‹ Papa: comédie en trois actesChapitre 25 sur 112 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LE GUUK.

A l'Elysée?... La demeure du Gouvernement?

LARZAG.

Nous y allions dans ce temps-là.

LE GURI^.

Mais je ne vois pas le rapport...

Un soir que le Maréchal avait convié à dîner l'élite do la Société royaliste, mademoiselle Lucienne Pavie, de la Comédie Française, vint jouer un acte des « Jeux de l'Amour. » Ah ! si vous l'aviez vue, Monsieur le Curé, dans les u Jeux de l'Amour. »

LB GURÉ.

Il y a peu d'apparence, monsieur, qu'un pareil spectacle eût pu m'être offert.

LARZAG.

Quelle grâce 1 Quelle allure I Quel coup d'éventail I Elle était dans les Marivaux comme chez elle. Moi, j'avais vingt ans, vous ne pouvez pas vous imaginer ce que j'étais à vingt ans. A la fin de la soirée, M. le duc Decazes me dit comme avec un regret : « Jeune homme, la République vous charge de reconduire Mademoiselle Pavie jusque chez elle. J'obéis. Je lui tendis son manteau. Elle me tendit son sourire. Je l'accompagnai jusqu'à sa voiture, j'y montai; j'y suis resté quatre ans. Quatre années délicieuses. Voilà ce que c'est que d'aller à l'Elysée. N'y allez jamais, Monsieur le Curé.

LE CURli.

Oh !... Ça ne me dit guère.

LARZAG.

Ah I quel souvenir! J'en souhaite un comme ça à tous vos paroissiens...

Llî CUUÉ, lerriflé.

Je vous en prie, monsieur, ne leur souhaitez rieni

Je tiens cependant, monsieur le curé, à ce que vous sachiez que j'essayai de me conduire en honnête homme. Après la naissance de Jean, je proposai à sa mère de l'épouser.

LE CURÉ

Excellente proposition, monsieur.

LAHZAC.

Ce ne fut pas son avis... Elle avait de la raison jusque dans l'amour. Elle me répondit par un billet que je vois encore et qui contenait cette petite phrase : « Vous m'offrez le mariage, mon ami, vous ne m'aimez donc plus ? »

LE CURÉ

Je ne comprends pas très hien...

LAIIZAC.

Vous ne comprenez pas ? Voyons, monsieur le Curé, vous connaissez la vie pourtant?

LK r.uiuî.

01» ! Je connais la vie de Lannemezan. Ce n'est sans doute pas tout h fait la iiK^nie... Et cette dame, n'estce pas, mourut...

r.AH/AC.

horsrpiolc jM'Iil .ivaildrux mus J'eus inilrès ^'rand,

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