LIVRE IV
M Là TRAIE SAGESSE ET DE lA VRAIE RELIGION.
1. Quand je considère, empereur Constantin, l'état des premiers temps , et que je vois que la folie d'un siècle a répandu de si épaisses ténèbres i^orTesprit des hommes qui ont vécu dans lessiè-
cles suivans, qu^ils se sont oubliés enx-mèaies jus* qu'à chercher sur la terre l'objet de leur culte et de leur bonheur, au lieu de le chercher dans le ciel, je n'en conçois pas moins d'indignation que d'étonnement : ce monstrueux dérèglement a changé leur félicité en disgrâce, lorsque abandonnant Dieu, l'auteur de toutes les créatures, ils ont commencé à adorer les ouvrages de leurs mains. En se détournant du souverain bien, sous prétexte qu'il ne peut être vu, touché ni compris, et en s'éloignant de la pratique des vertus par lesquelles ils le pouvaient posséder, ils ont recherché des dieux corruptibles et fragiles, et, n'ayant soin que des choses qui peuvent servir à parer, à nourrir et à réjouir le corps, ils sont tombés dans une mort éternelle. Leur superstition a été accompagnée d'injustice et dimpiété; car ayant tourné leur esprit aussi bien que leur visage vers la terre au lieu de les tourner vers le ciel, ils se sont attachés à des religions et à des biens qui n'ont rien que de terrestre. Cest de là que sont venues les querelle^ et les guerres, la mauvaise foi, et tous les crimes que la mauvaise foi traîne après elle. Les hommes ont méprisé les biens étemels et incorruptibles, pour jouir des biens temporels et périssables, et ont préféré le mal présent au bien à venir. Voilà coameqt, après avoir joui de la lumière, ils ont été enveloppés de ténèbres, et ce qui est plus étonnant, voilà comment ils ont commencé à se faire appeler sages aussitôt qu'ils ont perdu lasagesse.Porsoniie ne s'attribuait ce nom au temps auquel tout le monde le méritait. Plût à Dieu que, maintenant qu'il est si rare, au lieu qu*autrefbis il était si commun , ceux qui le prennent sussent ce qtn! signifie ! ils pourraient peut-être, par leor esprit, par leur autorité et par leurs conseils, retirer le peuple des erreurs et des vices oà il est engagé. Mais ils sont tous fort éloignés de la sagesse, et la vanité avec laquelle ils en prennent le nom ne montre que trop qu*ils n'en ont pas l'effet. Avant néanmoins que la philosophie commune dont on parle tant fût inventée, no dit qu'il y a eu sept hommes qui, pour avoir recherché les premiers les secrets de la nature, ont mérité d'être appelés sages. Oh ! le malheureux siècle où il ne s'est trouvé que sept liommes ! car nul n'est homme s'il n'est sage. Si ton!; les autres ont été fous, ces sept-là n*ont pas été sages, parce que pour l'être en effet, il ne le faut
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pas être selon le jugement des fous. Tant s'en fiiut qu'ib aient été sages, que, dans les siècles suivans, où les sciences ont fait de notables progrès et où elles ont été cultivées par d'excel* lens esprits, la vérité n'a pu être découverte! Depuis le temps de ces sept sages, les Grecs ont brûlé d*nn désir incroyable d'apprendre, et au lieu néanmoins de s'attribuer le nom superbe de sages,ils se sont contentés de celui d'amateurs de la sagesse. Ainsi ils ont couronné la folie et l'orgueil des autres, et ont reconnu en même temps leur propre ignorance; car toutes les fois qu'ils ont trouvé de l'obscurité dans les questions qu'ils traitaient, et qu'ils ont vu que la nature se couvrait comme d'un voile pour les empêcher de pénétrer ses secrets, ils ont avoué franchement qu'ils ne voyaient rien ; en quoi ils ont sans doate été plus sages, en reconnaissant leur peu de lumières et de suffisance, que ceux qui se sont persuadés eux-mêmes de l'être.
n. Si les premiers qui ont pris le nom de sages ne l'ont pasété en effet, etsi lesseconds qui n'ont point feit difficulté d'avouer qu'ils ne l'étaient pas,ne l'étaient pas en effet, il s'ensuit nécessairement qu'il dut chercher ailleurs la sagesse. D'où vient que tant d'excellens esprits qui l'ont cherchée avec tant de soin, durant tant de siècles , ne Pont put trouver, si ce n'est qu'ils l'ont cherchée hors des limites où elle se renferme? Us ont fait divers voyages pour découvrir le pays où elle s'était retirée ; elle est cependant quelque part , et H est évident que Dieu , par un ordre incompréhensible, a caché ce trésor sous l'apparence de la folie. Je me suis souvent étonné de ce que Pythagore et Platon, qui sont allés jusqu'en Egypte et en Perse pour apprendre les cérémonies et les mystères de la religion de ces payslà, sous lesquels ils se doutaient que la sagesse était cachée , ne sont pas allés dans la Judée qui était plus proche d'eux et où ils pouvaient uniquement trouver la sagesse. Je me persuade qu'ils en furent détournés par la divine providence , de peur qu'ils ne connussent la vérité , parce que la justice de Dieu et la véritable religiondevaient enoorealors être cachéesaux étrangers. Dieu avait résolu d'envoyer dans les derniers temps un grand maître, qui ôtàt la véritéâ la aation ingrate et perfide des Juifs pour la révéler aux aux autres. C'est ce que je me propose de Aire voir dans ce Hvre-ci , après néanmoins que
j'aurai montré la liaison directe qu'il y a entre la religion et la sagesse.
m. Le culte des dieux n'est nullement contocme à la sagesse , comme je l'ai fait voir dans le premier livre, non-seulement parce qu'il abaisse au-dessous des créatures les plus terrestres l'homme, qui est descendu du ciel, mais aussi parce qu'il ne contient aucunes maximes qui servent à la réforme des mœurs et à la conduite de la vie; et qu'au lieu de se rapporter à la connaissance de la vérité , il ne se termine qu'i un ministère purement extérieur. II n'appartient point à la véritable religion, parce qu'il ne donne aucun précepte de vertu et de justice, et ne nous rend point meilleurs. La philosophie ne nous conduisant pas à la religion, n'a garde de contenir la sagesse. Dieu, qui gouverne le monde et qui comble continuellement les hommes de ses bienfaits, veut qu'ils lui en rendent des actions de grâces: aussi n'y a-t-il ni piété, ni sagesse sans reconnaissance. La philosophie et la religion sont séparées parmi les païens ; ceux qui font profession de s'adonner i Pétude de la sagesse ne s'ingèrent point du service des dieux, et ceux qui sont employés au ministère des temples n'entreprennent point d'enseigner la sagesse. Il paraît par là qn'ils n'cmt point de vraie sagesse ni de vraie religion. Voilà pourquoi leur philosophie n'a pu comprendre la vérité, et pourquoi leur religion n'a pu rendre raison de son culte, parce qu'il n'en a en effet aucune. Quand la sagesse et la religion sont unies, elles sont toutes deux véritables. Notre religion doit êtreéclairée; parce que nous sommes obligés de connaître ce que nous adorons ; mais notre connaissance doit aussi être agissante,c'est-à-dire qu'elle nous doit faire pratiquer le bien que nous connaissons. Mais où est-ce que la sagesse et la religion sont unies, si ce n'est où l'on n'adore qu'un Dieu, et où les prêtres qui lui offrent des sacrifices enseignent la sagesse ?
Que personne ne doute de la vérité de ce que je dis, sous prétexte qu'il se peut ftiire, et qu'il est même peut-être arrivé , que les philosophes ont été prêtres des dieux. Alors la philosophie a été oisive durant l'exercice de la religion , et la religion est demeurée muette pendant que la philosophie a parlé. Cette rdigion-là est en efi^t muette, non-seulement parce que les idoles qu'elle révère le sont, mais aussi parce que tout
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son exercice consiste dans les mains et non dans b iaD(fue ni dans le cosur comme celui de la nôtre. La sagesse est parmi nous dans la religion, et la religion dans la sagesse : elles ne se séparent point. Être sage n'est autre chose que de rendre à Dieu le culte qui lui est dû. Pour ce qui est du culte de plusieurs dieux, il est contraire â la nature, comme il est aisé de le prouver par cet argument. Dans les prières que rtiopanie fait à Dieu, il l'appelle père, et il en doit user ainsi non-seulement par honneur, mais par raison, parce que Dieu est supérieur à Thomme, et qu'il lui donne la vie et les alimens qui la conservent. C'est donc pour cela que Jupiter, Saturne, Janus, Bacchuset les autres, sont appelés pères par ceux qni les prient, ce dont Lucile se moque dans rassemblée des dieux , comme d'une extravagance qui rendrait les dieux les pères communs de tous les hommes et tous les hommes les enfiins communs de tous les dieux. Que s'il est contre la naturequ'un homme ait plusieurs pères, il est contre la nature et contre la piété qu'il adore plusieurs dieux ; il ne doit adorer que celui qu'il peut appeler véritablement son père et son seigneur. Dieu est père parce qu'il répand sur nous les biens en abondance; il est seigneur parce qu'il a un pouvoir absolu de nous châtier. Tout père est seigneur par le droit civil ; il ne pourrait élever ses enfans s'il n'avait sur eux un pouvoir absolu. Cest pour cela qu*on appelle père de famille ceux mêmes qui n'ont point d'enfans. Le nom de père s'étend jusqu'aux esclaves, et le nom de famille s'étend jusqu'aux enfans. Le même homme est le père de ses esclaves et le seigneur de ses enfans; 0 affranchit son fils de sa puissance aussi bien que ses esclaves, et un esclave affranchi prend le nom de son patron, de la même manière qu'un fils prend le nom de son père. On l'appelle père de famille pour marquer le double pouvoir qu'il a entre les mains, et pour l'avertir d'user quelquefois de rindulgence d'un père, et quelquefois aussi de la rigueur d'un maître. L'esclave est comme le fils de son maître, et le maître est comme le père de son esclave. Gomme par l'ordre de la nature on ne peut avoir qu'un père, on ne peut aussi avoir qu'un maître. Que ferait un serviteur qui aurait plusieurs maîtres, desquels il recevrait en même temps des commandemens différens? Le cuite de plusieurs dieux est donc également
contraire i la raison et à la nature, puisque k$ dieux doivent être appelés et nos pères et nos seigneurs, et qu'il est impossible que nous en ayons plusieurs. L'homme ne peut arriver à la connaissance de la vérité, quand il a l'esprit partagé et qu'il obéit à plusieurs pères et à plusieurs maîtres. Une religion qui n'a point de demeure stable et certaine ne peut subsister. Le culte qui nous soumet à plusieurs dieux ne peut être véritable, non plus que le mariage qui lierait une femme à plusieurs hommes. Ce ne serait pas une femme légitime, ce serait ou une adultère ou une prostituée qui n'aurait ni pudeur , ni chasteté) ni fidélité , ni vertu. Ainsi la religion qui sert plusieurs dieux est une impudique et une infâme, qui n'a point de fidélité et qui ne leur rend point d'honneur certain ni solide. IV. Ce que je viens de dire fait voir fbrt clairement , si je ne me trompe, combien la sagesse et la religion sont étroitement unies. La sagesse regarde les enfans et exige d'eux de l'amour. La religion regarde les serviteurs et exige d'eux de la crainte. Les premiers doivent avoir de l'amour pour leur père, et les seconds de lacraûite pour leur maître. Nous devons de la crainte et de l'amour à Dieu, parce qu'il est tout ensemble et notre maître et notre père. Ce qui rend la sagesse et la religion inséparables, c'est qus la sagesse fait connaître Dieu et que la religion le fait honorer. La sagesse précède , parce qu'il faut connaître Dieu avant que de lui pouvoir rendre l'honneur qui lui est dû. La sagesse et la religion ne sont qu'une même chose , bien qu'elles paraissent différentes: Tune consiste dans la connaissance et l'autre dans l'action. Ce sont comme deux ruisseaux qui procèdent de Dieu comme d'une même source, et qui ne peuvent être séparés de lui sans être en même temps desséchés. Les hommes qui ont le malheur d'être séparés de lui par leur ignorance, n'ont ni sagesse , ni piété. Les philosophes qui adorent plusieors dieux sont semblables à des enfans abdiqués qui n'aiment plus leur père, et à ces esclaves fugitifs qui ne servent plus leur maître. Mais comme ces enfans qui ont été abdiqués n'ont plus de part à la succession et que les esclaves qui se sont échappés ne sont pas assurés pour cela de l'impunité, ainsi ces philosophes nont point de part à l'immortalité, qui est en effet le souverain bien qu'ils recherchent et la successîoa
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que Dieu donne à ses enfans dans son royaume, et ne seront point exempts du châtiment éternel dont il punit Tinfidélité et Tinsolence de ceux qui refusent de lui rendre le service et le culte qu'ils lui doivent Ceux qui ont adoré plusieurs dieux, et ceux même qui ont fait profession de sagesse, n'ont connu Dieu ni en qualité de père, ni en qualité de mattre; les uns ont cru qu'il ne fallait rien adorer; les autres ont suivi la religion du peuple. Ceux qui ont reconnu Tunité de Dieu, comme Platon qui a déclaré qu'il n'y a qu'un Dieu qui a fait le monde, et comme Gicéron qui a dit que Dieu a produit l'homme d'une manière particulière, ne lui ont pas rendu le culte qu'ils lui devaient comme à leur père et comme à leur mattre. Non-seulement la pluralité des dieux fait voir, comme je Tai déjà dit, qu'ils ne peuvent être ni nos pères, ni nos maîtres, mais la raison en peut convaincre avec une entière évidence, parce qu'il ne paraît point que les dieux aient fait l'homme, ni qu'ils aient été avant le temps auquel il a été fait. Il est certain qu'il y avait des hommes sur la terre avant que Vulcain^ que Bacchus, qu'Apollon et que Jupiter fussent nés. On n'a pas même la coutume d'attribuer ni à Saturne, ni à Gœlus son père, la formation de l'homme. Que si nul de ceux que Ton adore n'a formé l'homme, nul ne peut être appelé ni son père, ni son Dieu. 11 n'est donc point permis de révérer ceux qui n'ont pu faire l'homme, qui n'a pu être fait que par un seul, et il ne faut révérer que celui qui a précédé Jupiter et Saturne, et qui est avant le ciel et la terre. Il n'y a que celui-là qui ait pu faire l'homme. Il n'y a que lui qui doive être appelé son père et son mattre ; il n'y a que lui qui le gouverne avec un droit absolu de vie et de mort. Quiconque ne l'adore pas est un esclave insensé, qui ne connaît pas son mattre et qui s'est échappé d'entre ses mains, ou un fils impie qui fuit en la présence de son père.
V. Il est temps de traiter de la religion et de la sagesse, après avoir montré,.cotnme j'ai fait, qu'elles ne peuvent se séparer. Je n'ignore pas combien il est difficile de parler des choses du ciel. Il faut néanmoins entreprendre d'éclaircir la vérité, afin que ceux qui la méprisent et qui la rejettent , parce qu'elle leur parait pleine de folie, soient délivrés de l'erreur et évitent le dan* ger où ils sont de périr. Mais, avant que depar-
1er de Dieu et de ses ouvrages , je suis obligé de dire quelque chose des prophètes, dont je ne puis me dispenser de rapporter ici les témoignages, comme je m'en suis dispensé dans les livres précédens. Quiconque désire s'instruire delà vérité doit non-seulement s'efforcer de pénétrer le sens de leurs paroles, mais encore examiner avec soin le temps qu'ils ont vécu , pour savoir ce qu'ils ont prédit et combien d'années se sont écoulées depuis leurs prédictions jusqu'à Tacoomplissement qui les a suivies. U n'y a pas grande difficulté à distinguer les temps de la sorte, parce que chaque prophète a marqué le règne sous lequel il a été mspiré par l'esprit de Dieu. On a outre cela entre les mains une quantité de livres, de chroniques qui commencent au temps de Moïse, qui a vécu près de neuf cents ans avant la guerre de Troie. H gouverna durant quarante années le peuple Juif et eut pour successeur Josué, qui le gouverna vingt autres années. Ce peuple fut ensuite sous la conduite de juges pendant trois cents soixante-dix ans. Ils changèrent après cela la forme de leur gouvernement et obéirent à des rois. Ils vécurent de la sorte l'espace de quatre cent soixante ans, jusqu'au règne de Sédéchias, sous lequel ils furent emmenés captift à Babylone où ils demeurèrent soixante-dix ans, jusqu'à ce que Gyrus , qui régnait parmi les Perses au même temps que Tarquin le Superbe régnait parmi les Romains, daigna les rétablir dans leur pays. Ainsi il est aisé de trouver dans les histoires des Juifs, des Grecs et des Romains la suite des temps , et de marquer précisément celui de chaque prophète. 11 est constant que Zacharie , le dernier de tous, a écrit ses prophéties au huitième mois de la seconde année du règne de Darius ; et partant, les prophètes sont plus anciens que tous les auteurs grecs. Je dis tout ceci à dessein de faire ensorteque ceuxqui, ne sachant point l'origine de notre religfion, ont la témérité de mépriser l'Écriture sainte, comme si elle était fort nouvelle, reviennent de leur égarement. Je ne doute point que quiconque prendra la peine de faire un calcul exact des temps ne reconnaisse la vérité et ne renonce à l'erreur.
VI. Avant que Dieu commençât à travailler au merveilleux ouvrage de l'univers, il engendra »ui esprit saint, incorruptible et irrépréhensible.
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qu'il appela um fils. Bien qu'il ait créé depuis quantité d^aulres esprits, que nous appelons des anges , il n'a donné le nom de Dieu qu'à ce premier-né, qui lui est égal en grandeur et en puissance. Non-seulement les prophètes s'accordent à publier que Dieu a un fils qui possède un pouvoir infini , mais Trismégiste et les sibylles le témoignent. Voici comment Trismégiste en parle dans un livre qui a pour titre: Discours parfait, « Le Seigneur et le Créateur de l'univers, que nous avons coutume d'appeler Dieu, a hïi un Dieu visible et sensible. Quand je l'appelle visible et sensible , je n'ai pas l'intention de Faire croire qu'il tombe sous les sens, je veux seulement marquer que c'est de lui que procède le sentimeTit et l'intelligence. Dieu Ta produit le premier comme son Fils unique; il l'a fait paraître comme le plus grand de tous les biens, et l'a aimé comme sa chère production. « La sibylle Erythrée l'appelle le chef et le général des hommes, le conducteur et le gardien des fidèles. Une autre sibylle enseigne qu'il n*y a rien de si nécessaire que de le connaître comme Dieu, et comme Fils naturel et légitime de Dieu.Cest le même Fils de Dieu qui, parlant par la bouche de Salomon , le plus sage de tous les rois , et rempli du Saint-Esprit, a rendu de lui-même ce témoignage : «Le Seigneur m'a possédé au commencement de ses voies; avant qu'il créât aucune chose, j'étais dès lors. J'ai été établi dès Fétertemité et dès le commencement , avant que la terre fût créée; lesabtmes n'étaient pointencore, lorsque j*étais déjà conçu; les fontaines n'étaient point encore sorties de la terre ; la pesante masse des montagnes n'était pas encore formée; j'étais enfanté avant les collines. Il n'avait pas encore aréé la terre , ni affermi le monde sur ses pôles. Lorsqu'il préparait les cieux , j*étais présent ; lorsqu'il environnait les abhnes de leurs bornes, et qu'il leur prescrivait une loi inviolable; lorsqu'il affermissait l'air audessus de la terre , et qu'il dispensait dans leur équilibre les eaux des fontaines; lorsqu'il renfermait la mer dans ses limites , qu'il imposait une loi aux eaux, afin qu'elles ne passassent point leurs bornes; lorsqu'il posait les fondemens de la terre , j'étais avec lui , et je réglais toutes choses. J'étais diaque jour dans les délices, me jouant sans cesse devant lui, me jouant dans le monde. »Trismégiste l'a appelé l'ouvrier,
et la sibylle l'a appelé le conseiller de Dim parce qu'il a reçu une si grande sagesse et une si grande puissance de son père, qu'il s'est servi et de son conseil et de ses mains quand iUvoQlo fiiire le monde.
VU. Quelqu'un demandera peut-être en cet endroit le nom de ce fils, si puissant et si chéri de Dieu , qui non-seulement est avant le monde, mais qui l'a créé par sa force infinie, et en a rangé les parties en ordre par sa sagesse. La première leçon que nous devons apprendre à cet égard , est que son nom n'est connu que de lui et de Dieu son père, et qu'il ne l'est point des anges qui sont dans le del , et qu'il ne sera point déclaré , selon que l'Écriture le témoigne, que les desseins de Dieu niaient été enlièrement accomplis. Trismégiste assure que ce nom-là ne peut être prononcé par la bouche d'un homme; voici ses paroles : a La volonté de ce bien divlQ est le principe de ce principe; c'est elle qui a produit un Dieu dont le nom ne peut être prononcé par la bouche d'un homme.» Et, uopea après, il ajoute ce qui suit : « On ne saurait expliquer , 6 mon fils ! la sagesse de Dieu ; son nom est au-dessus de toutes les paroles des hommeii Mais quoique le nom que le père lui a doooé dès le commencement ne soit point connu, 0 en a néanmoins un autre parmi les anges, et dq autre parmi les hommes. Il a parmi les hommes le nom de Jésus ; celui de Christ n'est pas du nom propre, c'est une marque de puissance et de royauté , et c'est ainsi que les Juifs appellent leurs rois. Je crois devoir l'expliquer, à caose de ceux qui le corrompent par ignorance, et qui, en changeant une lettre, disent Ghrestao lieu de Christ. Les Juift avaient reçu ordre de Aire un baume pour sacrer ceux qui étaient élevés à la dignité smt sacerdotale, soit royale. Ce sacre était autrefois parmi eux ane marque de la souveraine puissance, comme la pourpre en est une aigou^'htii parmi les Romains. lii anciens Grecs se servaient du verbe xp(M*«}P(^ signifier Fonction du sacre , comme leurs desceodans se sont servis depuis de celui d'àkdftétJiO' mère en rend témoignage , en expriniant dam ses poésies la manière dont cette cérémonie s'observait. Cest pour cela que nous appelons l« Fils de Dieu Christ, c'est-à-dire oint, et en hAres Messie. On trouve iKii^i^oç dans quelques livres grecs mal traduits de l'hébreu. De quelque mol
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I Ton se serve, il est certain que l'on ne désigne nt qu'il soit roi de la terre, parce que le temps prendre possession de ce royaume^ià n'est encore arrivé ; mais on marque qu'il est roi 3 royaume céleste et éternel, dont je parlerai 8 le dernier livre de cet ouvrage. Maintenant irai quelque chose de sa première naissance. ^in. Nous déclarons d'abord qu'il a deux «ances, l'une spirituelle et l'autre corporelle. iC pour cela que le prophète Jérémie a dit paroles : «Je vous connaissais avant que de s avoir formé dans mon sein ; » et ces autres : était heureui avant que d'être né.» 11 est ain que ni les unes ni les autres ne peuvent venir à d'autre qu'à Jésus-Christ qui, étant I de Dieu dès le commencement, a reçu dans emps une seconde naissance selon la chair, confusion que plusieurs ont faite de ces deux Mances les a extrêmement embarrassés, bien Ils eussent été instruits de nos mystères. Je distinguerai si clairement que personne ne irra plus s'y tromper. Quiconque entend nmer le Fils de Dieu , ne doit pas s'imaginer il fait engendré avec une femme à la manière animaux. Dieu étant seul ne ponvait se idre à personne, et étant tout-puissant il vait besoin ni de compagnie ni de secours IV produire un fils. Groirons-nous avec Or- \e qu'il était tout ensemble et mâle et folle « et que s'il n'avait eu les deux sexes U urait pu engendrer son semblable? Trisméle semble avoir été dans ce même sentiment, lud il a appelé Dieu père et mère de soi* tne. Si cela était véritable, les prophètes Liraient pas manqué de l'appeler mère, comme n'ont pas manqué de l'appeler père. Gomit est-ce donc qu'il a engendré son fils. U t avouer d'abord que les oeuvres de Dieu ne vent être ni oomprises ni expliquées. L'£crie nous enseigne pourtant que le Fils de Dieu son verbe , et que les anges sont son esprit on souffle. Le Veii>e est un souffle vMé avec paroles qui signifient quelque chose. Mais ce que le souffle sort du nez, et que la pa* i sort de la bouche, il y a grande différence re le Fils de Dieu et les anges. Les anges sont lis de Dieu comme un souffle sans qu'il ait nonce aucune parole, parce qu'ils n'étaient tînés qu'à l'exécution de ses ordres etnonàla iticatioo de sa doctrine. Mais le fiis est sorti
de la bouche de son père, et comme un souffle, parce qu'il est pur esprit, et comme une parole, parce qu'il devait faire entendre aux hommes les volontés de Dieu, et leur révéler les mystères. Cest pour cela qu'on l'appelle et parole et verbe; c'est un souffle mêlé de voix que Dieu a conçu non dans son sein, mais dans son esprit^ et qu'il a poussé de sa bouche tout rempli et tout animé de la grandeur et de la majesté de sa sagesse et de sa puissance. U a aussi fait, comme je Tai dit, les anges de son souffle. Le souffle des hommes se dissipe en un moment, parce que les hommes sont siqetsâla mort; mais le souffle de Dieu subsiste et conserve la vie et le sentiment, parce que Dieu est immortel et qu^il donne le sentiment et la vie. Bien que nos paroles se dissipent et se perdent en l'air lorsque nous les prononçons, elles se conservent néanmoins par l'écriture quand nous les attachons à des caractères sensibles. Il y a beaucoup plus dt sujet de croire que la parole de Dieu demeure éternellement, et qu'elle conserve toiyours le sentiment et la force qu'elle a reçue de lui, comme un ruisseau reçoit son eau de sa source. Que si quelqu'un s'étonne qu'un Dieu ait engendré un Dieu, en poussant son souffle et en prononçant sa parole, il cessera de s'étonner quand il aura lu les livres des prophètes. Peut-être que plusieurs personnes qui n'ont jamais rien lu de l'Ëcriture ne laissent pas de savoir que David et Salomon son fils ont été deux puissans rois, qui ont joint à la souveraine puissance le don de la prophétie. Le dernier a vécu cent quarante ans avant la ruine de la ville de Troie. David son père dit dans le psaume trentedeuxième ce qui suit : «Les cieux ont été formés pâi' sa parole, et toute leur beauté par le souffle de sa bouche. » Et dans le psaume quarante-quatrième, il dit : «Mon conir, dans l'ardeur qu*il ressent, prononce une bonne parole; et c'est pour la gloire du Roi que je compose ce cantique. » U témoigne par ces paroles que les oeuvres de Dieu ne sont connues à nul autre qu*à son fils, qui est son verbe et qui régnera éternellement. Satomon déclare que le verbe a travaillé k la création du monde quand il dit : «Je suis sorti avant toute créature de la bouche du Très- Haut. J'ai fait lever dans le ciel une lumière qui luit toujours. J'ai enveloppé la terre d'un nuage J'ai habité dans les lieux hauts, et j'ai
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mis mon trône sur une colonne de nuée.» Saint Jean Tévangéliste en parle aussi en ces termes; «Au commencement était le Verbe , et le Verbe était en Dieu. Il était au commencement en Dieu. Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui.»
IX. Les Grecs rappellent xo'^o; et ce termelà est plus propre que celui de parole ou de verbe dont nous nous servons, parce qu'il signifie non-seulement la parole, mais aussi la raison. Or le Fils de Dieu est la raison et la sagesse de son père, aussi bien que sa parole. Cette parole divine n'a pas été tout à fait inconnue aux philosophes. Zenon dit qu'elle a créé l'univers et rangé en ordre les parties qui le composent. Il l'appelle destinée, nécessité de Dieu, et esprit de Jupiter. Mais il ne faut point faire de difficulté sur les termes, puisque le sens est conforme à la vérité. Ce qu'il appelle Fesprit de Jupiter, c'est l'esprit de Dieu. Trismégiste qui a découvert, je ne sais comment, presque toutes les vérités, a décrit en plusieurs endroits la force et la majesté du Verbe, comme il paraît par le passage que j'ai cité, où il déclare que c'est une parole qui ne peut être expliquée par la bouche des hommes. J'ai parlé le plus brièvement et le mieux qu'il m'a été possible de la première naissance du Fils de Dieu. Je parlerai maintenant un peu plus au long de la seconde, touchant laquelle de notables difficultés existent, et je tâcherai de porter la lumière devant ceux qui cherchent la vérité.
X. Il n'est permis à personne d'ignorer le décret que Dieu a porté dès le commencement, d'envoyer vers la fin des siècles son verbe sur la terre, afin qu'il y élevât un temple, et qu'il y enseignât la justice, et de l'envoyer non avec la force et avec le pouvoir d'un ange, mais sous h figure d'un homme, et dans un corps mortel, afin qu'après qu'il aurait publié sa doctrine, il fût livré aux impies, il souffrit la mort, il en triomphât, et que par sa ressurrection il donnât l'espérance de Timmortalité aux hommes dont il avait pris la nature. Pour faire connaître à tout le monde cet ordre merveilleux des desseins de Dieu, je montrerai que tout ce qui a été accompli par Jésus-Christ avait été prédit par les prophètes. Que personne n'ajoute foi à mes paroles, qu'après que j'aurai prouvé, d'une manière invincible, que les prophètes avaient
prédit que le Fils de Dieu naîtrait comnie m homme, qu'il ferait des miracles, qo'il établirait le culte de son père sur toute la terre, qui serait crucifié, et qu'il ressusciterait trois jours après. Quand j'aurai prouvé toutes ces chosa par les livres de ceux-là mêmes qui ont outragé leur propre Dieu couvert d'un corps morld, ne sera-t-il pas évident que la véritable s^esse ne se trouve que dans la religion que nous pratiquons? Je suis obligé d'expliquer id ce mystère^ et de le reprendre dès son origine. Nos ancêtres, les chefs des Hébreux, étant pressés de la famine et d'une disette de vivres allèrent en Egypte pour y acheter du blé, et y gémirent longtemps sous le joug d'une insupportable servitude, jusqu'à ce que Dieu, ayant pitié de leur misère, les en délivra après trois cent trente ans park ministère de Moïse, dont il se servit encore pour leur donner la loi. Dieu fit éclater dans cette délivrance sa majesté et sa grandeur, en envoyant un ange qui sépara la mer et fit passer le peuple à travers , de sorte que Ton nuovut dire aIors,pIus véritablement que le poète n'a dit en une autre occasion, que :
Les eaux «'éUdeot élevées et éUie&teicarpéet coanum moouiffiie.
Le roi d'Egypte ayant eu la témérité de les poorsuivre, fut enseveli avec son armée sous les flots qui avaient repris leur place. Les Hébreux virent dans le désert des miracles fort sarprenans. Moïse, frappant une roche avec sa baguette, ea fit sortir une source d'eau qui désaltéra tout le peuple : Dieu fit pleuvoir une manne miraculeuse qui le rassasia ; et pour le traiter avec pis de délicatesse et plus de magnificence, il lui envoya sur les ailes des vents des cailles jusque dans son camp. Mais, au lieu de reconnaître ses bienfaits et de lui en rendre de très-hnmfaks actions de grâce, dès qu'ils furent délivrés de la captivité , de la soif et de la faim, ils s'abandonnèrent à la débauche, et tombèrent dans les superstitions et dans les impiétés des Égrptiens. Pendant que Moïse était sur la montagne où il demeura quarante jours, ils élevèrent h tète du veau qu'ils appellèrent Apis, pour la porter devant eux. Dieu punit très-rigoureusemest leur impiété et leur ingratitude, et les assiJÛ^ à l'observation de la loi qu'il leur donna park ministère de Moïse. Lorsqu'ils se furent étaUis dans une partie déserte de la Syrie , Os quii-
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tèienl le nom d'Hébreux pour prendre celui de iuïfs^ du nom de Judas Tun de leurs chefs. Ils furent d'abord gouvernés par des juges, qui ne changeaient pas chaque année comme les consuls de Rome , mais qui exerçaient cette fonction leur vie durant. Le peuple tomba plusieurs fois dans Tidolàtrie durant ces temps-là, et fut réduit sous la puissance de ses ennemis, jusqu'à ce qu'ayant conçu un sérieux repentir de ses crimes, Dieu eut la bonté de le remettre en liberté. Lorsque ensuite ils furent commandés par les rois, ils s'attirèrent des guerres, et ils furent vaincus et menés captifs à Babylone , où ils souffrirent tous les mauvais traitemens que méritait leur impiété, jusqu'à ce que Cyrus, étant monté sur le trône de Perse, daigna les rétablir. Ils furent après cela gouvernés par des tétrarques jusqu'à Hérode, qui vécut au temps du règne de Tibère , en la quinzième année duquel les Juifs crucifièrent Jésus-Christ sous le consulat des deux Geminius, le vingtdeuxième jour du mois de mars. Voilà Tordre des temps, tel que l'Écriture sainte le décrit. Maintenant, pour découvrir le fondement de notre religion, je dirai le sujet pour lequel le Fils de Dieu est descendu sur la terre.
XI. Pendant que les Juifs méprisaient les commandemens de Dieu et qu'ils violaient sa loi en se prosternant devant les idoles des étrangers, il choisissait d'excellens hommes dont il animait le zèle et dont il remuait la langue, pour faire qu'ils reprochassent à ce peuple son ingratitude, qu'ils Teihortassent à Pexpier par une sérieuse pénitence, et qu'ils le menaçassent que, s'il n'apaisait promptement sa colère, il changerait son testament , c'est-à-dire qu'il donnerait la succession de la vie immortelle et bienheureuse à une autre nation plus fidèle qu'il assemblerait d^entre les païens. Les Juifs ne se contentèrent pas de mépriser les avertissemens des prophètes, ils s'offensèrent de la généreuse liberté avec laquelle ils reprenaient leurs crimes, et inventèrent de nouveaux supplices pour les fa ire mourir, comme les livres sacrés le témoignent. « Je vous ai envoyé les prophètes mes serviteurs, dit Dieu par la bouche du prophète Jérémie, je vous les ai envoyés avant le jour, et vous ne les avez pas écoutés. Vous bouchiez vos oreilles , lorsque je vous disais : que chacun de vous se convertisse en quittant ses mauvaises voies et en renonçant i
à ses inclinations corrompues, et vous habiterez dans cette terre que je vous ai donnée à vouset à vos pères jusqu'à la fin des siècles. Ne courez pas après des dieux étrangers , et ne m'excitez pas, par le culte que vous rendez à l'ouvrage de vos mains, à vous châtier et à vous perdre.» Le prophète Esdras, qui a vécu au tempsde Gyrus, qui permit aux Juifs de retourner en leur pays, parle de cette sorte: «Us se sont éloignés de vous; ils ont rejeté votre loi et tué vos prophètes qui les conjuraient de revenir à vous.» Ëlie s'é* crie dans le troisième livre des Rois : «Je suis transporté du zèle du Seigneur tout-puissant, parce que les enf ans d'Israël vous ont abandonné, qu'ils ont abattu vos autels, et qu'ils ont fait mourir vos prophètes, tellement que je suis demeuré seul , et qu'ils me cherchent encore pour me mettre à mort.» Dieu, ayant réprouvé les Juifs en punition de ces impiétés, et ayant cessé de leur envoyer des prophètes, a fait descendre du ciel son premier-né , son fidèle conseiller, qui a travaillé à la création de l'univers, afin qu'il portât la religion aux nations, qu'il fit connaître Dieu à ceux qui ne le connaissaient point , et qu'il leur enseignât la justice que le peuple ingrat et perfide des Juift avait rejetée. Dieu les avait avertis auparavant qu*il les traiterait avec cette rigueur, et le prophète Afah lachie l'avait marqué très-clairement par cet paroles : «Vous ne m'êtes point agréables, dit le Seigneur, et je ne recevrai point de sacrifice de vos mains; mon nom sera glorifié parmi les nations depuis l'orient jusqu'à l'occident.» Le prophète David dit encore dans le psaume seizième: «Vous m'établirez comme chef des nations; le peuple que je ne connaissais pas me servira,» Isaîe dit: «Je viens pour recueillir toutes leursœuvres et toutes leurs pensées, et pour les assembler avec tous les peuples de quelque pays et de quelque langue qu'ils puissent être, ils comparaîtront tous devant moi et ils verront ma gloire. Dieu ayant donc résolu d'envoyer sur la terre celui qui devait tracer le plan de son temple, ne voulut pas l'envoyer environné de puissance et de gloire, afin que le peuple qui, par son ingratitude,s'était éloigné de son Seigneur et de son Dieu, tombât dans Terreur, et portât le châtiment qu'il méritait. Les prophètes avaient prédit beaucoup auparavant que cela devait arriver.
LAGTANG&
l8ak, qui Ait êdé et mis à mort par les Juift, en pitrie ^e cette sorte : a Gieux, écoutez , et toi, terre , phtte Toreille , car c'est le Seigneur qui a parlé. J'ai nourri des enfans, et je les ai élevés; et aprè» cela ils m'ont méprisé. Le bceuf connaît celui à qui il est, et Tàne TétaUe de son maître; mats IsraH ne m'a point connu, et mon peuple a été sans entendement. « Jérémie en parle dans le même sens : «La tourterelle, dit-îl , sait son temps, rhîrondelle et les passereaux de la campagne observent les saisons; mais mon peuple n'a point connu le jugement du Seigneur. Gomment dites-vous : Nous sommes sages, et la loi du Seigneur est avec nous? G*est en vain que Ton a pris de feusses mesures. Les docteurs de la loi ont été confondus; les sages ont tremblé et ont été trompés, parce qu'ils ont rejeté la parole du Seigneur.» Dieu, ayant donc résolu , comme je Tai dit, d'envoyer aux hommes le docteur de la vertu, ordonna qu'il eût une naissance temporelle, et qu'il devint semblable à l'homme à qui il devait servir de compagnon, de dief et de maître. Gomme il a néanmoins une bonté et une clémence infinies, il l'envoya k œux-mèmes qui le haïssaient pour ne leur pas 4ter la voie du salut, mais pour leur laisser la fiberté de suivre Dieu, et pour leur donner une récompense étemelle , au cas qu'ils le suivissent, comme plusieurs le suivirent en efFet, et pour faire en sorte que ceux qui s'éloigneraient de lui n'encourussent que par leur foute un châtiment étemel. 11 voulut qu'il naquit parmi eux, et de leur nation, de peur que s'il avait été étranger ils n'eussent trouvé dans leur loi une excuse raisonnable de ne l'avoir point reçu, et afin aussi qu'il n'y eût aucun peuple sur la terre qui ne pût espérer de parvenir à l'immortalité.
Xll. L'esprit de Dieu étant descendu du ciel, choisit une vielle dans le sein de laquelle il se répandit; elle conçut aussitût sans avoir jamais connu aucun homme. Que personne ne s'étonne de ce que nous disons qu'une vierge est deve* nue enceinte par l'opération de l'esprit de Dieu, à qui tout ce qu'il veut foire est aisé, puisque ^elques animaux ont la coutume de concevoir de l'air ou du vent. Gela pourrait néanmoins paraître incroyable, s'il n'eût été prédit longtemps auparavant par les prophètes. Salomon dit dans le dix-neuvième cantique : cLe sein de la Vierçe a reçulaféoonditéetle fruit; la Vierge
est devenue mère par une grande ndsérieorde.» Le prophète Isaïe dit : « C'est pourquoi le Seigneur vous donnera un signe ; une viei^ concevra, et elle enfontera un fils qui sera appelé Emmanuel.» Que peut-on dire de plus dair? Les Juifs, qui ne l'ont point voulu reconnaître, ont lu ces prophéties. Si quelqu'un sMmagtae que nous les avons foites à plaisir, qu'il les leur demande , et qu'il consulte leurs livres: il n'y a point de si fort témoignage pour établir la vérité que celui que Ton tire de ses propres ennemis. Il n'a jamais été appelé Emmanoel^maîs Jésus , qui signifie salutaire ou scanneur j parce qu'il est venu sauver tous les peuples. Le prophète a seulement eu l'intention de marquer, par ce terme d'Emmanuel , que Dieu devait prendre un corps et converser avecles hommes; car Emmanuel signifie : Dieu est avec nous. Depuis en effet que Dieu était né d'une Tîerge, les hommes devaient reconnaître qall était avec eux , qu'il vivait sur la terre et dans udc chair mortelle : c'est sur ce sujet que David a dit : « La vérité germera de la terre. » Dieo dans qui la vérité est renfermée, a tiré un corps de la terre pour montrer le chemin du salut aux hommes qui sont sur la terre. Isale en parle en ces termes: «Ils ont irrité sa colère; ils ont affligé l'Esprit saint; il est deveûu leur ennemi, et il les a lui-même détruits. 11 s'est souvenu des siècles anciens , et a jsuscité le pasteur de son troupeau.» Il déclare en un autre endroit quel est ce pasteur, en disant : «Gieux, envoyé? d'en haut votre rosée , et que les nuées fassesâ descendre le juste comme une pluie; que la terre s'ouvre et qu'elle germe le Sauveur , d que la justice naisse en même temps ; je soi; le Seigneur qui l'ai créé.» Le sauveur, c'est Jésus , comme je l'ai déjà dit. Le même prophète a parlé dans un autre endroit de cette manière: «Un petit enfont nous est né, et un fils nous a été donné ; il portera sur son épaule la marque de sa principauté, et il sera appelé l'aog^ do grand conseil. Il a été envoyé par soa père, pour révéler à toutes les nations qui sont sœs le ciel le mystère et l'unité d'un Dieu, qui a été celé au peuple perfide et ingrat qui s'est rendn si souvent criminel. 9 Daniel a prédit quelque chose de semblable : «J'avais, dit-il , une vision durant la nuit, et je voyais sur les nuéei du ciel comme le Fils de l'homme qui a^avan-
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et il arriva jinqii'à Tanden des jours. [ qui étaient présens le lui présentèrent; et meur , le royaume et Teoipire lui furent lés; et tous les peuples, toutes les langues utes les tribus le suivirent. Sa puissance élernelle et ne passera point; son règne ra point de fin. » Gomment est-ce que les • avouent qu'il y aura un oint ou seigneur , mment est-ce qu'ils espèrent qu*il viendra , qu'ils ont refusé de le reconnaître pour lie, sous préteitequ'il était né d'une femme? I, ayant résolu que le Messie descendrait : fois sur la terre, une fois pour an||pncer nom aux nations , et une autre fois pour gouverner avec une autorité absolue, pourcroient-ils le second avènement, et ne ^nt-ilspas le premier ? Le prophète a mar* les deui avéoemens en peu de paroles , id il a dit : «Qu'il s'avancerait sur les nuées comme le Fils de Dieu, mais comme le Fils tiomme. « Il a dit qu'il devait prendre sur la ^ la forme et la condition d'un homme , d'enseigner la justice aux hommes, pour r la mort, descendre aux enfers, les ouvrir, iisciter, s'élever au-dessus des nues, et rener à son père. Quand le prophète a dit 1 est parvenu jusqu'à l'ancien des jours, et . loi a été offert, il a entendu par l'ancien jours. Dieu qui est seul avant tous les siè- , et qui sera éternellement. Le prophète id déclare expressément dms le psaume neuvième: qu'après que le Christ aura soufla mort et qu'il sera ressuscité, il montera ipère. Voici ses paroles: «Le Seigneur a mon seigneur, asseyez-vous à ma droite l'a ce que j'aie rédoit vos ennemis à être s sous vos pieds. » David, qui était roi, au- Ipa appeler son seigneur nn autre que le it et que leFils de Diett,qni est le Roi des rois letgneur des seigneurs ? Isale en parle enplus clairement : «Voici, dit-il, ce que dit le leur au seigneur qui est mon CSirist, que tis par la main pour lui assujettir les nak pour mettre les rois en foite, pour oulevant lui toutes les portes sans qu'aucune K fermée. Je marcherai devant vous , j'humiles grands de U terre, je romprai les I d'airain, et je briserai les gonds de fer, ||s donnerai les trésm*s cachés et les rris secrètes et iMOBOttes, afin que vous
sachiez que je suis le Seigneur, le Dieu d'Israël qui vous ai appelé par voire nom. Enfin l'honneur et l'empire lui ont été donnés en vue de la puissance et de la félicité que Dieu a hit paraître sur la terre, et toutes les tribus, et toutes les langues le serviront; son pouvoir ne passera point et son règne n'aura point de fin. » Ces paroles peuvent être entendues de deux manières : Tune est que Jésus-Christ possède un grand pouvoir dès ce temps-ci , puisque tous les peuples révèrent son nom , reconnaissent sa grandeur , suivent sa doctrine , et imitent sa vertu. Il jouit déjà de llionneur et de l'empire, puisque toutes les tribus cMIssentàsescommandemens. L'autre manière d'expliquer ces paroles est de dire qu'il possédera véritablement l'empire de l'univers, lorsqu'il viendra une seconde fois environné de gloire et de majesté pour réduire tous les peuples à son obéissance, pour juger tous les hommes et pour ressusciter tons les justes. Toute sorte de mal étant alors 6té de dessus la terre , on verra un siècle d'or, comme disent les poètes, c'est-â-dire un temps où la justice et la paix régneront. J'expliquerai toutes ces choses plus au long dans le dernier livre de cet ouvrage où je parlerai du second avènement du Messie ; mais j'achèverai maintenant ce que j'avais commencé à dire touchant le premier. XIII. Lorsque l'unique Dieu et le commun père des hommes eut résolu de leur révéler la véritable piété. Il fit descendre du ciel le Docteur de la justice, et par son ministère donna une nouvelle loi à des observateurs nouveaux. II ne la donna pas par on homme, comme il avait fait la première fois, mais par son Fils qu'il fit naître sur la terre comme un homme, afin qu'il fût tout à fait semblable à lui. Dieu le père est le principe et l'origine de toutes choses; il n'a point été produit, et Trismégistea eu raison de dire qu'il était sans père et sans mère. Il a fallu que son fils pour lui être semblable eût deux naissances , et qu'il fAt en quelque sorte et sans père et sans mère. Ua été sans mère dans sa première naissance, qui est une naissance toute spirituelle qu'il a tirée de son père seul. 11 a été sans père dans la seconde, qui est une naissance corporellequ il a tirée d'une vierge; ainsi it a réuni en sa personne la nature divine et la nature humaine pour rendre cette dernière immortelle. Il a été fait Fils de Dieu par Fesprit et
LACTANCE
Sis de rbomme par la diair , et ainsi il est Dieu €t homme tout ensemble. La puissance de Dieu a paru dans les miracles qu*il a opérés, et la faiblesse de Thomme dans la mort qu'il a soufferte. Je dirai les raisons pour lesquelles il s'y est soumis; mais il faut citer auparavant ici les témoignages des prophètes qui nous assurent qu'il était Dieu et homme tout ensemble. Voici les paroles par lesquelles baie proteste qu'il était Dieu, € L'Egypte avec tous ses travaux, l'Ethiopie avec son trafic, et Saba avec ses hommes d'une haute taille, tous ces peuples passeront vers vous, 6 IsraCl; ils seront ft vous, ils marcheront après vous, ils viendront les fers aux mains, ils se prosterneront devant vous , et il n'y aura point d'autre Dieu que le vôtre. Vous êtes vraiment le Dieu caché, le Dieu d'braêlet le Sauveur.» Jérémie en parle de cette sorte: c Celui-ci est votre Dieu, et il n'y en a point d'autre que lui, qui a trouvé toute prudence, et l'a donnée à Jacob son fils, et à Israël son bien-aimé. Il a depuis paru sur la terre et a conversé avec les hommes. » Voici encore ce que David en dit dans le psaume quarante-quatrième: «Votre trône, 6 Dieu, sera un trône éternel, et le sceptre de votre empire sera un sceptre d'équité et de justice. Vous aimerez la justice et hairez l'iniquité; c'est pourquoi le Seigneur votre Dieu vous oindra d'une huile de joie, en une manière plus excellente que tous ceux qui participeront à votre gloire.» Par le mot d'onction, il désigne son nom de Christ. Le prophète Jérémie déclare qu'il est homme , quand il dit : a II est homme, et qui est-ce qui l'a connu?» Isale dit: «Dieu leur enverra un homme et les sauvera , et il les guérira en les jugeant.» Moïse dit dans le livre des Nombres: «Une étoile se lèvera de Jacob, et un homme sortira d'israèl.» Qudqu'un ayant consulté Apollon de Milet, et lui ayant demandé si Jésus-Christ était Dieu ou homme, il répondit de cette sorte: cU était sujet à la noort selon sa natare d'homme, mais il faisait des miracles par sa puissance divine.» Il fut arrêté par le commandement des princes et des juges des Juifs, condamné et exécutée mort. Il dit la vérité dans les premières paroles; mais dans la suite, il trompe par une subtilité celui qui le consultait et qui ne savait rien du mystère de la vérité. 11 semble nier qu'il soit Dieu ;
mais puisqn'n confesse que selon la cbair 9 e sujet à la mort, comme nous le disons aussi pour parler conséquemment, il doit reconnattr avec nous que selon l'esprit il est Dieu ; a qu'était-il besoin de parler de la chair? Cétai assez de dire qu'il était sujet à la mort; m étant pressé par la vérité, il n'a pu s^empèck de déclarer la chose telle qu'elle est, non pb qu'il n*a pu se dispenser d'avouer qu'il étal sage. Que dites*vous ft cela, ApoUoo? S'il es sage, sa doctrine est la sagesse et ses disciple sont les sages ; et il n'y a point d'autre sagi» que^ doarine, ni d'autres sages que ses d» ciples. Pourquoi nous prend-on d'ordinain pour des imprndens et pour des insensés, non qui suivons un maître qui , par le propre ares des dieux est fort sage? Quand il dit qn^il a îà des actions miraculeuses , par lesquelles sa di vinité a éclaté, il semble être d^acoord awe nous; mais à l'heure même il se reprend et r^ tourne h ses ruses diaboliques. Il sembknit s'être trahi lui-même et les autres dieux, il n'avait altéré, par le mélange de diverses tosetés, ce que lavéritéavait tiré, malgré lui, des bouche. Il dit qu'il a fait des œuvres roerralleuses; mais qu'au lieu de les faire par la piêsance de Dieu , il les a faites par magie. Faui-E s'étonner qu'Apollon ait fait croire ce mosonge à ceux qui ignoraient la vérité , puisqe les luih qui adoraient le vrai Dieu ont été pif venus de la même erreur ? Us ont vu ces oÉi desdeleura propres yeux, et n'ont pucroiK que celui à qui ils les voyaient faire était DieL David , dont ils lisent plus souvent les prophéties que celles des autres, les condanuie pour a sujet, par ces paroles du psaume vingt-septiM «Rendez-leur ce qu'ils méritent, poisqalbÉ reconnaissent point les ouvrages duSeignwJ David et lesautres prophètes ont prédit qvl Messie descendrait , selon la chair, de la dm de David ; voici le témoignage qu en rend Isû «En ce jour-là le rejeton de Jessé sera cxpfl oomme un étendard devant tous les peuples: il nations viendront lui offrir leurs prières, et sd sépulcre sera glorieux.» Il dit dans un as^ endroit: « Il sortira un rejeton de la tigr i Jessé , et une fleur naîtra de sa racine , et Fil prit du Seigneur se reposera sur lui, resprtil sagesse et d'intelligence, Tesprit de cooseû^ de force t Tesprit de science et de piété, i '
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sera rempli de Tesprit de la crainte da Seigneur. > Jessé fat le père de David , et c'est de sa tige qu'il a été prédit que la fleur sortirait Cest de celte même fleur que h sibylle a dit, qu'une fleur pure fleurira. 11 est rapporté dans le second livre des Rois que Nathan fut envoyé à David, au temps auquel ce prince méditait de faire bâtir un temple. Dieu dit à Nathan: € Va, et dis à David mon serviteur : Voici ce que dit le Seigneur tout-puissant: Vous ne me bâtirez point une maison pour demeurer, mais lorsque vos jours auront été accomplis , et que vous vous serez endormi avec vos pères, je vous susciterai un fils après vous, et je préparerai son royaume ; il élèvera une maison en mon nom ; et j'élèverai son royaume. Je serai son père, et il sera mon fils, et il aura la foi , lui et sa maison, durant tous les siècles. 9 Ciomme les Juifs n'entendaient pas ce passage, Salomon , fils de David , a élevé on temple en Thonneur dç Dieu , et fondé une ville qu'il a appelée Jérusalem, de son nom. Gela a été cause que les Juifs ont cru que ces prophéties avaient été accomplies en sa personne. Cependant Salomon a succédé à David son père, au lieu que celui dont les prophètes ont parlé ne devait nattre que depuis que David serait endormi avec ses pères ; de plus, le règne de Salomon n'a duré que quarante ans. Salomon n'a jamais été appelé le fils de Dieu, il n'a été appelé que le fils de David. La maison que Salomon a fait bâtir n'a pas eu la foi comme l'Église, qui est le véritable temple de Dieu, qui est bâti non sur la terre avec des pierres, mais dans le coeur par la foi. Le temple de Salomon a été ruiné parce qu'il avait été bâti par la main des hommes. Enfin , Dieu a parlé de cette sorte des ouvrages de son fils dans le psaume cent vingt-sept : cSi le Seigneur n'édifie lui-même une maison, en vain travaillent ceux qui s'efforcent de l'édifier; si le Seigneur ne garde lui-même une ville, c'est en vainque veille celui qui la garde.»
XIV. Il parait, par le témoignage de ces prophètes, que Jésus-Christ devait naître, selon la chair, de la race de David; qu'il devait élever en l'honneur de Dieu un temple éternel, qui est réglise, et qu'il devait y assembler toutes les nations pour y faire profession de la véritable religion. C'est la maison fidèle et le temple éternel, où celui qui ne sacrifiera pas ne remportera ja-
mais le prix de l'immortalité. Jésus-Christ doit nécessairement être le prêtre de ce temple éternel dont il a été l'architecte. On ne peut obtenir l'entrée de ce temple, ni être admis à la vue de Dieu que par lui, comme David l'enseigne par ces paroles du psaume 109 : a Je vous ai engendré dans mon sein avant l'aurore. Le Seigneur a juré , et son serment demeurera immuable , que vous serez le prêtre éternel selon l'wdre et l'exemple de Melchisédech. bII a été écrit dans le premier livre des Rois :« Je susciterai pour moi un prêtre fidèle , qui agira selon mon cœur et selon mon âme. Je lui établirai une maison stable , et il marchera toujours devant mon Christ. nZacharie a désigné clairement celui à qui Dieu promet un sacerdoce éternel; car voici comme il le nomme :<Le Seigneur,ditil, m'a montré Jésus le grand prêtre, qui était debout en présence de l'ange du Seigneur, et le diable était debout à la droite, à dessein de s*opposer à lui; et le Seigneur dit au diable : que le Seigneur, qui a choisi Jérusalem, vous commande. Et à llieure même le tison fut jeté hors du feu , et Jésus était vêtu d'un habit fort sale , et il était debout en présence de l'ange; et l'àme dit en sa présence à ceux qui étaient autour de lui: Otez-Itti ses vêtemens sales, et revêtez-le d'une tunique qui lui tombe jusque sur les talons, et mettez-lui sur la tête une tiare éclatante. Et à l'heure même on le revêtit d'un habit, et on lui mit sur la tête une tiare éclatante. Et l'ange du Seigneur était debout , et disait à Jésus avec solennité : Voici ce que dit le Seigneur tout-puissant : Si vous marchez dans mes voles, et que vous gardiez mes préceptes , vous jugerez ma maison, et je vous donnerai ceux qui se converUront d'entre ceux qui sont ici debout. Ëooutez ced , 6 Jésus ! grand prêtre. 9 Qui ne croira que les Juifs avaient perdu l'esprit , quand , après avoir lu et entendu ces paroles , ils attentèrent à la vie du Sauveur? On compte près de cinq cents ans depuis le temps où vivait Zacharie, jusqu'à la quinzième année de l'em* pire de Tibère, en laquelle Jésus fut crucifié. Ce prophète était dans la fleur de son ftge au temps de Darius et d'Alexandre, qui vécurent peu de temps après que Tarquin le Superbe eut été chassé de Rome. Les Juifs se sont trompés eu expliquant ces passages, ou de Jésus fils de Navé, Sauveur de Moïse, ou de Jésus prêtre fils de Jose-