XXI. La puissance de Dieu est si grande qu'il
se saisit sans peine des purs esprits, et lei chitit comme il lui plaît. Les anges et les démons l'appréhendent , parce qu'il sait les punir d'une manière que nul discours ne peut expliquer. Il ne Faut donc pas trouver étrange que les âmes, quoique immortelles, soient capables de souffrir les supplices auxquels hi justice les condamne. Il est vrai que, n'ayant rien de solide ni de palpable , elles ne peuvent aussi rien souHtir de la part des corps qui sont palpables et solides. Elles sont spirituelles , mais elles n'en dépendent pas moins absdument de Dieu , dont la nature et la puissance est un pur esprit. L'Écriture nous enseigne la manière dont les impies seront punis ;car,comme leursâmes se sont souillées par les ptehés qu'elles ont oonunis avec leurs 0(NrpS| elles seront réunies à ces corps pour être punies. Les corps que Dieu leur donnera alore ne seront pas semblables à ceux que nous avons maintenant, et seront des corps d'un tempérament inaltérable et d'une condition indissoluble , qui ne seront point consumés par l'activité d*nn feu étemel. Ce feu-là sera fort différent de celui que nous employons à divera usages. Le nôtre s'éteint si nous manquons de lui fournir incessamment de la matière pour l'entretenir; mais le feu que Dieu allumera pour chAtier les im* pies sera un feu qui n'aura besoin d'aucun iiliment,qui n*aura point de Année, et qui aura la pureté et la fluidité de l'eau-Un'est pas porté en bant par une force étrangère, comme le nôtre, que les parties terrestres et les vapeurs grossières dimt il est mêlé contraignent de s'élever vere le ciel par un mouvement déréglé et inégal. Ce feu divin aura le pouvoir et de brûler les impies et de les conserver; car, se servant à soi-même d'aliment, il sera comme une image de la feble du vautour dont les poètes ont feint que Titye était rongé sans être consumé. U brûlera et tourmentera les corps sans les détruire. Le Sauveur jugera les justes et les fera passer par le feu. Ceux dont les péchés l'emporteront sur les vertus , ou par le poids ou par le nombre, seront légèrement touchés par la flamme. Mais ceux dont la vertu sera parfaite n'en sentiront aucune atteinte, parce qu'ils ont en enx une force secrète qui les garantira. Ge feu, qui a reçu de Dieu le pouvoir de tourmenter les coupables, respectera les innocens. Que personne cependant ne s'imagine que les Ames
LACTANCE
soient jugées ioMUtneat après leqr mort ; elles seront toutes gardées dans nne vaste prison jusqu'à ce que le sonverain juge vienne les examiner. Il donnera alors l'immortalité en récompense à ceux dont Tinnocence aura été reeonnne;et pour celles quiaurontétéconvaincoes de leurs crimes , il les privera de la résurrection, et les jettera dans une r^on obscure où dies souffriront les supplices qu'elles méritent.
XXIL Quelques-uns, qui ne savent pas d*o6 les poètes ont pris ce que je viens de dire, ju- H^t que Texécution en est impossible, et prennent ees récits pour des contes faits à plaisir. Il y a d'autant moins de sujet de s'étonner de leur sentiment, que les poètes, qui ont traité cette nu^tière, l'ont fort déguisée et en ont altéré la vérité; car, bien qu'ils aimt été plus anciens que les historiens, que les orateurs et que les antres écrivains, néanmcnns parce qu'ils n'étaient pas instruits des mystères de Dieu, et qu'ils n'avaient qu'une idée fbrt grossière et fort eonfiise de la résurrection, ils en ont parié d'une manière fort imparfoite, et comme d'une imaginatioiifiibuleuse ; ilsont même témoigné qu'ils n'en avaient point de preuve certaine , et qu'ils ■e suivaient qu'un bruit vague et qu'une opinion douteuse. Cesl ainsi que Virgile, voulantoomme s'excuser de ce qu'il en avançait, a demandé pemûsskm de raconter ce qu'il avait appris par le rapport d*MtruL Ainsi, Uen qu'ils aient en qodque sorte altéré la vérité, ce qu'ils ont avancé ne laisse pas d'y être d'autant plus con-* ferme dans le fond, que cela s'accorde avec les prédictions des prophètes, ce qui nous sufBtpoor fermer une preuve invincible. Il feut pourtant avooer que leur erreur n'est pas sans fondement ; car, comme les prophètes publiaient sans cesse que le Fils de Dieu jugerait les hommes après leur mort, les poètes; qui ne connaissaient point d'autre souverain seigneur dn ciel que Jupito*, ont dit que son flis jugerait dans les enfers. Us n'ont pas néanmois attribué ce ponvoir-là à Apollon, à Baoebua ou è Mercure, qui passent pour des dieux du eiei, mais ils l'ont attribué ou à Bfinos, on à Saque, on k Radamante. ils ont corrompu par une licenoe poétique oe qu'ib avaient appris; et ces bruits vagues et conifes qui ont couru parmi le peuple, ont altéré la vérité. Us se sont trompés , quand ils ont dit ^e 1^ morts ressusciteront après
qu'ils auront passé mille ans dans les enfien Voici comment Virgile en parle :
Loniiiie fet ftmei oDt passé mine ans dans les enfers, elbi loot coDdailtt m fleufe de rOabli , afin c|u*6llet aoieat coatentet de reloqnier sur la terre et de reatrer dans 4» oorfk
I^ur méprise est, en ce quib ont dit, que les morts ressusciteraot mille ans après leur mort, au lieu qn'ils ressusciteront pour r^er mille ans avec Dieu, qui deseendn pour purifier le monde, poor donner une nouvelle vie aux âmes des justes, ponr réparer leurs corps et poor les mettre en possession d'une fëKcité étemelle. Tout ce qu'ib ont débité est véritable, à la réserve du fleuve de POubri, qu'ils n'ont invoité que pour qu'on ne leur demandèt pas pourquoi les âmes ne se aonvienneot plus dans les enfers de la vie qu'elles ont menée sur la terre , des emplois qu'elles y ont ens, pt des actions qu'elles y ont ftites. Cependant cette doctrine paraît incroyable, et on s'imagine que c^est nne flible inventée par une licence poétique. Quant à nous, lorsque nous expliquons le mystère de la résurrection , et que nous assurons que les âmes n'oublient point en l'autre vie ce qu'elles ont hit en celle-ci, et qu'elles conserverooi un souvenir de ce sentiment, on nous Eût dm autre objection, qui est que : depuis tant de siècles personne n'est encore ressuscité poor eonflrm^ notre doctrine par un exemple. Mais il est aisé de leur répondre : quels résurreetioo ne peut arriver pendant un riècle où linjostlee r^ne encore; où les meurtres sont conamis en trahison par le poison, par le fer et par le fen: o& la vertu est noircie pas les médisances, déshonorée par les injures, chargée de chaînes et oondamnéeauxpitts rigoureux supplices; où IHnnocence est si odieuse que tous ceux qui venlent suivre Dieu, non-seulement deviennent Tobjet de la haine publique , mais sont encore chargés de toutes sortes d'outrages, tourmentés par de nouveaux genres de supplices , et contraints, par la plus barbare de toutes les cruautés, à rendre un culte religieux à des dieux faits par la maio des hommes , sans qu'on puisse trouver aucun prétexte de raison pour couvrir cette vicdenoe. Faut-il ressusciter, peur souffrir tant d'indignes traitemeos , et reprendre une vie où l'on ne peut trouver desùretéi Puisque les justes sont si fort méprisés en ce monde , et qu'ils en sont si souvent enlevés par tes mécbaôis» que poorraieot
INSTITUTIONS DIVINES. — LIVRE VII
attendre ceux qui sortiraient de leurs tombeaux pour y revenir? Ils seraient sans doute exterminés à Fbeure même, de peor que leur présence et leurs discours ne ruinassent la superstition païenne et n'attirassent toutes les nations au culte d'un seul Dieu. La résurrection ne doit donc arriver que quand le crime aura été détruit, et quand rien ne pourra empêcher que ceux qui ressusciteront ne mènent une vie parfoitement lieureuse. U n*y a eu que les misères de cette vie qui aient donné occasion aux poètes d'inventer le fleuve de TOubli, de peur que les âmes ne refusassent de retourner sur la terre, quand elles se souviendraient de tout ce qu'elles y auraient souffert. Voilà pourquoi Virgile a demandé :
S'il est pûiiible qa'tl y ait des âmet qni feuilleot Inen rentrer dans en corps après en être nne fbis sorties, et <l*oû km Tient un si dlraog^ désir de jouir enoore de la Ti&
Gomme ils ne savaient de quelle manière cela devait arriver, ils ont cru que les âmes renaîtraient, et retourneraient comme à une seconde enfance. Cest par la même occasion que Platon, discourant sur la nature de Tàme, a dit : que , par la facilité et par la vitesse avec lesquelles les enfans apprennent, il est aisé de reconnaître que l'&me est immortelle et divine ; de sorte qu'ils semblent renouveler plutôt d'anciennes idées qu'en acquérir de nouvelles; en quoi ce savant homme est tombé d'une nanière fort ridicule dans les îmaginatioDS des poètes.
XXin. Les âmes ne renaîtront point, parce qu'il est impossible qu'elles renaissent ; mais elles ressusciteront, seront revêtues de leurs corps par un effet de la puissance de Dieu, conserveront le souvenir de leurs actions , et , jouissant d'une abondance incroyable de biens célestes, ren* dront grâces à Dieu de ce qu'il aura éloigné d'elles tous les maux, et de ce qu'il les aura appelées à une vie et à un empire qui n'auront point de bornes, non plus que Tétemité. Les philosophes ont entrepris de parler de la résurrection; mais la doctrine qu'ils ont eue sur cesiyet n'a pas été moins corrompue que celle des poètes. Pythagore a prétendu que les âmes passent en de nouveaux corps; mais il est ineicusable en ce qu'il les fait passer dans des corps de bètes d'atord, et en des corps d'hommes ensuite, et en ce qu'il assurait que la sienne
avait autrefois animé le corps d'Euphorbe. Ghrysippe, que Gicéron dit èlre comme une colonne qui soutient la g|lerie des stoïciens, en a jugé plus raisonnablement lorsque, parlant du renouvellement du monde dans le livre qu'il a composé de la Providence^ il a écrit ce qui suit : «Les choses étant telles que je viens de les représenter, it est dair qu'il n'est pas impossible que, quand nous serons morts, nous retournions après un certain cerdç d'années à l'état où nous sommes ai^ourd'hui. » Mais bis* sons-là l'autorité des hommes pour écouter celle de Dieu. Voici ce qjie dit la sibylle :
n n*y a point de foi maintenant panni les I lorsque Dieu les ju(sera« et qu'U distribuera aux bons et nu mécbans les récompenses et les cbAtimens qu'ils auront mé-' rites, les médians tomberont dans le Ito et reconnaîtront Iff justice de leur condamnation ; tes gens de bien, an contraire, demeoreront encore sur la terre al 7 Joairoiit de llioiioear et de la gloire.
Puisque les prophètes, les devins, les poètes et les philosophes, conviennent de la résurrection des morts, que personne ne nous demande de quelle manière elle se pourra faire. On ne saurait rendre raison des ouvrages de Dieu. Il faut croire qii'ayant bien su créer l'homme, il sam*a bien le réparer.
XXIV. J'ajouterai maintenant te qui suit: Le Fils du Dieu suprême viendra juger les vivans et les morts , selon le témoignage de la sibylle qui dit :
remiriie de
, alfas le «MF BKrlai
Qoe tonte la terre sera ferainjose
Lorsqu'il aura exterminé l'iiqnstioe, qu'il aura jugé tous les hommes, et qu^ilauraressuseité ceux qui auront été justes dès le eommeiieeoient, il demeurera pendant miUe ans parmi les hommes qu'il gouvernera avee une parMie équité. Cest ce que la sibylle, transportée d'une sainte ferveur, a exprimé de cette sorte :
Mortels , écoutez arec attention oe qoe je tous dis ; e^H que le Seigneur régnera sur la terre.
Ceux qui seront en ce temps- là en vie ne mourront point ; mais ilf mettront au monde pendant mille ans une multitude infinie d'enfans, qui seront saints et agréables à Dieu. Ceux qui auront été ressuscites présideront en qualité de juges à ceux qui seront demeurés en yie. Toutes les nations ne seront pas absolument détruites : quelques-unes seront
LACTANCE
réservées pour servir de matière aux victoires que Dieu accordera aux justes et d*(Mniemeiit â leur triomphe, et pour être réduites à une étemelle servitude. Le prince des démons et Tauteur de tous les maux sera chargé déchaînes et gardé dans les prisons de l'empire céleste, durant les mille ans pendant lesquels la justice r^era sur la terre, afin qull ne puisse nuire aux personnes de piété. Lorsque le Fils de Dieu sera arrivé, les gens de bien seront assemblés de toutes les parties de Tunivers, et lorsque le jugement sera achevé, leur ville sainte sera fondée au milieu de la terre, où le Seigneur qui raura fondée demeurera luinnème avec les gens de bien. La sibylle décrit cette ville, en disant :
QneDinra hii-iiiÉniefbiulée, dqa'il Ta rendue pimlclai le loldl ni la lune, el lei aotiet astiei.
Les ténèbres dont le ciel était couvert seront dissipées, et le soleil et la lune recevront une lumière, qui ne souffrira plus de diminution, La splendeur du soleil sera sept fois plus éclatante qu'elle n'est maintenant. La terre produira une abondance incroyable de fruits, sans que personne ait la peine de la cultiver. Le miel sortira des plus durs rochers; on verra couler des ruisseaux de vin et des fleuves de lait; enfin l'univers, délivré de la domination de Fer* reur et de Timpiété, sera comme transporté de joie. Les bêtes les plus féroces ne se nourriront plus de sang. Les oiseaux ne fondront plus sur leur proie ; tous les animaux seront doux et paisibles; les lions demeureront dans Tétable avec les troupeaux;lesloupsn*enlèveront plus les brebis; les chiens n'iront plus à lâchasse; les éperviers ni les aigles ne nuiront plus; les enians joueront avec les serpens; enfin on verra en ce temps-là une fidèle image de tout ce que les poètes ont feint être arrivé au siècle d*or, sous le r^e de Saturne. La façon de parler figurée des prophètes qui expriment les choses à venir comme si elles étaient déjà passées, a été cause que les poètes se sont trompés. Les prophètes étaient inspirés de Dieu et voyaient les choses quUI leur révélait, comme si elles eussent été présentes. Lorsque leurs prédictions ont été publiées, ceux qui n'avaient point de connaissance des secrets de Dieu ont cru qu*elles avaient été locMiplies aux sièdes passés, bien qu'il soit vrai
qu'elles ne peuvent être accomplies pendant qoe l'autorité absolue et le pouvoir de commander est eiitre les mains des hommes. Mais quand ks religions profanes auront été abolies, que lo crimes seront bannis, et que la terre sera soumise à Tobéissance de Dieu :
Les piloln abandooneront tet TiiiefanT , cl In i renonceront an commerce. B n*y aura point de terroir qâ ne porte de tai-m«me toutes sortes de fraita , sans qne la hommes aient eu la peine de le calttrer. Les i ront dans les campagnes , les raisins pendroot ma et le miel oonlen des chênes. On ne teindra plna Ict 1 et la toison prendra sur le dos des brebis tontes aortes de eonlenrs. Les chArres idoarneront à la bergerie pleÉnes de fafe. et les troupeaux n'apprAenderoot plos U
11 semble que Virgile ait eu dessein en cet endroit d'imiter la sibylle de Gumes. Void ce que celle d'Erythrée a dit sur le même sujet:
Alors les kmps paKront arec les brebis sur tet les lynx aiec ks cberraux , les ours avec lea bon mangeront la paille dans r«abie; les
En un autre endroit, elle représente en ces termes l'abondance dont Dieu £avorisGa b hommes :
Uea, dit-elle, cooiblera les hommes de joie. La tcTR portai tontes sortes d'arbres . et œs arbres porleroni wae mernri» leuie diversité de toutes sortes de fhiilB. Ob vma eeriv eomme des fleuras de via , de miel it de Ut.
Une autre en a parlé de cette sorte :
n n'y aura que la terre habitée par les sena de bim.^ aura une si heureosefliertilUé, et o6 l'on verra conlerieHid du creux des rociiers.
Les hommes vivront en ce temps-li dans ooe profonde paix et dans Tabondanoe de tontes choses. Ils régneront avec Dieu, et les prinm des nations les plus éloignées viendront aciorer le grand roi , dont le nom sera vénéraHe à loot l'univers , et lui feront des présens.
XXV. Voilà ce qui aété prédit par les prophètes. Je n'ai pas cru qu'il fbt nécessaire de rapporter leurs paroles ; et d'ailleurs j'aurais éU engagé à un travail presque infini, et j'aur» trop augmenté mon ouvrage, en amassitf quantité de passages conformes les uns aix autres, et dont la répétition aurait été foit ennuyeuse. J'ai de plus été persuadé que ce serait im avantage considérable à la cause qœ je défends, d'employer plutôt le témoigni^f des étrangers que celui des auteur» de doa
INSTITOTIONS DIVINES.
parti , et de ftàte voir que nos amemis ont entre leurs mains des preuves de la vérité qu'ils refusent de reconnaître. Si quelqu'un veut s'instruire solidement , qu'il aille à la source de ces auteurs sacrés, et qu'il puise dans leurs ouvrages une doctrine plus ample et plus merveilleuse que celle que j'ai renfermée dans cduigI. On demandera peut-être, quand toutes ces choses que j*ai racontées arriveront. J'ai déjà fait voir qu'il est absolument nécessaire qu'à la fin des six mille ans l'état du monde soit changé, et qu'il parait par les signes qui , selon les prédictions des prophètes, précéderont ce changement, que le temps en est fort proche. Ceux qui ont écrit sur la chronologie, et qui ont supputé, tant selon l'autorité de l'Ëcriture que selon celle des historiens profanes, les années qui se sont écoulées depuis le commencement du monde, ont apporté des preuves très-solides de ce que j'avance. Quoiqu'il y ait quelque difffrence dans la manière de compter dé ces auteurs, H semble pourtant que la fin des siècles ne peut être éloignée de plus de deux cents ans. 11 parait aussi visiblement que le monde est menacé d'une ruine prochaine; et la seule circonstance qui peut diminuer notre crainte est que la ville de Rome subsiste encore dans un état florissant. Mais quand cette capitale de l'univers aura été renversée, et qu'elle ne sera plus qu'un amas de ruines, il ne restera plus aucune raison de douter que la fin des sièdes ne soit arrivée. Cette seule ville soutient et conserve tout. C'est pourquoi, si les ordres et les décrets de Dieu peuvent être différés , nous le devons prier que l'abominable tyran qui doit commettre tant de crimes et éteindre cette lumière, dont l'absence sera suivie de la ruine de l'univers, ne vienne pas sitôt. Continuons la description de ce qui doit arriver ensuite.
XXVI. J'ai déjà dit que le prince des démons sera lié, an commencement du règne des saints; mais il sera délié et mis enlibertéàla fin des mille laisdece règne, et des sept mille du monde. Mais il soulèvera les peuples et les excitera à prendre les armes contre les saints , et à mettre le siège devant leur ville avec des troupes innombrables. Ce sera pour lors que les derniers effets de la colère de Dieu sur les peuples éclateront, et qu'il exterminera jusqu'au dernier d'entre eux. Il ébranlera la terre avec une si horrible vio-