‹ Panthèon littéraire; choix de monuments primitifs de l'église française, avec notice littérairesChapitre 59 sur 102 · A FORTUNAT · texte numérisé non relu

A FORTUNAT

FBÈFACTE.

Vous avez désiré de moi , mon cher Fortunat , que comme nous sœnmes menacés d'une grande persécution, et que le temps de l'Antedurist approche , je tirasMo des saintes Ëcritnres quelques exhortations puissantes pour fortifier fesprit de nos frères et animer an combat les aoldata de Jésûs*Ghrist : j*obéis à votre, désir, et le f^ doutant plus volontiers que je trouve la chpie extrêmement juste et n^eesaaire. Ainsi je vous envoie des aives pour nos frères qui doivent ooBibattre, prisée des livres saints oomoie d'un arsenal divin. Car c'est peu d'avoir excité le peuple de Dieu par nos discours oomme pâf ne trevipette apirituèlie, si noua n'employons encore les p^uroles saciéos de l^Écriture pour affermir leur foi et leur courage. En effet •

qu'y a-t-il de ph» important pour nous et de plus digne de nos soins que de préparer par de continuelles exhortations le peuple que Dieu nous a oommis et l'armée qui est dans le camp céleste à soutenir vaillamment les assauts du diable? Car un soldat ne saurait être propre pour la guerre s'il n'« été auparavant exercé et aguerri; comme un athlète ne peut remporter le prix dans la carrière qu'il n'ait foit épreuve de ses forces. Gelui à qui nous avons à foire est un vieux et expérimenté ennemi. U y a déjà près de six mille ans qu'il ftit la guerre à lliomme. U a appris dans un si long espace de temps toutes les ruses et les artifices dont il se doit servir pour l'attaquer. S'il trouve quelque soldat de Jésns-Ghriat qui ne soit pas prêt , ou qui soit

*Prov.,ie,ift

SAINT CYPRIEN

apprenti dans son métier, bu qui ne se tienne pas assez sur ses gardes, il ne manque pas de le surprendre et de le faire tomber dans le piège. Mais lorsquMl a à faire à quelqu^un qu observe les préceptes de Notre-Seigneur et qui marche invariablement dans la voie qu*il nous a tracée, il faut de nécessité qu'il soit vaincu , parce que Jésus-Christ que nous confessons est invincible. Mais afin d'être plus court et de ne point fatiguer le lecteur par un discours trop étendu, j'ai proposé par titres les sqjets dont je voulais parler , et les ai appuyés ensuite par rautorité de TÉcriture ; en sorte que ce que je TOUS envoie n'est pas tant un traité , que la matière pour en faire un. Ce qui sera plus utile de cette façon qu'autrement; car si je vous en^ voyais une robe toute faite , peut-être qu'elle ne serait pas propre à tout le monde ; au lieu que maintenant je vous envoie de la laine et de la pourpre de Tagneau qui nous a rachetés et vivifiés, et vous vous en ferez une à votre volonté, et que vous aimerez d'autant mieux qu'elle sera pour vous. Je vous supplie aussi d'en faire part à nos autres frères , afin qu'ils s'en puissent servir à couvrir leur ancienne nudité, et que nous portions tous les habillemens de Jésus-Christ, c*est-à-dire que nous soyons tous remplis de sa sainte grAce. f ai encore considéré en cela, mon très-cher frère, que lorsqu'il est question d'exhortations aussi nécessaires que celle-ci , et qui vont à faire des martyrs, il est bon de retrancher tous les longs circuits des discours humains, pour ne proposer que les seules paroles dont Jésus- Christ lui-même s'est servi pour encourager ses serviteurs à la mort. Ces préceptes divins sont comme des armes promptes et aisées qu'on ne met entre les mains des combattans. Qu'ils les considèrent donc comme les trompettes et les clairons de l'armée de Dieu. Qu'ils s'en servent pour s'animer et se préparer le corps et l'esprit aux souf¥rances. Et pour nous qui par la permission de Dieu avons donné aux fidèles le premier baptême , tâchons de les disposer à en recevoir un second qui est encore bien plus grand, bien plus puissant et bien plus illustre que l'autre ; car c'est le baptême que confèrent les anges que Dieu et Jésus-Christ voient avec joie, après lequel on ne pèche plus, qui consomme notre foi , et qui nous unit à Dieu au

sortir de ce monde. Au baptême d*eau Ton reçoit le pardon de ses pédiés, et au baptême de sang la couronne des vertus. Enfin c'est une chose qui mérite bien de faire le sujet de tons nos voeux et de toutes nos prières , puisque par là, de serviteurs de Dieu que nous étions, imkvi devenons ses amis.

Pour exhorter nos frères à confesser génf reusement le nom de Jésus-Christ, et les armer contre la persécution ; il faut montrer :

I. Que les idoles que se fbnt les hommes ne sont point des dieux. En effet, l'ouvrage n'est pas plus grand que l'ouvrier; et elles ne peu-» vent secourir personne , puisqu'elles ont hcÊom elles-mêmes du secours des bommes pour les empêcher de périr. Il ne faut point non plus adorer les élémens, puisque selon l'ordre établi de Dieu ils doivent servir à l'homme.

Après avoir détruit le culte des idoles et des élémens, il faut montrer :

n. Qu'on ne doit adorer que Dieu seul.

III. Puis les chAtimens dont il menace ceux qui sacrifient aux idoles.

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