SO SAINT
Pierre aussi sur qui Notre-Seigneur a eu ta bonté de fonder TÉglise, dit dans son Épître : «Jésus-Christ a souffert pour nous, vous laissant Teiemple afin que vous marchiez sur ses pas ; car il n'a point commis de péché , et jamais aucun mensonge n'est sorti de sa bouche. Lorsqu'on lui disait des injures, il ne les a point repoussées par d'autres injures, et quand on le maltraitait, il n'a point usé de menaces; mais il s'est livré lui-même entre les mains d'un méchant jiige î.« Aussi nous voyons que les patriarches et les» prophètes, et généralement tous lès justes de i'âncienne lot , qui étaient la figure de Jésus-Christ , n'ont point eu de vertu plus en recommandation que la patience. C'est ainsi qu'Abèl, le preEdier des martyrs, ne résista point â son hbrt parricide, mais se laissa égor* ger comme un doux agneau. C'est ainsi qu'Abraham, le père des fidèles, tenté sur le sujet de son fils, ne délibéra point, mais obéit à Dieu avec une soumission entière. Isaac de même, qui était la figure de Jésus-Christ victime, souffrit patiemment que son père l'immolât. Jacob, diassé par son frère, quitta doucement le pays, et témoigna encore davantage sa douleur lorsqu'étant de retour il l'apaisa par ses présens. Joseph, vendu par ses frères, non-seulement leur pardonna cette Injure, tuais leur donna même libéralement le blé dont ils avaient besoin. Moïse , méprisé et presque lapidé par un peuple ingrat et infidèle , ne laissa pas de prier Dieu pour eux. Mais quelle a été la patience de David de qui Jésus-Christ a pris naissance selon la chair ! combien grande, admirable et chrétienne, d'avoir eu si souvent en son pouvoir Saûl qui le persécutait et le voulait faire mourir, et néanmoins de l'avoir épargné; et non-seulement de ne s*êtrê point vengé de son ennemi » mai» d'avoir même vengé sa mort ! Enfin, tant de prophètes inH et tant de martyrs massacrés ont-ite acquk des couronnes autrement que p^t la patience? Car les douleurs et la mort ne sbnt couronnées que parce qu'on a eu la patience de lèâ endurer. Mais, pour connaître encore mieux , mes très-chers ft-êres , l'utilité et la nécessité de cette vertu, considérons l'arrêt prononcé contre Adam dès le commencement du monde pour avoir désobéi à Dieu et violé
•Fierre,2.21.
CYPRIEN
son commandement ; car cela nous appn^ndfa combien nous devons avoir de patience ici-bas, puisque nous ne naissons que pour y être af> âigés et tourmentés : «Parce , dit-il , que vo» avez écouté votre femme et mangé du fruit que je vous avais défendu, la terre sera oiaudite pour vous; vous vous nourrirez avec travail pendant tout le cours de votre vie de ce qu'elle vous donnera; elle vous produira des ronces et des épines, et vous mangerez l'herbe des champs. Vous mangerez votre pain à la sueur de voire visage , jusqu'à ce que vous retourniez en la terre d'où vous avez été pris; car vous êtes terre, et vous retournerez en terre i.» Cet arrêt est pour tous lès hommeâ et nous lie tous , (ant que nous sommes ici-bas. Il faut de nécessité que nous passions tous les jours de notre vie en douleur et en tristesse. Il faut que nous mangions notre pain avec peine et avec travail. De là vient que chacun de nous fait son entrée en ce monde par les larmes; et quoique dans un âge si tendre nous soyions encore îgnorans dé toutes choses, nous savons bien pourtant qu'il faut pleurer. Notre âme, par une prévoyance naturelle, déplore les misères qu'elle doit souffrir eu cette vie mortelle , et témoigne déjà par ses cris et ses gémissemens à quelle tempête elle sera exposée; car tant que nous sommes ici-bas, nous suons et pénons 'beaucoup, et le plus grand soulagement de nos travaux c'est la patience. Mais si elle est néces satre en ce monde à tous les hommes, elle nom l'est bien davantage à nous qui avons à soutenir les plus violens assauts du diable , qui avons à combattre tous les jours un vieux et experfmenté ennemi , qui, outre les différentes tenta* tioni dont II nous attaque , sommes encort obligés pendant la persécution d'abandonner nos biens, de souffrir les rigueurs de la prison et la pesanteur des chaînes, d*endarer te épées, les bêtes, les feux, lès croix, et enflft toute sorte de tourmens; c'est aussi de quoi Notre-Seigneur nous avertit par ces (karolcs ; <c Je vous ai dit ceci afin que vous trouviez votir paii en moi. Vous aurez desafflictions au noonde; mais prenez courage , j'ai vaincu le monde ^. i Si donc ayant renoncé m diable et au inonde nous en sommes davaotp^ persécutée, ^n^-
« Gcnèw., 5, ly. — ■ Jean., 16, 38.
DE L\ PATliîNCE.
bien nous devons -nous armef de patience , puisque avec elle il n'y a point de maux qui ne nous soient supportables PCTe^t un avis salutaire de Notre-Seigneur et de notre maître : «Celuilà sera sauvé qui persévérera jusqu'à la fin^;» et encore : «Si vous gardez mes paroles , votls serez véritablement mes disciple; vous oonnaîtrez la vérité, fct la vérité vous délivrera*.» Il feiut souffrir et persévérer, mes très-chers frères , afin de pouvoir parvenir à la vérité et I ta liberté : car nous ne sommes chrétiens que par la foi et par Tespérance ; or tl est besoin de patience pour recueillir les fruits de notre espérance et de notre fbi ^ parce que c'est à la gloire du ciel et non à celle d'ici-bas que nous aspirons, a Nous sommes sauvés par Pespérancé, dit rapôtre saint Paul ; mais quand on voit ce qu'on avait espéré, ce .n'est plus espérance , puisque personne n'espëré voir ce qu'il voit déjà. Que si nous espérons ce que nous ne voyons pas encore , c'est par la patience que nous Tattendons ^.D La patience est donc nécessaire pour arriver à la perfection de notre état , et recevoir de la bonté de Dieu les biens que nous avons crus et espérés. Aussi le même apôtre avertit eu un autre endroit les gens de bien qui font de bonnes couvres et s'amassent des trésors dans le ciel , d'être patiens , lorsqu'il dit : «Pendant que nous en avons le temps, feisons du bien à tous, mais surtout à ceux qui sont dans la maison de la foi ^ ; et ne nous lassons point d^en faire, car nous en recueillerons le fruit en son temps ^» Il nous avertit de ne nous point lasser de bien faire par impatience , de peur que, détournés ou vaincus par les tentations, nous ne nous arrêtions au milieu de la carrière 9 et que ce que nous avons commencé ne soit perdu faute de l'achever, suivant cette parole de l'Ecriture : « La justice du juste ne lui «enrira de rien du jour qu'il s'égarera «: » et ailleurs; t Gardez bien ce que vous avez, de peur qu'un autre ne prenne votre couronne ?; » qui est une exhortation pour nous à persévérer constamment et généreusement , afin de ne pas perdre la couronne que nous sommes tout près de remporter. Mais, mes très-chers frères, la patience ne conserve pas seulement les biens
« Galates^ 6, 10. — » Ibid., 2, a « Caéèb., 55. 11- » Apoc. 3, IL
que nous avons acquis , lAais nous défend encore contre les maux ; car celui qui suit lés mouvemens du Saint-Esprit et qui soUpire après les choses célestes, résiste par $a vertu aux œuvres de la chair qui font la guerre à l'âme. Parcourons quelques-uns de Ces viceé , cela suffira pour nous faire comprendre les aiiktres. L'adultère, la fraudé , Thomldde éont dès crimes mortels. Que la patience soit enracinée fortement en notre cœur, un corps qui M je temple de Dieu ne sè souillera point par l'adiÂtère; une âme innocente et dévouée à la jtistice ne sera point t^apable de firaude; et une main qui a eu l'honneur de porter ^eucharistie tie sera point trempée dans te sang. La charité e&t le lien qui unit les fidèles ensemble , le fondement de la paix, le ciment de l'unité , qui eàt plus grande que l'espérance et que la fol , qui surpasse toutes les bonnes œuvres èt.le HiaTtyre même, et qui demeurera toujours avec nmjs dans le ciel. Cependant ôtez-lui ta patience , et vous la verrez tomber (mr teite. Otèz-lui it fondement Sur lequel elle s^appuiè , et elle demeurera sans force et sans vigueur. Aussi lorsque l'apôtre parle de ta charité, il y Joint ia patience. «La charité, dit-il, est généreuse, la charité est douce , point jalouse , point orgueilleuse, point colère ni méfiante; elle aime tout, elle croit tout , elle espère tout , elle sduffre tout 1. » Par là 11 montre que la charité ne subsiste que parce qu'elle supporte toutes choses; et en un autre endroit : «Supportezvous, dit-il, l'un l'autre avec Charité , et travaillez à conserver l'union de l'esprit par le lieti de la paix ^.^ Ce qui fiiit voir que l'union et là paix ne peut être conservée parmi les chrétiens, s'ils nesesupporlèht réciproquement l'un l'autre, et si la patience nMnterviènt comme le lien dé la concorde. D'ailleurs, comment pourrez-vous Hk point jurer, ne point dire d'injures, ne point redemander ce qii'on vous emporte, tendre l'autre joue à celui qui vous à donné un soufBet. he pas seulement pardonner septante fois sepi fois à votre frère lorsqu'il vous à offensé, mais toutes les fois quil vous offense , aimer vos ennemis, et prier pourvus persécuteurs, si vous n'avez une patience à TëpreuveP Saint Etienne en avait une semblable, lorsque, lapidé cruelle^
«I.Cor.,i3,4.-«Ê|>lièie.4,l
SAINT CYPRIEN
ment par les Jiiils, il ne demanda pas veoffeance pour soi , mais pardon pour ses ennemis , et dit : « Seigneur, ne leur imputez point ce péché < . » Tel devait être le premier martyr de Jésus- Christ, qui devançant par une mort glorieuse les autres martyrs , ne leur a pas seulement appris à imiter les souffrances de leur maître , mais aussi sa patience et sa douceur. Que diraije de la colère, de la discorde, des inimitiés, de quoi un chrétien doit être exempt? Que la patience soit dans son cœur, toutes ces passions n'y auront point place ; ou si elles font effort pour y entrer, elles en sortiront bientôt comme d'une demeure où le Dieu de la paix prend plaisir à habiter. G*est pourquoi Tapôtre nous donne cette instruction : «Prenez garde de ne point contrister l'Esprit-Saint de Dieu par lequel vous avez été marqué pour le jour de la rédemption. Que toute aigreur, tout emportement, toute colère, toute crierie , tout murmure soit banni de parmi vous; car si un chrétien a commencé dé sortir de ces passions furieuses et turbulentes comme d'une mer orageuse, et est arrivé au port tranquille de Jésus-Christ, il doit absolument exclure de son cœur la colère et la discorde, puisqu'il ne lui est pas permis de rendre le mal pour le mal^.sLa patience est encore extrêmement nécessaire pour supporter les diverses et fâcheuses maladies qui nous aflSigent tous les jours; car le péché du premier homme nous ayant fait perdre la vigueur avec Timmortalité, nous avons sans cesse à combattre contre la faiblesse de notre corps, et nous ne saurions soutenir ce combat que par la patience. De plus. Dieu pour nous éprouver pefmet que plusieurs disgrâces nous arrivent, comme des pertes de biens ou d'amis, des fièvres , des plaies douloureuses. Or en tous ces accidens, ce qui met de la différence entre les méchans et les gens de bien, c'est que ceux-là sa plaignent, blasphèment , et s'impatientent , au lieu que les autres les regardent comme une épreuve , suivant cette parole de l'Ecriture : «Soyez constant dans la douleur, et souffrez patiemment d'être humilié ; car For et l'argent sont éprouvés dans le feu ^.d C'est ainsi que Job fut éprouvé , et que sa patience réleva au comble de la gloire. Combien le diable lança-t-il de flèches contre lui ! Combien
«. Aet, 7, et). - • KiOièie, 4 , 30. - • Ecclésiait., 3, 4.
employa-t-il de machines pour le renverser I li lui 6te ses biens et ses enfans, et le franie d'une plaie infecte et maligne qui lui couvre tout le corps; et pour ne rien oublier qui lui pût faire de la peine, il arme sa femme contre lui , se servant en cela de ses anciennes ruses et de l'artifice dont il usa dès le commencement du monde. Mais Job ne se laissa point abattre par tant de malheurs, et au milieu de toutes ces afflictions sa patience victorieuse ne laissa pas de bénir Dieu. Tobie de même, après tant d'oeuvres éclatantes de miséricoBde, ayant perdu la vue, souffrit cette perte si patiemment qu'il mérita que Dieu lui Ât des grâces extraordinaires.
Mais pour voir encore mieux , mes trèsrchers frère$, les avantages delà patience, considérons-la, s'il vous platt, par opposition avec son contraire : car comme la patience est une grâce de Jésus-Christ, l'impatience est un vice du diable; et comme celui en qui Jésus-Christ demeure est patient, celui au contraire, dont Tesprit est possédé de la malice du diable, est toujours impatient. Reprenons les choses dès le commencement. Le diable portant impatiemment de voir l'homme créé à l'image de Dieu, se perdit par là le premier, et perdit l'homme ensuite. Adam, impatient de manger du fîruit de vie contre la défense de Dieu , tomba dans la mort , et fut privé de la grâce qu'il avait reçue. Caln ne tua son frère que parce qu'il oe pot souffrir que Dieu regardât favorablement ses sacrifices. Ësaû perdit son droit d'atnesse pour n'avoir pu endurer la faim. N'est-ce pas Hmpatience qui a été cause que le peuple juif ingrat des faveurs du ciel se retira premièrement de Dieu, lorsque, ne pouvant souffrir que Moïse qui parlait avec lui tardât tant â revenir, il osa demander des dieux profanes et appeler un veau d'or son guide et son conducteur ? Et ce fut encore cette même impatience et rébdiioo contre Dieu qui le porta à tuer ses prophètes, et à attacher son Seigneur â une croix. Ccst l'impatience qui fait aussi les hérétiques dam l'Ëglise, et qui les pousse, à l'exemple des Juifs», â violer la paix et la charité de Jésus-Christ , et i commettre des actes de fureur et d'hostiliic. Et parce qu'il serait trop long de parcourir toutes choses en particulier, il suffira de dire que généralement tout ce que la patienee édifie, l'impatience le détruit. C'est pourquoi,
DE LA PATIENCE-
rrts-chers frères , conservons avec grand soin la patience qui nous fait demeurer en Jésus- Christ , afin que nous puissions arriver avec lui à Dieu. Cette divine vertu n'est pas resserrée dans des bornes étroites , elle s'étend bien loin , et est comme un grand fleuve qui arrose beaucoup de pays et se répand en plusieurs canaux. Aussi . peut-on dire très-véritablement que toutes nos bonnes ceuvres sont comme défectueuses sans elle, et que c'est elle qui les achève et les consomme. C'est la patience qui nous rend dignes de jouir de Dieu , qui calme la colère, qui arrête la langue , qui gouverne l'esprit, qui conserve la paix, qui entretient la discipline, qui rompt l'impétuosité des passions déshonnètes, réprime les emportemens de l'orgueil, éteint le fieu des divisions, retient la puissance des riches dans les bornes légitimes, et console l'indigence des pauvres. Elle conserve la bienheureuse intégrité des vierges , la chasteté bborieuse des veuves, l'union sainte et indissoluble des personnes mariées. Elle &it qu'on est humble dans la prospérité, constant dans l'adversité , peu soisible aux iqjures et aux affronts. Elle nous apprend à pardonner bientôt à ceux qui nous offensent , et à demander longtemps pardon à ceux que nous offensons. Elle suimonte les tentations, souffire les persécutions, amsomme les souffrances. C'est elle qui établit solidement les fbndemens de notre foi , qui élève bien haut l'édifice de notre espérance, qui nous fait marcher sur les traces de Jésus-Christ et garder inviolaUement la qualité des enfieins de Dieu. Mais parce que je sais , mes très-chers frères, qu'il y en a plusieurs qui , irrités de l'atrocité des injures qu'ils ont reçues, seraient bien aises d'en être promptement vengés sans attendre jusqu'au jour du jugement; nous les exhortons à embrasser avec nous la patience, et parmi les tempêtes de ce monde oA nous sommes exposés aux insultes des Jui£i, des païens et des hérétiques, d'attendre en repos le jour de la vengeance et de ne se point hâter mal à ftapoè de la prendre eux-mêmes. Car il est écrit : «Attendez-moi, dit le Seigneur, jusqu'au jour de ma résurrection glorieuse; car j'ai résolu d'assembler les peuples et les rois, et de dédiarger ma colère sur eux K a Et dans l'Apo-
calypse : «Ne scellez point les paroles de prophétie que contient ce livre; car le temps approche que ceux qui font du mal aux autres leur &i feront encore davantage, que ceux qui sont souillés d'impureté le seront encore plus, que celui qui est juste deviendra plus juste, et f que le saint acquerra une plus grande sainteté, f Je m'en vais venir bientôt, et j'ai ma récom- 1 pense avec moi pour rendre à chacun selon ses ceuvres t. » Cest pour cela qu'on commande aux martyrs , qui crient et demandent qu'on les venge bientôt d'attendre encore, et d'avoir patience jusqu'à ce que le temps soit venu et le nombre des martyrs accompli, c Gomme l'ange, dit l'apôtre, entouvert le cinquième sceau, je vis sous l'autel de Dieu lésâmes de ceux qui avaient été tués pour sa parole et pour la confession de son nom. Et ils se mirent à crier à haute voix : Seigneur, qui êtes saint et véritable, jusqu'à quand différerez- vous à nous faire justice, et à venger notre sang sur ceux qui habitent sur la terre P Alors on leur donna à chacun une robe blanche, et on leur dit de se tenir en repos encore un peu de temps, jusqu'à ce que le nombre des serviteurs de Dieu leurs frères qui devaient souffrir la mort comme eux fût accompli^. cOr quand Dieu fera la vei^peance du sang innocent, le Saint-Esprit le déclare par le prophète Malachie, lorsqu'il dit : «Voici le jour du Seigneur qui vient allumé comme une ibumaise ardente , et tous les étrangers et les méchans seront comme de la paille qu'il consumera, dit le Seigneur'.» Nous lisons la même chose dans les psaumes, où Dieu nous est réprésenté venant juger le mcmde avec éclat et mqesté : « Dieu , dit le prophète, viendra visiblement; notre Dieu ne demeurera plus dans le silence : le feu brAlera tout devant sa fece, et Ton entendra autour de lui une effroyable tempête : il appdlera devant lui le ciel et la terre pour faire la séparation de son peuple. Assemblô-lui tous ses saints, tous ceux qui gardent son alliance et ses sacrifices: et les deux publieront sa justice, et que c'est. lui qui est le véritable juge^.sEt le prophète Isale : « Le Seigneur viendra comme un feu, et son char sera comme un tourbillon de vent, afin d'exercer ses vengeances : car ils seront jugés par le feu et frappés de l'épée \ •
« Apoc., 22, 10. — * /iw'., •» 9. - • Malaeb., 4, 3. « taume 49, a - > luie, 66, 15.
SAINT CYPRIEN
Et encore : < Le Seigneur et le Dieu des batailles .$*ftYailceni et terminera ta gulHrrt. U eommcnôeni le i(boc,et criera d*tine Yoii puisnnte à les ennemis : Je me sais til îusqu'id; mais me tairaî-jç toi^ours ^ P» Qui est celui qui dit qu'il s*6it ttt) et qu'il ne se turt pas tonjourt ? C'est celui qui â M men< oomme une brefab i la boacherieS et qui n'a point ouvert la bouche non plus qu'un agneau qui demeure muet devant celui qui le tond; c'est celui qui n'a point crié^ et dont la voix n'a point été entendue dans les places publiques; qui n'a point résisté lorsqu'on le flagellait et le souffletait ^ ni tourné la tète lorsqu'on lui crachait au visage^. Enfin c'est celui qui ne répondit rien aux accusations des prêtres et des anciens, jusqu'à étonner Pilate par scm silence. Cest lui qui s'étant tu an temps de sa passion, ne se taira pas au tempe de la vengeance. Cesl lui qui est notre Dieu, c'est-à-dire le Dieu de ceux qui croient, et non le Dieu de tous, qui lorsqu'il paraîtra publique^ ment ne gardera plus le silence, mais se fera autant connaître par sa puissance qn'il était auparavant demeuré inconnu par son humilité. Attendons-le, mes très-diers firères, lui qui doit être notre juge, et qui vengera avee lui son peuple et tous les justes depuis le commence^
ment du monde. Que celui qui court à laveD* geance considère que celui qui vengen la autres n'at pas encore vengé lui-même. Diei le Père a commandé qu'on adorât son Fus; et rapôtre dit dins la vue de ce commandement : «Dieu l\ élevé et lui a donné un non qri est au-dessus de tous les noms, afin qu'il nom de Jésus tous flédiissent le geoou ladd, sur la terreet dans les enfers ^» Et daos FÂpo» oalypse l'ange empêdie saint Jean qui le voulait adorer, et lui dit : t Qardez-vous-ea biea : cv je suis serviteur aussi bien que vous, et l'ya de vos firères; adorez le Seigneur Jésus^.t Qoelfe est donc la patience du Seigneur Jésus, que loi qu'on adore dans le cid ne soit pas encore vengé sur la terreP Pensons k sa patience, mes trës-chers frères ^ lorsque nous sommes èiss les persécutions et dans les soafFrsneu. Rendons un bommage entier à son avènement, et que des serviteurs ne loiettt pas si harpis que de se vouloir venger avaot leur maître. Travaillons plutôt è consmr une patience invincible, afin que lorsqoe le jour de la colère et de la vengeance Tieodn, nous ne soyons pas punis avec les pédiears, mais glorifiés avec ceux qui cnigneiit Dieu.
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