Faber, III, p
Isar le désir de la réiiiiion des Eglises, d'un rapprochement quelconque, dont s'occuperaient les théologiens qui sont censés devoir venir à Moscou. Inutile d'ajouter que cette minute extravagante n'a jamais eu un commencement d'exécution, si toutefois elle a été soumise à Ivan, ce qui n'est guère probable '.
Mais revenons à Steinberg et suivons-le dans ses démarches. Avec son apparition sur la scène, les affaires prennent un autre aspect, un courant d'idées occidentales se déverse dans le Ilot des négociations, les formules vaporeuses de Schlitte sont remplacées par des affirmations nettes et précises, qui trahissent un esprit plus judicieux, mieux doué pour la politique. Le choix du négociateur était, en effet, des plus heureux : bien vu à la cour de Vienne où les protections ne lui manquaient pas, dans les meilleurs termes avec le nonce Pierre Bertano, plein d'ardeur pour l'entreprise moscovite, prenant au sérieux son titre de chancelier, Steinberg sut tirer parti des circonstances favorables.
En homme avisé, il se ménagea tout d'abord des ressources matérielles : le comte Philippe d'Eberstein lui offrit sa bourse et son concours, pourvu que Rome le remît en possession d'une ancienne abbaye de Wiirtemberg, où ses ancêtres avaient jadis exercé le droit de patronage. Deux traits historiques ont survécu à l'oubli qui est devenu le partage d'Eberstein : grâce à ses soins, la prospérité de sa maison s'est considérablement développée, mais quelques années avant sa mort, ses facultés mentales baissèrent à tel point (|u'on fut obligé de le mettre sous tutelle^. On pourrait peut-être en conclure que, malgré des aptitudes financières, sa tête n'était pas fortement organisée et (ju'il se laissait