‹ Papes et tsarsChapitre 124 sur 135 · Storiiia. II, p. 85, n" LXIII : p. Sfi. n« I.XY; p · texte numérisé non relu

Storiiia. II, p. 85, n" LXIII : p. Sfi. n« I.XY; p

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LES DEl X MISSIONS HE KOMULOVIC 475

inières années du dix-septième siècle. Vers la môme époque , les relations de Rome avec Moscou entraient dans une phase nouvelle. Acclamé par les Russes et bientôt maître du Kremlin, « l'empereur » Dmitri prodiguait aux papes Clément VllI et Paul V ses protestations de dévouement , le programme romain était accepté dans tous ses détails ; survint une catastrophe qui renversa les projets à peine ébauchés ; un long silence succéda à ces événements dramatiques, il ne fut interrompu qu'en 1673, lorsque le tsar Alexis envoya Paul Menzies à Rome demander Tappni de Clément X contre les Turcs.

Lorsque, remaniant avec sa plume la carte de l'Europe, Henri IV ébauchait un projet grandiose « d'association » ou « république très chrestienne w, il en écartait complètement le tsar de Moscou. Ce « prince de Scythie », quoique « maître absolu de ses sujets plus que tout autre souverain », ne méritait pas, au gré du roi, que l'Occident lui fît des avances ; tout au plus aurait-on déféré à ses prières, s'il prenait lui-même l'initiative. Réserve hautaine, qui s'étayait sur des motifs d'ordre politique et religieux : Moscou semblait à Henri IV plus asiatique qu'européenne ; trop éloignée des centres d'action pour que l'on pût épouser ses querelles et la défendre contre ses voisins ; composée d'éléments hétérogènes, de nations si « sauvages, barbares et farouches », païennes ou schismatiques, que leur fusion avec des nations policées, professant d'autres croyances religieuses, ne promettait pas de réussir à souhait. Laissant donc de côté les Moscovites, Henri IV partageait l'Europe en quinze « dominations » qui se réduisaient à trois « groupes », et il calculait à son aise les contingents que fourniraient contre les Turcs ces Etats de récente création '. Quelle que soit la valeur de ce plan, à peine susceptible d'exécution, il nous intéresse principalement à cause de son contraste avec la politique traditionnelle des papes, qui s'efforçaient sans cesse de faire entrer Moscou dans le concert

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