‹ Pape et concile au XIXe siècle [microform]Chapitre 42 sur 46 · LE MAIUANISME ET DIEU · texte numérisé non relu

LE MAIUANISME ET DIEU

I. Un pas de plus : Marie toute-puissanie. - En lUéorie, intercession ; en fait, exaucement direct. - Le Sut tuum. - L'Oraison Dominicale. -La Fêle-Dieu. -Le mois de Marie.

II Evolution désormais consommée, et, en grande partie, œuvre de Pif IX. — Résistances catholiques, mais emportées par le torrent. - Le pape sanctionnant par ses paroles et son exemple tous les excès de la piété populaire.

Ce ne sont pas seulement des pardons, et des pardons sans fin, qu on enseigne à attendre de la Vierge ; tout peut lui être demandé, et bien plus sûrement que par la prière à Dieu. Concurrence encore, et les réclames ne seront pas moins éblouissantes que dans la question des pardons. Nous avons lu et entendu des choses qui équivalaient à représenter Dieu comme un marchand dont la vieille boutique n'est plus digne de recevoir les chalands à la

mode- Tci, en outre, on fait généralement un pas de plus.

PAPE ET CONCILE ETC

et ce pas n'est rien de moins que l'élévation de la Vierge au rang de divinité toute-puissante. Les pardons, on risque nioins d'oublier qu'elle ne peut les accorder elle-même, qu'elle doit les demander ; les autres grâces, surtout les grâces temporelles, il y a très-peu de gens qui ne les lui demandent pas comme pouvant venir d'elle, et ne lui accordent ainsi un pouvoir divin, souverain.

Rien là, du reste, qui ne se retrouve plus ou moins dans le culte de tous les saints. On aura beau nous montrer, et dans le décret de Trente, et dans des livres, que l'Église ne reconnaît pas aux saints le pouvoir d'exaucer; on aura beau nous dire, avec Bossuet, que, quels que soient les termes employés dans une prière à un saint, « l'intention de l'Église et des fidèles le réduit toujours à ceci : Priez pour nous ». L'intention de l'Église, c'est possible ; l'intention des fidèles, nous le nions, — et qu'importe rintention abstraite de l'Église, si les fidèles sont inévitablement conduits à en avoir une autre? Qu'importe que le concile de Trente parle d'intercession et rien que d'intercession, si, en fait, dans ma pensée, dans mon cœur, ce n'est pas une intercession que je demande, mais une vraie grâce, un vrai don, un acte, enfin, qui suppose la toute- ' puissance du saint? Même les gens capables de faire

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