ACTE DEUXIÈMB
LARZAG.
Quel goujat !
GBORGINA.
N'est-ce pas?... Vous, vous n'auriez pas fait çaT
LARZAC.
Moi!... Continuez...
GBORGINA.
Tout à coup, il m'a pris la taille... et il a commencé i\ m'enlraîner.
LARZAG.
Mais ?...
GEORGINA
A ce moment, par hasard, j'ai aperçu dans une glace, sa figure contre la mienne. Il était rouge, très Hiïreux, les yeux ronds, décoiffé... avec pas beaucoup (le cheveux... Et être décoiffé, avec pas beaucoup de choveux, c'est la chose la plus ridicule dans le monde... Alors, il s'est passé une chose incroyable... Je me suis mise à rire, mais èi rire...
Ahl
GEORGINA
Sans plus pouvoir m'arréter... Et je riatis... je
riais...
LARZAG.
Très bien I
GîiORGINA.
Il u c\ '• dubord t'loiin\ puis vexé, puis furieux.
LARZAG.
C'est bien fait.
GEORGINA
Il me disait : Mademoiselle... Mademoiselle.. Mademoiselle... Mademoiselle... Mademoiselle... comme s'il ne savait plus que ce mot-là... Et je riais encore... et je riais toujours... A la fin, j'ai sauté sur mon chapeau...
LARZAG.
Et vous vous êtes enfuie ?
GEORGINA
De toutes mes jambes.
LARZAG.
Bravo I
Et j'ai galope^ jusqu'à la maison... Et je riais... et je riais... Je suis arrivée, je suis vile montée dans ma chambre, j'ai fermé la porte, et je me suis mise à pleurer..
LARZAG.
Ah I ma petite, quelle peur vous m'avez faite!
n remet la lettre dam sa poche.
GEORGINA
Voilà ce qui m'est arrivé. J'ai été repêchée pas par de la vertu, pas par des principes, mais seulement par hasard, parce que j'ai ri... Cela, vous ne pourrez jamais le croire...
LARZAG.
Eh bien, vous vous trompes, vous arez la chance
ACTK DEUXIÈME 15*7
de tomber sur le seul homme qui puisse le croire I... Et vous n'avez jamais revu ce monsieur, je pense ?
GEORGINA
Non, mais j'ai joliment pensé à lui.
LARZAG.
Aht
GEORGINA
Dame 1 A cause des trois mille francs qu'il m'avait donnés.
LARZAG.
Il faut les lui rendre.
Oh! Je les lui ai rendus.
LARZAG.
Gomment ?
GEORGINA
Nous avons vendu une petite prairie, et puis on a travaillé. On a peint des éventails, des sachets, vous savez, toutes ces choses ridicules qu'on donne dans les bals et qui sont faites par des femmes qui n'y ont jamais été. Enfin, on s'en est tiré.
LARZAG.
Vous avez fait ça, vous, avec ces petites mains-là?
GEORGINA
Oui...
LARZAG.
Ah ! quel dommage que...
GEOUOINA.
Quoi donc ?
XiARZAG.
Rien, rien.
GEORGINA
Si. Vous vouliez me parler tout à l'heure quand je suis entrée, vous avez dit que c'était une chose délicate, très grave.
Ça ne l'est plus... ça ne l'est plus.
GKaRGINA.
Vous ne dites pas vrai... Je veux savoir... J'ai le droit...
LARZAC.
Eh hien, mon Dieu, peut-être ai-je pu avoir certaines préventions.
GEORQINA.
Contre moi î
LARZAG.
Oh noni non.., pas contre vous )
QBORaiNA.
Contre qui alors ?
LAREA,a.
Hais...
aiORGINA.
Taisez-vous t... Je devine I... Contre mon père.
LAUZAG.
Mais nonl...
OBORaiNA.
Ûbt Ne pren«E pas la peine... Je lais... On a dit du