‹ Papa: comédie en trois actesChapitre 106 sur 112 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

rendue. Moi, je ne pourrais pas la lui donner, je ne

pourrais ;);is.

LARZAC.

Oui, évidemment : il y a peut-être eu des malentendus dont je suis la cause et dont je te demande pardon. Je me suis trop souvent placé entre vous, je l'ai trop distraite de toi. Je voulais qu'elle i'iU tout de suite très heureuse, tu comprends. Il ne faut pas m'en vouloir; je l'aime beaucoup, cette petite, vois-tu, je l'aime très tendrement. Mais maintenant, j'ai compris, sois tranquille, j'ai compris. Et tiens, je peux bien te l'avouer, celte dépêche, ce n'était pas vrai... mais j'ai senti qu'il fallait que je vous laisse seuls l'un à l'autre. Et c'est pour ça que je pars, ce soir...

JEAN

Oh! je suis bien content que vous m'ayez fait ce racnsonge-là !...

LARZAC.

Tu es content? Tu vois, tu souris. Allons! allons! C'est fini tes idées de tout à l'heure. Nous n'eu parlerons plus jamais n'est-ce pas ? Je t'ai convaincu?

JEAN

Non. Vous m'avez convaincu de votre bonté, voilà tout. N'insistez pas, je vous assure; je sais ce qu'il me faut à moi pour être heureux.

LARZAC.

Toi! toi! Tu ne penses qu'à toi! Il n'y a pas que

toi, il y a elle!... Gomment, tu es fiancé à Georgina, tout le pays le sait et tu reprendrais ta parole ! mais c'est ur;a malhonnêteté. Et qu'est-ce qu'elle devien-

dra ? Elle est jolie.... elle est pauvre... elle est seule... alors c'est clair... on lui fera la cour, on la lui a déjà faite... on no se gônera plus... elle sera à la merci d'une faiblesse, d'une aventure, et un jour de découragement, elle tombera peut-être dans les bras du premier venu... et tu acceptes ça... et tu ne bondis pas et tu n'es pas jaloux... Quand il s'agit d'elle, de ce petit être unique... si gracieux,... si frémissant, si touchant... Ah! non! ah! non! je ne le permettrai pas... je ne veux pas que nous la perdions...

JEAN

Eh bien, il y a peut-être un moyen... C'est que moi je la perde et que vous, vous ne la perdiez pas.

LARZAC.

Qu'est-ce que tu dis?

JEAN

Mon père, voulez-vous que nous parlions... le cœar ouvert... l'imporlant, voyez-vous, c'est de savoir oii vont nos routes et de suivre chacun la nôtre. Je vous jure que je suis sans amertume,... presque sans regret... Si j'ai la gorge un peu serrée... ce n'est pas que je souffre... Oh! non, c'est que je pense à vous... c'est votre émotion qui tremble dans ma voix... Mon porc, vous aimez Georgina...

Page 1