Raïnaldi, XIV, ad ann. 1553, 11°. XL
tion systématique de Maffei. A la mort de ce vigoureux défenseur de la Pologne, un faible rayon d'espoir parut à l'horizon : Steinberg obtint une entrevue avec le confesseur du pape, qui le mit en rapport avec le cardinal de Cuppis, archevêque de Trani et doyen du Sacré- Collège. C'était vers le mois de septembre de l'année 1553, par conséquent bien après les déclarations officielles notifiées à Cracovie et à Vienne. Pour reprendre l'affaire abandonnée, le pape aurait dû revenir sur ses décisions et se déjuger complètement. Cette considération n'arrêta pas le chancelier moscovite. De sa plume toujours féconde, il rédigea de nombreux mémoires pour les cardinaux, un projet d'instruction pour les ambassadeurs du pape, des minutes de lettres pontificales à Ivan IV, à l'archevêque de Moscou [sic]^ à Charles-Quint, à Sigismond-Auguste '. C'eût été se tromper étrangement que d'attacher à ces pièces une importance quelconque ou bien d'y voir l'expression de la politique romaine; elles trahissent la paternité exclusive de Steinberg, et ne manifestent que ses propres idées. Les conditions d'union ébauchées autrefois par l'étrange chancelier reviennent ici de nouveau, appuyées sur les mêmes motifs, formulées de la même manière ; il n'y a en plus que des contradictions bizarres. Ainsi le pape qui a mis les Polonais au courant des négociations moscovites est censé ignorer comment ils en ont pénétré le secret; Charles-Quint, déjà hostile à l'entreprise, passe pour lui être encore favorable ; dans des documents officiels, ce langage eût été inadmissible. Cependant, faisant face à la mauvaise fortune, Steinberg reprenait déjà courage lorsque la mort du cardinal de Cuppis (10 décembre 1553) vint le priver de son nou-