‹ Papes et tsarsChapitre 55 sur 135 · TouKGuÉNEv, I, p. 389, u» CCLI · texte numérisé non relu

TouKGuÉNEv, I, p. 389, u» CCLI

164 l'arbitrage pontifical

vaste intelligence, connaissances variées, don d'observation, expérience des affaires, talent diplomatique, caractère fortement trempé, mais souple et insinuant. Une santé de fer, qui rarement faiblissait sous le poids de la charge, lui permettait d'être assidu au travail et de laisser libre cours à son activité dévorante. Ce n'est pas qu'il n'eût les défauts de ses qualités : sachant ce qu'il valait, confiant dans ses forces, dès que devant lui s'ouvrait un nouveau champ d'action, il l'accaparait pour lui seul, donnait aux affaires, concentrées dans ses mains, une impulsion énergique et se croyait appelé à les résoudre à sa guise, sans trop d'égards envers ceux qui unissaient leurs efforts aux siens. Aussi les nonces pontificaux, dont il se faisait parfois l'auxiliaire, le trouvaient-ils communément assez gênant. D'ailleurs, ses antécédents le recommandaient d'eux-mêmes pour la mission moscovite. Originaire de Mantoue, brillant écolier à Rome, secrétaire du cardinal Hercule de Gonzague, précepteur des deux neveux de son maître qui deviendront à leur tour princes de l'Eglise, Possevino eut de fréquents rapports avec les jésuites de Padoue et de Naples où ses jeunes élèves suivaient les cours publics. Les germes de sa vocation datent de cette époque ; pour la faire éclore, il fallut de fréquents assauts de la grâce, la parole entraînante d'un Palmio. l'exemple des Gagliardi, trois frères admirablement doués qui renoncèrent au monde le même jour, l'un à l'insu de l'autre. En 1559, Possevino, âgé de vingt-cinq ans, vint se présenter au noviciat de Rome et, bientôt après l'admission, faisant ses premières armes en Savoie, il donna la mesure des services que l'on pourrait attendre de lui. Au lendemain de la paix de Cateau-Cambrésis, le duc Emmanuel-Philibert rentrait en possession de quelques vallées alpines où la Réforme avait fait de grands ra-

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