Archives du Vatican, Svelia, XCV, p
2. Troïékourov raconte lui-même ce stratagème dans son rapport, cité par Karamzixe (X, p. 25, note 67).
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Lithuaniens et Polonais redoutaient également ces incursions dévastatrices, pareille offre ne pouvait déplaire ni aux uns ni aux autres; en vue de cet espoir, une trêve de deux ans fut signée sur la base du statu quo. Les profanes ne pénétraient pas au delà; un profond secret entourait des négociations plus importantes. D'après les sources russes, Bathory aurait signifié luimême aux ambassadeurs, à leur arrivée, qu'il accorderait peut-être une trêve décennale, si le tsar restituait à la Lithuanie Novgorod, Pskov, Louki, Smolensk et Séversk; il aurait, en outre, ajouté ces paroles menaçantes : « Le père de Fedor ne voulait rien savoir de moi, mais il a été obligé de faire ma connaissance, il en sera de même du fils. » Ce n'était qu'une entrée en matière, Zamojski se chargera du développement. Aussitôt après la conclusion de la trêve, Troïékourov et Beznine furent avertis qu'ils en étaient redevables à l'intervention de Possevino, et invités à se rendre auprès du chancelier qui leur parla en ces termes : « Vous n'ignorez pas, leur dit-il, quels sont les droits de ce royaume sur les principautés de Novgorod, de Pskov et de Smolensk, et vous savez que, la trêve étant expirée, nous aurions pu raisonnablement les réclamer. Néanmoins, comme les moyens pacifiques doivent toujours être préférés aux moyens violents, sachez que le plus sur expédient d'éviter toute contrainte et même de vous unir à nous pour toujours, c'est de faire accepter certaines conditions par votre grand-kniaz. Vous voyez qu'il est assez gravement indisposé, vous ne pouvez donc vous promettre ni succession sur le trône, ni grande sécurité, bien que nous désirions vivement que le grand-kniaz et tous les autres souverains aient une postérité, car c'est un don spécial de Dieu. Mais puisque les choses en sont là. et qu'il est facile de prévoir que. privés de
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chef, vous seriez victimes des Turcs, des Tatars et des autres, nous vous proposons, si le grand-kniaz venait à mourir sans succession, de traiter avec nous, afin de vous réunir à la Pologne, à l'instar du grand-duché de Lithuanie. Le voisinage, la communauté de langue, la liberté accordée dans notre royaume à l'exercice du rite ruthène, notre intime union avec les Lithuaniens, le fait même que toutes ces provinces tirent leur origine de trois frères, Liakh, Russe et encore un autre i; voilà certes des motifs suffisants pour que vous réfléchissiez bien à cette proposition, car si vous aviez l'intention de vous donner à nos ennemis ou à d'autres, vous pensez bien que nous ne nous manquerons pas à nous-mêmes. »
Qu'on se figure l'étonnementdes diplomates du Kremlin, rivés à la lettre plutôt qu'à l'esprit de leurs instructions, et mis tout à coup en présence des plus graves questions où une forte dose d'initiative était absolument nécessaire. Fidèles à la consigne, ils se gardèrent bien de s'engager dans cette voie et répondirent modestement qu'ils ne pouvaient se permettre pareille infraction à l'usage, mais qu'on recevrait courtoisement les ambassadeurs de Bathory à Moscou, s'il voulait les y envoyer. Ils n'oublièrent pas d'ajouter, comme pour neutraliser les funestes conjectures de Zamojski. que c'était un vœu éminemment chrétien de souhaiter à leur souverain santé et postérité^.
Ainsi triomphait, grâce aux circonstances, la politique d'expectative et de paix. Le danger d'une guerre était ajourné, faute principalement de subsides. Un vaste champ s'ouvrait donc à la diplomatie : apaiser les es-