‹ Panthèon littéraire; choix de monuments primitifs de l'église française, avec notice littérairesChapitre 86 sur 102 · INSTITUTIONS · texte numérisé non relu

INSTITUTIONS

tvec laqudle il avait trahi la foi qu'il avait embrattée et les mystères à la participation desquels il avait été admis. Ce n'est peut-être que par kasard que les livres sacrés de r£cri(ttre sont tombés entre ses mains; car de quelle étrange témérité serait-il coupable s'il eût osé pénétrer la profondeur de cette doctrine que personne ne lui avait expliquée? Nous devons louer Dieu de ce qu'il n'a rien appris par la lecture de ces divins ouvrages « et de ce qu'il n*a rien compris des maximes qu'ils contiennent, lis sont aussi éloignés de renfermer la moindre contradiction, qne cet auteur a été éloigné de suivre la vérité de notre foi. Il a fait de violentes invectives contre Paul , contre Pierre et contre les autres disciples, et les a accusés d'avoir jeté les pre* miers la semence d'une doctrine remplie de faussetés et de mensonges. Il leur reproche pourtant qu'ils étaient grossiers et ignorans, et que quelques-uns d'entre eux ont vécu de la pèche, comme s'il eût été fiché qu'Aristophane ou Aristarque n'eussent pas été chargés du ministère de la parole divine.

111. Le reproche que l'on fait aux apôtres d'avoir été grossiers ou ignorans ne s'accorde pas avec le soupçon que Ton pourrait concevoir qu'ils eussent eu la volonté ou l'adresse de tromper. Pour imposer au peuple, il faut inventer une doctrine dont les conclusions aient quelque liaison avec les principes. Or c'est ce que des hommes grossiers et ignorans ne sauraient faire, puisque les plus subtils et les plus savans des philosophes, comme Platon, Aristote, Épicure, Zenon, ont avancé des contradictions, et n'ont pas toujours été d'accord avec euxroènoes; c'est la nature de la fausseté de se démentir soi-même, La doctrine des apôtres se soutient au contraire, parce qu'elle est établie sur des fondemens inébranlables et que les points qui la composent sont étroitement unis ensemble. Elle persuade, parce qu'elle est appuyée sur des principes à l'évidence desquels nul esprit ne peut résister. Les apôtres n'ont eu garde d'inventer cette religion par intérêt, et à dessein de s'en servir comme d'un moyen de se procurer les commodités temporelles, lis ensci}çnaient et gardaient une manière de vie éloignée de toutes sortes de voluptés. Ils faisaient profession de mépriser tout ce que le nionde estime et admire comme des biens. Non-

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