eux, puisque celaa été prédit de même , et que Notre-Seigneur a dit : «Prenez garde 1 vous, vous yoyes que je vous ai tout prédite» Ëvitez, je vous prie, ces sortes de personnes, et fuyez leur oitretien comme nae duise mortelle et contagieuse, suivant cette parole de l'Écriture : «Rempareifos orôl-

•E1kiM8j.^»£iode,7.-<S.llarCj4,3ft.

les d'épines , et n'écoutez joint une mécinnte langue ^ ; » et encore : < Les mauvais entreliens corrompent les bonnes mœurs ^.» Notre-Seigneur nous avertit de fuir ces sortes de personnes: «Ce sont des aveugles, dit-il, qui conduisent des aveugles. Or, si un aveugle en conduit un autre, ils tomberont tous deux dans la fosse^. B II faut fuir un homme qui est séparé de l'Église quel qu'il soit. Car «un homme comme cela est perverti; il commet un grand péché et se condamne lui-même i» Celui-là croit-il être avec Jésus-Christ, qui s'élève contre les prêtres de Jésus-Christ , qui se sépare du clergé et du peuple ? Il prend les armes contre l'Église; il combat la disposition de Dieu même. C'est un ennemi de l'autel et du sacrifice de Jésus-Christ. Cest un traître, un impie, un serviteur désobéissant, un fils dénaturé, un faux frère , qui, méprisant les évêqiuBS et abandonnant les prêtres de Dieu, ose élever un autre autel, faire une autre prière, profaner la vérité de la victime du Seigneur par des faux sacrifices. Mais il ue sait pas que quiconque va contre ce que Dieu a ordonné, reçoit le châtiment de son audace. C'est ainsi que Coré , Dathan et Abiron, qui voulurent usurper sur Moïse et sur Aaron le pouvoir de sacrifier, portèrent sur-le-champ la peine de cet attentat^; car la terre s'étant ouverte à leurs pieds les engloutit tout vivans. Et la colère de Dieu irrité ne^ tomba pas seulement sur les auteurs de la sédition, mais un feu sortant de l'autel en consuma deux cent cinquante autres qui avaient été complices de leur fureur et de leur témérité. Par où l'Écriture nous fait voir que c'est s'attaquer à Dieu même que de vouloir détruire ce qu'il a ordonné. C'est ainsi que le roi Ozias mettant la main sur l'encensoir, et voulant sacrifier de force contre la loi de Dieu sans avoir égard à la résistance du prêtre Azarias , fut frappé de lèpre sur le firont, qui est la partie du visage où sont marqués ceux qui reçoivent la grâce de Dieu^. Les enfans d'Aaron de même qui mirent un fèu étranger sur l'autel, tombèrent morts sur la place en la présence du Seigneur irrité 7. Or ceux-là les imitent qui, méprisant la tradition divine, courent après

• Eeelél., », M. - M. Cor., 15, 33. - « S. Malth. iS. « TIL, a » 11. - • Nombres, 16. - • Ptralip., ». ta

* Uvliique, 10.

SAINT CYPRIEff.

4u deetrf nés nonvcites et iBtrodoiMnt des tradkioDS kamaines. CTest eax que Notre-Sef gneur reprend dans soDÉvangHe quand il dU : «Vous rejetee les eommanderaens de Dieu pour éCa- Uir vos tradkioiis ^. > Ce crime -là est pire qui eelui de eeu qui sont tombés pendant la persécutioB ; et néanmoins ilssont ihisen pénitence, et ils tâchent d^apaiser la colère de Dieu par une pleine saiisfiiction. Geui-d demandent à rentrer dans TËglise, et ceux-là se révoltent contre râ^lfse. Geux-d se peuvent excuser sur la violence qa'on leur a Mte, et le crime de ceux-là est tout volontaire. Celui qui est tombé n*a feit tort qu'à lui-même, au lieu que celui qui a dit un schisme ou une hérésie en a surpris plusieurs en les entraînant avec lui. Ici il n'y va que de la perte d'une seule âme, et là plusieurs courent fortune de se perdre. L'un reconnaît an moins sa foute, la pleure, en a regret; et l'autre, fier dans son péché et s'y complaisant, sépare les enfiins de la mère , débaudie au pasteur ses brebis , et renverse les sacremens divins. Celui qui est tombé n'a péché qu'une seule fois, et l'autre pèche tous les jonrs. Enfin un apostat souffirant ensuite le martyre peut entrer dans le paradis ; au lieu qu'un sdiismatique qui est tué hors de l'Élise, ne peut avoir part aux récompenses de l'Église. El que personne, mes très-chers frères, ne •'étonne d'en voir parnu les confesseurs mêmes ^ui s'engagent dans le sdiisme ; car la confoséoB in nom de Jésos-Ghrist ne nous met pas èeonvert des embûches du diable, et ne nous assure pas contre tous les dangers auxquels flous sommes «posés pendant cette vie. Autrement les cenfcsseurs ne tomberaient jamais dans l'adultère et dans les autres crimes où nous en fioyons avec douleur tomber quelques-uns. Un confesseur, quel qu'il soit , n'est pas plus grand ni ptas vertueux que Salomon, ni plus chéri de Dieu. Cependant nous voyons qu'après avoir marché longtemps dans la voie du Seigneur, et obtenu de lui un infinité de grâces, il abandonna cette voie et perdit tontes les grâces quil «rak reçues. «Dieu, dît FÉcrîture, suscita Sa- 4uk centre Satomon^cfest pourquoi il est écrit: «Gardée bien ee que vous avez, afin que per- 9Va»p p^ preiwe yptre cçvroiwusi» C^pîeu

> tt lUvCina. « < m. Bais» II. - « Apoc^ &

ne dirait pas que la couronne de justice peot être Atée, et il ne ipenacerait pas de ce malheur, si ce n'était une suite nécessaire de perdre la couronne quand on a perdu la justice. Ia confession du nom de Jésus Christ est le commencement de la çloire, mais n'en est pas le couronnemei^t ; et puisqu'il est écrit «qu'il n'y aura de sauvé que celui qui persévérera jusqu'à la fin S » tout ce qui précède la fin est un degré pour arriver an salut , mais n'est pas le salut. Cest un confesseur; mais le danger est plus grand après la confession , parce que l'ennemi est pins irrité, ffest un confesseur; il se doit donc tenir plus attaché à l'Évangile; puisque c'est par l'Evangile que Notre-Seigneur lui a donné la gloire qnll possède ; car le Seigneur dit : «Celui à qui l'on donne beaucoup , on lui redemandera beaucoup 3, » et l'on exige plus de reconnaissance de celui qui reçoit plus d*honneur. Que personne ne se serve de l'exemple d'un confesseur pour se perdre ; que personne n'apprenne de lui à être injuste, insolent, perfide. C'est unconfesseur ; qu'il soit donc humble, doux et retenu , afin que celui qui porte le nom de confesseur de Jésus-Christ, imite Jésus- Christ qu'il confesse. Car puisqu'il dit : «Celui qui s'élève sera humilié, et celui qui s'humilie sera élevé';» et que lui-même n'a été élevé par son Père que parce qu'étant la parole , la vertu et la sagesse de Dieu le Père, il s'est humilié sur la terre ; puisqu'il nous a recommandé si expressément rtuimilité dans sa loi, et que son Père ne lui a donné un nom si excellent qu'en récompense de son humilité, comment ponrraitjl aimer Toigueil ^i^ Cest un confesseur de Jéans-CIvist ; mais c'est pourvu que dans la suite il ne domie point sujet de blasphémer la majesté de Jésus-Christ. Qu'une langue qui a confessé Jésus-Christ ne soit point médisante, ni quertUeuse, ni séditieuse ; et qu'après avoir proferé des paroles glorieuses à Dieu, elle ne lance piunt de venin contre ses frères et contre les prêtres de Dieu. Mab si, après avoir confessé J^sus-ClM^ist, un confesseur tombe en des ermes détiostdbles , s'il flétrit la gloire de sa wnhmim par le dérèglement de sa vie, s'a se fMMUe d'andmvet de corruption; en nn mot, ^l^^é$^nm r^Use otil aéléi

« Le nom de Jésus. Philippe, 2| 0.

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