‹ Pape et concile au XIXe siècle [microform]Chapitre 14 sur 46 · I»AI»E ET CONCILE · texte numérisé non relu

I»AI»E ET CONCILE

Al dix-m:lvièmi: siècle

véritable base, renail en même temps à la liberté >.

On serait curieux de voir ce système à l'œuvre, et lie savoir ce que penserait le pape d'un professeur de séminaire qui mettrait librement et tout de bon t à répreuve des discussions les plus rigoureuses » ou l'Immaculée Conception, ou tel et tel point du Syllabus, sauf à trancber catholiquement ensuite comme s'il n'avait rien dit, comme si aucune objection n'avait porté ni pu porter.

Cette même certitude que Tabbé Gerbet invoque comme élément de liberté, vous l'entendrez invoquer par Newman, dans une de ses Conférences, comme justiflant précisément le contraire, — le refus de la liberté d'examen.

Ce refus, selon lui, n'est pas un décret prononcé. arbitrairement par rÉglisc, mais la conséquence naturelle de la notion même de la foi. La foi, dit-il, est oui ou non ; on l'a ou on ne l'a pas. Si un catholique n'est pas pleinement et absolument convaincu de tout ce que l'Église enseigne, il n'est pas catholique; s'il a cette conviction, s'il est sûr de posséder actuellement la vérité, il ne peut pas raisonnablement demander la liberté de changer d'avis, puisque ce serait demander la liberté de tomber dans l'erreur. Bref, si je suis certain de posséder

aciuellementla vérité, il y aurait folie, de ma part, à me réserver le droit de la perdre.

Voilà donc encore un système. « Tu ne peux pas dire que rÉglisc t'enlève la liberté, car, celto liberté qu'elle t'enlève, tu ne pourrais pas logiquement demander de la conserver. »

Ainsi, l'un nous disait qu'avec la foi en l'autorite de l'Église, on pourra s'élancer courageusement, librement, à travers toutes les objections ; l'autre nous dit, au contraire, qu'avec la foi en l'autorité de l'Église, il n'y a plus lieu à examiner ni objections ni preuves, plus lieu à vouloir être libre. Renoncera- t-il, pour cela, à parler de liberté? Nullement. Il se souviendra, lui aussi, qu'un peu de libéralisme est nécessaire. Le catholique, dira-t-il donc, est libre, pleinement libre. C'est volontairement, c'est « par prudence » qu'il évitera d'examiner, de sonder. Par prudence ! Mais vous avez dit, au contraire, que l'autorité lui garantit (ju'il ' ne sera pas ébranlé. Sans doute, répond Newman. € Il ne craint pas que les objections soient fortes en elles-mêmes ; il craint seulement que Dieu, s'il y prêtait sans nécessité l'oreille, ne le punît par la perte de sa foi sunialurelle, « c'est-à-dire du don de croire malgré les objections. C'est comme s'il nous disait : « Vos objections ne m'ébranleraieni ,

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