Z.VKK/.E\vsKi, Stosiin/d, p. 8'i
politique de Sigisniond-Aii(^iiste, et la mission n'eut pas lieu.
L'année 1580 nous rapproche d'un événement remar- ({uable, d'un acte d'arbitrage pontifical en plein monde slave. Ivan le Terrible étonne les Russes par ses cruautés sauvages, Stéphane Bathory couvre les Polonais de gloire militaire; au plus fort d'une guerre fratricide, les deux peuples acceptent la médiation du pape ; Grégoire XIII délègue le jésuite Possevino, des négociations complexes s'établissent, les belligérants déposent les armes, une trêve est conclue. Ce fait important mérite une étude approfondie, malheureusement la plupart des historiens ont porté leur verdict avant que le procès eût été suffisamment instruit. En effet, les documents de A'enise éclairent la mission de Moscou d'un jour nouveau : ils nous apprennent que Possevino la considérail comme partie intégrante d'un vaste plan d'unité religieuse en Europe et d'alliance contre les Turcs. Nous avons toujours soupçonné que ces pièces devaient contenir de précieux renseignements : Grégoire XIII et le cardinal de Côme ne cachaient pas leurs sympathies pour l'Espagne, avec Venise les relations étaient souvent tendues, Possevino n'y mettait que plus d'ardeur pour amener une entente cordiale, il s'efforçait de séduire les sénateurs de Saint-Marc par la grandeur de ses projets, de captiver leur attention, de mériter leur concours efficace. Outre les documents dispersés dans les registres du sénat et du conseil des Dix, les archives d'Etat de Venise possèdent un recueil spécial intitulé : Affaredi Moscovia inaiieggiato dalP. Possevino^ Gesuil((. iri81-1582 {Sen.^ Bel., XX\';. Or, cette mine d'incomparable richesse n'avait jamais encore été exploitée, la mission de Possevino ne pouvait j)ar conséquent apparaître dans ses vraies dimensions.