‹ Pantomimes de Gaspard et Ch. DeburauChapitre 28 sur 124 · HP TABLEAU · texte numérisé non relu

HP TABLEAU

Le salon du pacha.

Des nègres apportent des coussins ; les placent à gauche de la scène ; Pierrot entre porté sur des coussins par des nègres. L'eunuque, toujours habillé eu soldat français, entre aussi ; il a l'air d'un Suisse.

Les nègres portent Pierrot jusqu'au milieu du théâtre, et le laissent tomber par terre; Pierrot, furieux, leur administre une raclée. (Scène comique.)

Il va ensuite s'asseoir sur les coussins, appelle l'eunuque et lui ordonne de lui apporter à dîner. On

apporte les plats. (Repas et scène comique de Pierrot et de l'eunuque.)

Pierrot demande ensuite une pipe ; on lui en apporte

une énorme. (Scène comique.)

Pierrot ordonne que l'on se divertisse. Les bayadères

dansent un pas arabe. La danse finie, Pierrot se fait apporter un panier de jouets comiques; appelle une à une les bayadères et leur en remet à chacune un ; il fait une réflexion sur chacune d'elles: Tune est trop maigre; l'autre t^st trop petite, etc., etc.; enfin une grande aimée se présente. Dieu ! qu'elle est belle.

(C'est un homme qui joue ce rôle.)

Ensuite Pierrot appelle les soldats français et leur donne à chacun une bayadère, puis il dit : « Nous allons faire voir à ces moricauds comment Ton danse dans notre pays. »

Ils dansent un quadrille échevelé. (Scène comique.)

Le quadrille est interrompu par la générale qui se fait tout à coup entendre. L'on s'arrête; des coups de feu retentissent. Chacun court prendre son arme.

Le capitaine entre en combattant avec le fils du pacha. Ali poursuit Djeddah en la menaçant d'un poignard ; il veut la tuer. Pierrot prévenu arrive et met en fuite Ali. Le capitaine revient, entraîne Djeddah. Les soldats se bousculent. Ali entre avec le fils du pacha et lui dit : « Allons à la forteresse ! »

IVe TABLEAU

La scène représente une forteresse avec bastion en pente. Le drapeau arabe flotte sur la forteresse.

Le pacha, Ali et le fils du pacha entrent à la tête du reste de leurs troupes. « Voilà notre dernière ressource, dit le pacha en montrant la forteresse. »

Les Arabes se couchent à plat ventre.

Les Français arrivent et se placent devant la forteresse; les Arabes tout à coup se lèvent en poussant le cri de guerre.

Fusillade générale. Les Français montent à l'assaut. Ils jettent les Arabes par-dessus les remparts; tous disparaissent.

Le capitaine arrive en combattant avec acharnement contre Ali.

Pierrot survient ; il va pour monter à la forteresse ; l'eunuque y paraît un drapeau arabe à la main. Pierrot s'élance à l'assaut et dégringole avec l'eunuque ; combat comique entre eux deux et les Arabes. (Scène comique

à régler.)

Pierrot et les Arabes sortent. Le capitaine revient avec un drapeau français ; il monte à l'assaut pour planter le drapeau sur la forteresse. Ali paraît et tire un coup de pistolet. Le capitaine tombe à la renverse, mais revient à lui. 11 cherche son drapeau, se traîne à la force des poignets, et, pour ne pas qu'on vienne le lui prendre, cache le drapeau dans sa poitrine.

Mais les forces lui manquent, il tombe sur la hampe du drapeau.

Ali est descendu de la forteresse; il croit le capitaine mort et veut lui prendre le drapeau, mais Pierrot paraît et braque sur lui deux pistolets. Ali se sauve, l'autre le poursuit.

Djeddah entre et aperçoit le capitaine; elle le croit, aussi, mort ; elle se baisse et pose la Le te du capitaine sur ses genoux.

Entre le colonel français; puis ie pacha, Ali, le

fils du pacha viennent déposer leurs armes à ses pieds. Pierrot revient tenant l'eunuque ; il le jette à terre, et

le tire par la langue. (Une longue langue en drap rouge.)

Les Arabes sont aussi désarmés,

Tableau final — Apothéose.

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