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Sur le fait même de la trêve conclue à lam Zapolski, en 1582, les sources connues répandaient plus de lumière. Possevino s'était empressé de publier lui-même des actes si favorables au prestige de la papauté; longtemps après, Tourguénev et Theiner sont revenus sur le même sujet; Pogodine et Doubenski sur ses préliminaires; le journal de Piotrowski a été édité par Koïalovitch ; la deuxième section de la chancellerie privée de l'empereur de Russie a fait paraître les pièces conservées aux archives de Moscou, en omettant, — distraction fatale, — les plus importantes, c'est-à-dire les instructions d'Ivan lY à ses ambassadeurs et les rapports de ceux-ci à leur maître. Les historiens russes en prenaient philosophiquement leur parti; ni Soloviev, ni Ivostomarov, ni Bestoujév-liioumine, si prodigue en citations bigarrées, n'ont cru devoir pousser leurs recherches de ce côté; il a fallu les réclamations de l'Occident pour que M. Ouspenski se décidât à secouer la poussière des manuscrits moscovites. Les deux brochures publiées par le savant professeur d'Odessa, le Nakaz et les Pérégovorij^ ont rendu un service éminent à la science historique; avant leur apparition, un jugement complet et impartial sur la trêve de 1582 était à peu près impossible : les éléments nécessaires faisaient défaut'.
Nous n'avons parlé jusqu'ici que des documents officiels, il y a une série entière de documents d'un autre genre d'autant plus précieux qu'ils sont d'un caractère plus intime. Possevino avait de longues et secrètes conversations avec Bathory sur les plus graves questions de politique intérieure et extérieure, sur les projets du
1. La Société impériale d'histoiri; de Russie prépare un nouveau volume sur les rapports entre Moscou et la Pologne, où ces pièces seront probablement réimprimées.