‹ Papes et tsarsChapitre 15 sur 135 · Sciiptores rcr. pol., I, p · texte numérisé non relu

Sciiptores rcr. pol., I, p

ces ordres sont révoqués : si les négociations échouent, si la couronne est envoyée à Ivan, Kryski n'a plus besoin d'en avertir préalablement le roi; il est autorisé à produire aussitôt une protestation solennelle où libre cours est donné au plus profond dépit, et dont le texte lui est communiqué d'avance. Après avoir énuméré les mérites de ses ancêtres et les siens, Sigismond se répand en plaintes amères contre le pape : accorder le titre royal à Ivan, c'est prendre fait et cause pour les ennemis de la Pologne, c'est porter atteinte à la sécurité du royaume. Prenant à témoin le pape lui-môme et les cardinaux, il déclare que, le cas échéant, il ne garantirait plus la soumission traditionnelle des Polonais envers le Saint-Siège, que lui-même n'aurait plus pour le pape le dévouement sans bornes de ses aïeux. Si Rome favorise les projets ambitieux de son rival, c'est à lui de redoubler d'efforts pour les déjouer; ses ancêtres en eussent agi de même; poussé à bout, il fera une alliance avec les Turcs au lieu de les combattre; d'autres que lui en seront responsables •.

Nous voici avec cette pièce au point culminant de la polémique polonaise sur Moscou. La violente protestation, ébauchée par Sigismond, donne la mesure de son hostilité envers Ivan, et révèle le dernier mot de sa politique : éloignement de Rome et alliance avec les Turcs, telles sont les menaces du roi de Pologne si la couronne royale est accordée au souverain de Moscou. Au fond, les provinces à conquérir et les différends à régler sont la principale préoccupation du moment; le prestige que donnerait à Ivan une si haute faveur pontificale serait une première et grande bataille perdue : c'est ce qu'il s'agit d'éviter à tout prix.

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