ACTE DEUXIÈME
je ne lui ai pas répondu des injures comme doit le faire une jeune fille... Il nous faisait énormément de visites. Une fois, il m'a trouvée très triste, parce qu'il faisait beaucoup de brouillard et que j'avais une envie furieuse d'avoir une splendide robe verte avec beaucoup de fourrures très chères. Vous savez il y a des méchantes gens à Paris qui vous envoient des catalogues...
LARZAC, à part.
Pauvre petite !...
GBORGINA.
Et ce jour-là, c'est ça qui devient grave. Ce monsieur m'a oflert de l'argent.
LARZAC.
Vous l'avez refusé.
GEORaiNA.
Non. J'ai accepté.
LARZAO.
Ohl
GEORGINA
Même plusieurs fois. Oh! Il était très respectueux. Seulement, tous les mardis, il me disait : Faites moi donc le grand honneur de venir me voir demain...
LARZAC.
Vous n'y êtes pas allée ?
Si.
LARZAC.
Ah!... Pourquoi avez vous fait cela?
GEORGINA
Vous VOUS intéressez donc à moi?
LA.RZAC, presque avec colère.
Mais oui.
GEORGINA
Qu'est-ce que vous voulez, j'étais lasse, abandonnée. Je ne connaissais pas encore Jean... Oh! Je ne voulais pas d'abord... J'ai essayé de m'empêcher... J'ai fait des prières, j'ai fait des réussites... Et tout de même, une après-midi je suis partie en courant et j'ai été chez lui.
LARZAC,
Sapristi I... Vous ne saviez donc pas à quoi vous vous exposiez ?
GEORGINA
Si, je le savais. Oh! j« ne vous cache pas cela, j'avais réfléchi. J'étais décidée à tout. Je suis entrée, il m'a accueillie comme une reine, il m'a fait visiter tout le château... C'était beau, tout ce luxe... Ça me mettait dans une espèce d'ivresse... Lui, il s'agitait... il s'énervait... il bredouillait...
LAUZAQ.
Naturellement I... Et après?...
Après, il m'a menée dans le fumoir... Tout autour, il y avait «les portraits d'ancêtres... Ça a eu l'air de le rassurer... Il est redevenu très grand seigneur... et il s'est mis à m'emhrasser dans le cou, comme un foui...