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au pape. L'abbé était chargé d'encourager ces braves montagnards , de se concerter avec eux , de leur insinuer l'idée d'une ambassade à Rome. Les détails nous manquent ici; mais, à partir de cette époque, les relations avec les Albanais se raniment, le Saint-Siège leur envoie des munitions et de l'argent; en 1601, éclate un soulèvement général, une armée turque arrive à marches forcées; écrasés, cette fois, par le nombre, les Albanais se relèveront bientôt, et leur résistance sera longtemps invincible i.
Après l'éclatante et radieuse Venise, voici la Transylvanie avec ses hautes et sombres montagnes, ses forêts séculaires, son ciel le plus souvent brumeux. Vers le 15 janvier 1594, Komulovic arriva sur les bords du Maros, à Carlsbourg. On se rappelle combien cette petite principauté était chère à Stéphane Bathory, qui voulait en faire un rempart inexpugnable contre les Turcs et un « corridor » pour les missionnaires d'Orient Le voïévode actuel, Sigismond Bathory, ancien élève du collège de Poultousk, était un neveu du grand roi de Pologne. Les discordes intestines rendaient la situation extrêmement pénible ; sur l'anarchie des croyances se greffaient les partis politiques : les uns penchaient vers l'Autriche, les autres vers la Turquie ; quelques ambitieux ne songeaient qu'à renverser le prince régnant pour se mettre à sa place. Quant à Sigismond, il se livrait, dans ses montagnes, aux mêmes espérances que le pape au Vatican, si bien que, lorsque Komulovic partait de Rome avec des projets de croisade en portefeuille, le jésuite espagnol, Alphonse Garillo, confesseur du jeune voïévode, son conseiller et son ami, y arrivait muni de projets analogues. A Carlsbourg, l'ef-