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qualité voiles; le croissantsillonnaitdenouveaulesmers; déjà reparaissait à l'horizon le danger d'une nouvelle invasion qu'une ligue universelle pouvait seule conjurer. L'Europe du seizième siècle ne se laissait pas facilement enflammer par le feu sacré des croisades, Grégoire XIII n'en voulut pas moins affronter l'entreprise : l'avenir de l'Occident dépendait de la défaite de l'Islam. Les mêmes diplomates vénitiens, qui ont critiqué si vivement la politique extérieure du pape, avouent qu'il travaillait avec constance et ardeur à la ligue anti-ottomane, et que pour la faire réussir, il eût volontiers sacrifié les trésors de l'Eglise. Le problème à résoudre semblait d'autant plus difficile, qu'on ne pouvait plus compter sur les alliés de Lépante. Le 7 mars 1573, Venise avait conclu la paix avec les Turcs; l'Espagne de Philippe II signera une trêve en 1578. Cependant, les hostilités qui s'annonçaient entre la Perse et la Turquie faisaient de loin entrevoir le moment où l'on mettrait les Osmanlis entre deux feux si les princes chrétiens les attaquaient simultanément en Occident. A ce point de vue, l'alliance militaire des Moscovites eût été des plus précieuses; on devait se complaire à la croire possible.
Les dépêches de Laureo n'étaient pas faites pour décourager Grégoire XIII. La guerre avec Moscou avait d'abord semblé au nonce de Varsovie un excellent dérivatif pour l'ardeur belliqueuse des Polonais; mais lorsque les chances d'Ivan de succéder aux Jagellons devinrent jilus sérieuses, il s'aperçut qu'au fond ce choix ne serait pas si mauvais, pourvu, naturelleinent, que le tsar se fit catholique. En effet, les avantages paraissaient précieux. Bon capitaine, favorisé par la victoire, disposant de moyens formidables, animé de haine contre les Turcs et les hérétiques, Ivan pouvait mieux que tout
autre, dans la pensée de Laureo, régler la question d'Orienté
Par un singulier concours de circonstances, les diplomates autrichiens sont encore plus empressés à faire Téloo^e du tsar de Moscou. Pendant les deux interrègnes qui se succédèrent à quelques mois de distance, après la mort du dernier Jagellon ( 7 juillet 1572), de graves et communs intérêts eurent bientôt rapproché d'Ivan IV l'empereur Maximilien. Henri de Valois n'était monté sur le trône de Pologije que pour en descendre précipitamment, à la première nouvelle qu'il pourrait devenir roi de France. Le vainqueur de Jarnac s'en allait tuer les Guises et se faire assassiner par Jacques Clément. En proie à une vive agitation, déchiré par les partis politiques, le pays traditionnel du libevum veto se préparait bruyamment à de nouvelles élections. L'archiduc Ernest, à défaut de l'empereur lui-même, était le candidat de l'Autriche. Les Turcs favorisaient Stéphane Bathory, leur vassal et voïévode de Transylvanie. Bien que le tsar mit aussi des prétentions en avant, soit pour lui, soit pour son fils, soit sur la Pologne tout entière, soit seulement sur la Lithuanie, Maximilien 11 voulut essa3er de gagner ses suffrages pour Ernest. L'empereur s'intéressait aux projets livoniens d'Ivan; Bathory inspirait des craintes à l'un et à l'autre; cet enchevêtrement d'intérêts ouvrait le champ aux concessions mutuelles et à l'action diplomatique. Jean Cobentzl fut envoyé dans ce but à Moscou pendant l'hiver de l'année 1575. Ces négociations sont en dehors de notre sujet, elles roulaient sur le partage encore prématuré de la Pologne. La maison d'Autriche voulait bien céder des provinces qu'elle ne possédait pas, pourvu