‹ Papes et tsarsChapitre 118 sur 135 · l'Ii^Sl.EK. [V, p. 2'J · texte numérisé non relu

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mânes, sera au moins affranchie des humiliantes contributions'.

Nous avons anticipé sui- les événements pour faire mieux ressortir leur enchaînement, revenons à l'abbé Alexandre et à ses voyages. Si le traité de Sitvatorok n'est pas précisément son œuvre, au moins y a-t-il travaillé longtemps à l'avance : Clément VIII désirait l'alliance des trois voïévodes avec l'empereur, le mandataire romain s'est efforcé de l'établir, et c'est elle qui a amené les plus heureux résultats. Ici s'arrêtent les succès diplomatiques de Komulovic, désormais ses entreprises n'aboutiront qu'à des échecs , soit auprès des Cosaques, soit en Pologne et à Moscou. II est vrai que ces trois missions étaient hérissées de difficultés insurmontables. Et d'abord , jamais encore un émissaire pontifical n'avait paru au milieu des étranges chevaliers de la steppe, brigands de profession, héros dans la bataille, avant-garde des peuples slaves sur les frontières musulmanes, mais avant-garde insubordonnée, aventureuse, compromettante. Les Cosaques attaquaient l'ennemi à l'improviste, quand bon leur semblait, en temps de paix ou de guerre, sur terre ou sur mer, massacraient les corps détachés, assiégeaient les forteresses mal gardées, ou bien pénétrant par le Dnièpre dans la mer Noire, répandaient l'épouvante jusque sur les côtes de l'Asie, et, le plus souvent, rentraient dans leurs foyers avec gloire et butin. Le divan réclamait énergiquement, exigeait la répression et le supplice des coupables, mais, à part quelques satisfactions passagères, la Pologne préférait d'ordinaire avouer son impuissance vis-à-vis de ces milices turbulentes et presque rebelles. Etait-il donc vraiment impossible de maîtriser leurs

1. Voir les brochures de l'époque sur la Transylvanie dans Huk- MUZAKi, III, II, p. 479 à 536, n"* DXXIV ;. DLXIII.

LES DEUX MISSIONS DE KOMULOVIC 4d/

élans guerriers, et un bras de fer n'eùt-il pas lait des Cosaques une armée mieux disciplinée? En attendant que l'histoire donnât sa réponse, un diplomate romain. Gamberini, secrétaire du nonce Bolognetti, adressait à la seigneurie de Venise , en 1585 , un intéressant rapport sur les « Uscoques » du Dnièpre, sur leurs aspirations belliqueuses et leur besoin de subvention pécuniaire '. L'empereur Rodolphe allait encore plus loin : ses émissaires traitaient, de puissance à puissance, avec les Cosaques, les excitant, vers le milieu de Tannée 1594, à une prise d'armes contre les Turcs. Quelques échos de ces incidents parvinrent peut-être jusqu'à Rome, au moins y était-on suffisamment renseigné pour suggérer à Komulovic deux mesures judicieuses : discrétion visà-vis des Polonais, promesse, aux Cosaques, d'une somme de douze mille florins , sitôt qu'ils entreraient en pays ennemi. Ce langage était, en effet, le mieux compris et le plus apprécié sur les bords du Dniestre et du Dnièpre, et à Cracovie un mot superflu pouvait toul compromettre.

Dans les derniers jours de mars , l'abbé Alexandre arrivait à Kamieniec. Les Cosaques guerroyaient au loin , leur absence lui permit d'étudier le terrain d'action en poussant des pointes dans différentes directions. A Lvov, il trouva dans l'archevêque Solikowski un vaillant champion des idées romaines, prêt à donner de sa personne pour défendre les projets du Saint-Siège. Ailleurs l'horizon était loin d'être aussi rassurant. Le prince Constantin d'Ostrog était signalé dans les instructions comme bien renseigne sur les Cosaques et le meilleur conseil dans cette matière. Komulovic se rendit auprès de lui, présenta le bref de Clément VJII, re-

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