‹ Papa la vertu; pièceChapitre 123 sur 129 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, GLORIEUSE, PIERRE.

, GLORIEUSE, ouvrant la porte.

Parrain ! nous voilà !

GANTABEILLE, reculant.

Glorieuse!... Glorieuse!... Cette fois^ je suis fou tout à- fait, tout à fait... Toi!... c'est toi !...

Il va en arrière tomber sur le fauteuil, regarde la jeune fille comme s'il voyait un fantôme. Elle court à lui, s'arrête un instante tourne la tête, suppliante, vers Tourbanyès.

TOURBANYÈS.

Embrasse-le... Il a besoin de ces baisers-là, et puis, n'est-ce pas la meilleure manière de lui prouver que tu es bien vivante?

GANTABEILLE.

Toi! toi !... c'est bien toi!...

Il la regarde, la frôle et finit par éclater en sanglots dans ses bras.

GLORIEUSE

Oui, moi, sauvée... et par mon fiancé...

PIERRE

Mais vous?

GANTABEILLE.

Moi, c'est au meilleur, au plus généreux des amis que je dois la vie.

GLORIEUSE

Go.nment avez-vous pu faire, mon parrain ?

PIERRE

Il vous a fallu de l’argent, beaucoup d’argent^ et...

TOURBANYÈS.

Et ma bourse de vieux troupier est plate, hein?... Que voulez-vous? ce Grésus de Groixailles me turlupinait depuis des semaines pour lui vendre ma collection... Il prétendait que ça lui ferait avoir des femmes du monde de pouvoir leur montrer le chapeau de Napoléon.

GANTABEILLE.

AhI c’était le plus grand sacrifice que tu pouvais faire...

TOURBANYÈS.

Possible !... Mais n’en est-ce pas un aussi pour toi que de renoncer à être le témoin de leur bonheur ?...

Il montre Pierre et Glorieuse.

GANTABEILLE.

Oui, c’est à toi que je laisse l’orgueil et la joie de mener notre enfant à l’autel... Je te dois bien ça!

Il lui serre la main.

Rideau.

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