POLKOWSKI, p. 102, 11" CXIV
130 PROJETS DE MISSIONS l'ONTIFICALES A MOSCOl
parvient à s'emparer de la ville'. Après quelques heures d'un combat acharné, Polotsk se rend aux vainqueurs. Le 11 septembre, Sokol, incendié, pillé de toutes parts, est le théâtre d'un carnage épouvantable ; les plus vieux soldats ne se rappellent pas avoir rien vu de pareil. D'autres forteresses moscovites, moins importantes, subissent tour à tour le môme sort ; les provinces avoisinantes sont dévastées sans pitié.
Or Bathorv était justement dans l'ivresse de la victoire, lorsque le nonce Caligari, à la suite des dépêches romaines, lui fit, le 8 septembre, ses premières ouvertures. Sans aborder la question moscovite, il parlait en général de la ligue et proposait, si l'armée s'attardait en campagne, de venir à Polotsk ~. Auprès du roi se trouvait Jean Zamojski, dit le Grand par ses compatriotes, chancelier du royaume, ancien étudiant de Funiversité de Padoue, aussi versé dans le droit romain et les auteurs classiques que dans l'art de la guerre, éloquent, courageux, ennemi traditionnel de ^Moscou. Ces circonstances ne promettaient pas un succès facile. D'autre part, ni Bathorv ni Zamojski ne s'opposaient, en principe, à la ligue ; tous deux se plaignaient souvent des Turcs, on soupçonnait les pachas de semer la discorde parmi les Polonais, dont la faiblesse faisait la force des Ottomans. Caligari ne se décourageait pas d'avance , il espérait môme, après tout, qu'une paix honorable, sous les auspices du pape, serait peut-être acceptée. Le roi et le chancelier répondirent au nonce