ACTE PREMIER
évidemment, c'est pain biînit. Mais fichtre! je ne suis pas toujours si bien tombé.
LE CURÉ
Vous m'honorez... monsieur, jo vous remercie... Vous m'inliiuidiez un peu tout à l'heure... mais moi aussi, je me sens maintenant tout à fait à l'aise... Vojs disiez donc que celle... celle petite... dame...
LARZAG.
Je vous disais donc que je l'avais rencontrée aux Cojrsis... Une taille cambrée, un joli pied, des yeux "uis, enfin... la petite femme!... je la montre à Charmeuil, en lui disant : Est-ce que?... 11 me répond : (( Parbleu! » Je la suis, n'est-ce pas?
L£ CURÉ
Oui!
LARZAG.
Je lui donne rendez-vous pour le lendemain. Elle arrive à cinq heures. Elle ôte son écharpe. Je l'embrasse dans le cou. Qu'est-ce que vous auriez fait à ma place? (Tèu du curé.) Et alors, savez-vous ce qui se passe? Cette petite mâtine se n>et à rire... à rire... Elle ne s'arrêtait pas. Je lui demande ce que ça signifie. Alors, au lieu de répondre, elle me prend par la main, elle me conduit à la cheminée et me mon- Uant ma tète dans la glace, elle me dit : « A votre i\ge! )) Et le terrible, c'est qu'elle m'a dit cela, avec gentillesse... avec douceur, comme avec un peu de regret... C'est ça qui m'a fait comprendre qu'elle avait raison!... J'ai fait rire une femme, monsieur le curé, je n'en ferai pas rire deuxl
LE CURÉ
Ah! mon pauvre monsieur!
LARZAG.
Le soir de ce jour-là, je sortis tout seul. J'entrai aux Ambassadeurs, j'allumai un cigare. Une grosse dame déferla sur la scène et se mit à chanter ; « Nous avons tous eu vingt ans »; je me sentis sombrer dans cette mélancolie affreuse qui est l'altrait irrésistible du café-concert. Je me levai. Mon cigare s'était éteint, }e ne le rallumai pas. La vie me semblait vide et sans goût. Le refrain que je vernis d'entendre m'obsédait... Comment une ciiose si bote a-t-elle pu me causer un tel troul)Ie... Je no.Msais à mes vingt ans et puis je pensais à ceux d'un a Ire jui les avait eus loin de moi, sans moi, un autre que j'avais quitté... un pauvre petit, et qui était devenu un pauvre grand! Le lendemain, je partais pour Lannemezan... Ah! ça, pourquoi pleurez-vous, monsieur le curé?
LE CURÉ
Et vous, monsieur?
LARZAG.
Moi?
LB CURÉ
Oh! N'«n ayez pas de lionte. Votre histoire me prouve une fois de plus que les voies de la griVcc sont liiio'u''lrH'lr»H et «l'ie le bon IMcii psI sur lous les cbe-
LARZAC, avec talion.
Parlez-moi do Je ;n.