‹ Papes et tsarsChapitre 47 sur 135 · MISSION DE CIIÉVRIGUINE A ROME · texte numérisé non relu

MISSION DE CIIÉVRIGUINE A ROME

I. Le conseil de la Sloboda. — Situation critique de Moscou en 1580.

— Ivan IV s'adresse au pape et à l'empereur. — Finesse diplomatique. — Procédés envers Bathory. — Mariages d'Ivan et de son fils Fedor. — Hiérarchie diplomatique. — ^ Chévriguine est envoyé à Prague et à Rome. — Popler et Pallavicino l'accompagnent. — Négociations à Prague. — Pallavicino et Badoer. — Arrivée à Venise. — Discours au collège. — Indiscrétions des Moscovites. — Lettre apocryphe présentée au doge. — Entrée solennelle à Rome.

— Audience de Grégoire XIII. — Discours du pape au consistoire.

— Commission cardinalice. — Résumé de la lettre d'Ivan IV. — Appréciation du cardinal de Côme. — Décision prise. — Possevino destiné pour Moscou. — Ses qualités, ses défauts, ses antécédents, ses deux missions en Suède. — Pré^iaratifs de voyage. — Lettre de Grégoire XIII au tsar. — Instructions du 27 mars 1581. — Elles s'écartent de la première décision. — Impressions de Chévriguine.

— Départ de Rome.

II. Les voyages au seizième siècle. — Lorettc. — Popler et Pallavicino vivement impressionnés. — Malvasia et l'échec de 1578. — Arrivée à Venise. — Etat de la seigneurie. — Sa politique. — Inauguration du séminaire de Saint-Marc. — Projet insinué d'un séminaire militaire. — Discours de Possevino au conseil des Dix.

— Réponses évasives du doge. — Un bon conseil. — Décision de la seigneurie. — Mémoire et dépêches rédigés. — Communiqués en partie à Possevino. — Doubles envoyés à Braunsberg. — Giraldi- — Lettre de Chévriguine au Isar sous la dictée de Possevino. — Critique sévère des envoyés moscovites. — Confidences politiques de Popler. — On se sépare à Villach. — Possevino à Gratz. — Cobeutzl. — Le nonce Malaspina. — Possevino à Vienne.

— L'accident de Pallavicino. — Sa mort. — Soupçons. — L'archiduc Ernest. — Les Moscovites à Prague. — Possevino les v

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lejoinl. — L'Autriclie et .Moscou. — Départ de Chévriguine pour Lùbeck. — Compagnons de Possevino. — Son départ pour Yilna.

L'ambassadeur de Venise en audience chez le pape. — Possevino

jugé par Grégoire XIII et par les Vénitiens.

Le 25 août 1580, Ivan le Terrible réunissait son conseil dans le sombre palais de la Sloboba, sa résidence habituelle depuis qu'il était devenu le bourreau de son peuple, après avoir été la terreur de l'ennemi. Tout autour l'horizon se rembrunissait : des désastres militaires, avant-coureurs, selon toute apparence, d'une catastrophe, obligeaient le tsar à recourir aux lumières de ses boiars et de son fils Ivan, digne émule des sauvageries paternelles. La seconde campagne de Bathory s'annonçait sous des auspices non moins biillants que la première : la forteresse de Louki se voyait menacée du même sort que Polotsk et Sokol, dont les Polonais s'étaient emparés l'année précédente, et, ce rempart venant à tomber, le cœur môme du pays restait à découvert. D'ailleurs, le roi de Pologne n'était pas le seul ennemi à craindre : naguère repoussés par Ivan, les Suédois reprenaient courage et revendiquaient TEsthonie; le Danemark épiait l'occasion de dénoncer la trêve onéreuse conclue en 1578. Du côté opposé, les Tatars, échelonnés sur les extrémités orientales de la Moscovie, étaient d'autant plus redoutables que jamais ils ne désarmaient : du jour au lendemain, une révolte pouvait compromettre les récentes conquêtes de Kazan et d'Astrakhan, convoitées par le khan de Crimée, derrière lequel on voyait s'élever le drapeau menaçant du Prophète. De graves difficultés intérieures compliquaient encore la situation. Le tsar était dominé parla frénésie du sang, des hécatombes humaines se renouvelaient périodiquement, les meilleurs boïars tombaient victimes

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