Theineu, J'et. mon. Pol., II, p. 77î
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autrement efficaces. Le 7 octobre 1571 marquait une date immortelle : la flotte chrétienne noyait dans les eaux de Lépantc le prestige du croissant. Cette grande victoire navale pèsera un jour, comme Salamine et Actium, dans les destinées du monde. Désormais la preuve glorieuse et sanglante en est acquise, que les fils des croisés, unissant leurs efforts, peuvent briser la puissance musulmane. Au pape revenait la mission de maintenir cette union et de la développer, — problème difficile, auquel Pie V consacra le reste d'une vie qui allait bientôt s'éteindre. Absorbé par cette incessante préoccupation, il ne songea plus à la ]\foscovie. Incapable du reste, à cette époque, de servir la cause commune, elle avait à se remettre de ses propres désastres. L'année 1571 avait été singulièrement fatale aux Russes; tandis que le pape recherchait leur alliance contre les Turcs, Ivan voyait ses propres Etats ravagés par les Tatars. Profitant des beaux mois du printemps, Devlet- Ohireï, khan de Grimée, avait porté le fer et le feu jusque sous les murs de Moscou, dont il avait incendié les faubourgs. Le tsar se réfugia dans le Nord et ne revint dans sa capitale que pour signer une paix plus humiliante que ne l'avait été sa fuite. Dès lors, comment compter sur son alliance ? Parfaitement initié à ces péripéties, Sigismond n'eut garde d'en appeler à l'invasion tatare dans sa correspondance avec le pape; et cependant n'eùt-ce pas été un spécieux prétexte pour entraver la mission moscovite? Les dépèches de Portico expliquent cette réserve : vers la fin de l'année 1571, les mandataires de Devlet-Ghireï vinrent à Varsovie se faire payer leurs prouesses, l'or polonais avait lancé les Tatars contre Moscou. Cette espèce de compromis ne répugnait pas aux hordes mercenaires, et les princes chrétiens s'en prévalaient sans scrupule, mais en se-
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(•ret*. Aussi, lorsque le pape abandonne ses projets, il n'en donne d'autre motif que la barlîarie et la cruauté des Moscovites. Son regard se tourne vers la Perse, l'Arabie, l'Ethiopie, c'est là qu'il cherche de nouveaux alliés.
Venise ne s'effarouchait pas si facilement. Les alliés n'avaient pas consenti au massacre des prisonniers de Lépante, le sicaire soudoyé contre Sélim n'avait pu tuer le sultan; le conseil des Dix revient alors, en 1572, à l'idée d'un soulèvement des Hellènes et d'une entente avec le tsar, mais les lettres qui lui sont expédiées ont le même sort que celles de 1570 : elles s'égarent en route ^.
Les événements ne tarderont pas à modifier, à l'endroit de Moscou, les vues du Saint-Siège. Déjà, dans sa relation finale, Portico avait insisté sur les avantages d'une paix durable entre les nations slaves^; Grégoire XIII fera de nouvelles démarches auprès d'Ivan.