‹ Pape et concile au XIXe siècle [microform]Chapitre 6 sur 46 · I/KPISCOPAT DEVANT LE SYLLABUS · texte numérisé non relu

I/KPISCOPAT DEVANT LE SYLLABUS

J. Lourde lâche. — Aucun triage possible. - Une idée de M. de Maislre, mais caiiioliqueraent impraticable. — Nulle autre voie que l'abdication.

II. Grave difficulté : Bien savoir ce qui réellement vient du pape. — Ce que nous connaissons de Pie IX, — Non possumus. — Ce que vaut et ce que révèle ce qui nous arrive de Rome. — Les vrais auteurs de ce que le pape signe. — Asservir r Église par lui, et lui par son autorité même.

III. Les jésuites sont FÉglise. — En douter a toujours été une erreur; aujourd'hui, ce serait absurde. — Ce qu'ils ont fait du christianisme.

iV. Franchise du Syllabus; triste habileté des évêques. - Bruyants éloges, et arrangements infinis. — La sincérité de la frayeur. — Le pape a tout laissé dire. —Mêmes procédés qu'avec la Bible.

V. Un sermon sur le Syllabus. — Pompeux, mais vide, et toujours à côté. — Les bonnes libertés. — Rome n'aime pas mieux les bonnes que les mauvaises.

5Î0US touchons à une question délicate, celle des vrais sentiments de Tépiscopat catholique sur ce grand coup de tête de son chef.

PAFK ET CONCILK

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Coup de tète, disons-nous. Deux versions, pourtant, ont couru. Selon Tune, ce mot est juste. Personne, sauf quelques intimes, ne connaissait les deux pièces ; personne ne s'y attendait. Selon l'autre, elles avaient été communiquées à un certain nombre d'évêques, et, soit que la communication n*eùt été faite qu'à ceux dont l'approbation était certaine, soit que nul n'eût osé désapprouver, on put, à Rome, sinon croire , du moins faire croire au pape que Tépiscopat approuvait.

Au fond, cela importe peu. Prévenu ou non, consulté ou non, Tépiscopat s'est trouvé tout à coup sur les bras une grande tâche : Présenter et recommander aux peuples cette révélation enfin complète de la pensée ultramontaine.

Cette tâche, beaucoup Font évidemment trouvée bien lourde. La longueur, le vague, l'embarras de la plupart des mandements publiés, disent as»ez qu'on aurait préféré n'avoir pas à être si habile.

Mais, avant d'en venir aux habiletés sans nombre dont il a fallu entourer, presque partout, la publication de l'écrit papal, je voudrais le suivre un moment à son arrivée chez ces hommes qui étaient d'avance condamnés à y voir la plus parfaite expression de la foi et de la morale.

AU DIX-NEUVIÈIMK SIÈCLE

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Voici, en effet, ce qu'ils y ont lu : Toutes et chacune des mauvaises opinions et doctrines signalèes une à une dans nos présentes lettres, nous les proscrivons, réprouvons^ condamnons par notre autonté apostolique, voulant et ordonnant que tous les enfants de l'Église les tiennent pour ewtiêrement réprouvées , proscrites , condamnées,

— Voilà qui eât clair. Aucun triage possible entre les assertions de l'Encyclique, entre les quatrevingts déclarations du Syllabus. Tout est à prendre comme infaillible en gros, infaillible dans les détails.

L'évêque, ou, si l'on veut, un catholique quelconque, pourra-t-il au moins se considérer comme tenu seulement de ne pas contredire et d'obéir ? — C'est ce que M. de Maistre parut un jour enseigner, dans une de ces boutades qui lui étaient familières. L'infaillibilité dans l'Église, disait-il, qu'est-ce, après tout, que ce qui s'appelle, dans l'État, souveraineté? Ne faut-il pas partout un pouvoir qui ait le dernier mot, et auquel on soit tenu d'obéir?

— Si c'est ainsi que M. de Maistre a cru à l'infaillibité papale, il n'y a pas cru, car la notion d'infaillibilité n'^implique pas seulement obéissance, mais adhésion, mais foi. Que, citoyen, j'obéisse à des lois qui me déplaisent; que, soldat, je me

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