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avec la plupart des princes d'Occident, voire avec quelques souverains orientaux, dans le but de rallier les uns et les autres sous le même drapeau contre les Osmanlis. il s'agit, dans l'espèce, des rapports de Pie ^' avec Moscou, dont les origines remontent à la môme source, c'est-à-dire au projet de guerre contre les Turcs.
Dans le rapprochement, sur ce terrain, du pape avec le tsar, il n'y a rien qui doive étonner. Le danger était si pressant et la cause d'un intérêt si général, qu'en dehors du monde ottoman on pouvait chercher partout des points de contact, avec l'espoir légitime d'en trouver. Par une étrange coïncidence, \'enise prenait le même chemin à la même époque. Sur la foi de l'émigré hellénique ^lalaxo. le conseil des Dix se flattait d'organiser un soulèvement dans la Morée; le patriarche de Constantinople devait être initié à ces menées secrètes. Pourparvenir jusqu'à lui. le nonce de Pologne fut prié, à titre d'ancien ami, de lui envoyer les dépêches vénitiennes par l'entremise du « roi de Moscou », que l'on engageait aussi à prendre les armes contre les Turcs. Cette corlespondance n'arriva jamais à sa destination*. On avait d'ailleurs à Rome une idée très favorable des Moscovites et de leur souverain. Les négociations de 1550-51 légitimaient de belles espérances; à deux reprises, des mandataires pontificaux avaient ensuite essayé de pénétrer jusqu'au Kremlin, mais chaque fois le roi de Pologne avait suscité des obstacles insurmontables. Ainsi rien n'avait modifié l'impression produite par les avances de Steinberg, bien qu'on ne sût pas au juste, Pie ^ l'avouera tout à l'heure, à quoi s'en tenir ni sur l'authenticité de l'ambassade, ni sur la \aleur des jjrojjositions russes.
1. H(..MAMN, VI, p. 287: Lamansky. p. 077 à 082, n»» 22 à 26; Archives d'I'tiil de Venise, LcLt. di anih. in Pal., 1.'>70-1'J01, busta 18, leUres de l'ortico des i 'i et 15 juin l.')70.
Les plus récentes relations officielles ne dissipaient guère ces illusions. Le nonce de Pologne. Giulio liuggieri, de retour à Rome en 1568. écrivait dans son rapport que le tsar, hostile aux luthériens, accepterait peut-être avec moins de répugnance l'union avec le Saint-Siège, si l'on parvenait à lui en exposer les principes. Quant à la politique. Ruggieri ne cachait pas au pape l'animosité qui régnait entre les Polonais et les Moscovites; une paix solide et durable lui paraissait impossible, tout au plus pouvait-on espérer une trêve de quelques années'.
Ces circonstances dans leur ensemble frappèrent l'esprit éminemment pratique de Pie \\ elles indiquaient le but à atteindre et la marche à suivre. Aussi, le nouveau nonce, Vincent del Portico, fut-il chargé de réconcilier Ivan lY avec Sigismond-Auguste. le pape devant accréditer, au besoin, un ambassadeur à Moscou pour activer l'entente cordiale, en vue d'une alliance contre les Turcs ^. Bientôt la guerre de Chypre vint donner à ce projet une poignante actualité, et au pape l'occasion d'en faire l'objet non plus d'un avis quelconque, mais d'une négociation diplomatique. De nouvelles et plus pressantes instructions furent envoyées au nonce de Pologne, intermédiaire d'office pour les affaires moscovites. L'àme de Pie ^' s'y reflète tout entière avec sa candeur, son énergie et son zèle. Le pape désire, si c'est possible, que Portico se rende lui-même à Moscou, qu'il expose franchement au tsar l'état des choses : les ambassades d'Ivan, sous le pontificat de Paul 111 et de