CASSANDRE, ARLEQUIN, PIERROT, COLOMRINE
D'abord, Cassandre reste surpris à la vue de son clerc en robe noire. Il veut la lui enlever et donne un soufflet à Pierrot, qui le rend cà Arlequin. Colombine se jette au-devant de son père pour apaiser sa colère. Cassandre furieux poursuit Pierrot qui se réfugie sur une estrade. Colombine, pour se ménager un allié, laisse baiser sa main par Arlequin, ce qui redouble la fureur de Cassandre. Tour à tour il poursuit les deux adversaires. Pierrot excite Arlequin à se venger, se joint à lui, et Cassandre est renversé sur le banc d'accusé. Cassandre, quoique plein de rage, est forcé de subir l'interrogatoire de Pierrot qui feuillette un gros livre en prononçant un discours qui appelle sur la tête du coupable de graves châtiments. C'est un véritable réquisitoire de procureur général que prononce Pierrot, qui accentue son discours de coups de pied sur le plancher de l'estrade. Pierrot s'ingénie à donner à sa toque diverses formes qui ont leur importance. La toque, dans les cas de graves condamnations, devra être menaçante et élevée. 11 faut qu'on puisse aplatir la toque, l'allonger en sens divers et qu'elle suive les différentes inflexions de la physionomie. Plusieurs fois, pendant ce terrible réquisitoire, Cassandre veut fuir ; mais il est sous la garde d'Arlequin qui, la batte au port d'armes, veille sur l'accusé comme un gendarme. Pendant que Pier-
rot se recueille avant de prononcer son jugement, Cassandre implore l'assistance de Golombine; mais elle répond qu'elle ne peut que s'incliner devant la volonté de Pierrot. Pierrot ayant agité la sonnette, se lève debout et tire de son gros volume une pancarte sur laquelle est écrit : CONDAMNÉ A MORT POUR AVOIR INSULTÉ A LA MAJESTÉ DU TRIBUNAL. Cassandre anéanti demande à genoux qu'on lui fasse grâce. Pierrot, prenant Colombine par la main, dit à Cassandre qu'il échappera à cette terrible condamnation, s'il veut lui accorder la main de sa fille. Lui aussi Arlequin se présente ; mais Colombine, pour s'en débarrasser, lui fait présent d'une bouteille de vin avec laquelle il se console immédiatement. Cassandre consent au mariage des deux amoureux, Pierrot au comble de la joie prend Colombine dans ses bras et lui donne un gros baiser. Puis, la tenant par la main, il s'avance avec elle vers le public, au coin de la scène à droite, puis au coin gauche, puis au milieu, et revient vers Cassandre.
— Ne consacrez-vous pas notre union par quelque divertissement ? dit Pierrot à Cassandre.
Arlequin, pour se venger, a voulu mettre le feu à l'étude, Cassandre s'empare de la chandelle. Alors les deux amants, la tête courbée, les mains l'une dans l'autre, reçoivent des mains de Cassandre le baptême de petits feux de Bengale.
Ainsi finit la Pantomime de l'avocat.