ACTE PREMIER
un très profond chagrin, et quoi qu'il m'arrive dans la vie, je n'en aurai jamais qui vaille celui-là...
Voilà de bons sentiments, monsieur. Vous en avez, je le vois. Ils sont mêlés avec d'autres, certes, mais quand on trouve des bons sentiments, même mêlés avec d'autres, il faut encore bénir le Seigneur. Seulement, il reste une chose qui me tarabuste bien de votre part...
LARZAG.
Dites, ne vous gênez pas.
LE CURÉ
Eh bien, comment, monsieur le Comte, avez-vous pu rester vingt-deux ans sans revoir votre fils?
LARZAG.
Parbleu! Vous avez bien raison de me demander cela. Mais vous ne pouvez pas imaginer toutes les circonstances, — toutes les complications. Ma carrière d'abord...
LE GURâ.
La diplomatie, je crois ?
LARZAG.
Oui, la diplomatie. Et en ce temps-là, elle jouait encore un rôle, elle servait à quelque chose, elle pouvait provoquer une guerre... Nous n'étions pas des inutiles... Quelques semaines après la mort de Lucienne, j'acceptai un poste à Tokio. Avant de partir, je confiai l'enfant à l'abbé Aubrin et j'assurai son avenir. Je restai huit ans sans rentrer en France. Puis
j'occupai d'autres fonctions, ne faisant que traverser Paris, bousculé, affairé. Je ny revins délinitivement qu'il y a treize ans...
Eh bien, vous pouviez h ce moment-là reprendre l'enfant.
LARZAG.
Jamais de la vie! C'est vous qui me dites ça, monsieur le Curé? Est-ce que je pouvais mêler ce petit à une vie d'inconduite et de libertinage?
LE CURÉ
Mais vous auriez peut-être pu ne pas mener ce genre d'existence... Etait-ce indispensable ?
LAUZAG.
Indispensable, monsieur le curé... Et c'est pourquoi j'ai pris le parti le plus sage, en tenant jusqu'ici mon (ils à l'écart de ma vie.
LE GURÉ.
Jusqu'ici, dites-vous? Votre intention serait donc, désormais...
LARZAC.
Oui, monsieur le Curé. J'ai décidé de reprendre Jean auprès de moi et de devenir le meilleur et le plus res;iectal»le des j»(^res... car sachez-le, il vient de se produire dans ma vie un fait considérable.
LB QURÉ.
Lequel?
LARZ40.
Je dételle.