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2. Archives du Vatican, Gennania, XCIII, p. 93, Malaspina à Possevino, 9 mai 1581.
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de voyage, l'état du blessé devint si alarmant, que force fut de le confier aux soins d'un curé de campagne, à vingtsix lieues de Vienne. Ce récit ne parut guère convaincant à PosseA'ino. Il soupçonnait un mauvais tour, afin d'étoufter l'affaire des lettres apocryphes que Pallavicino aurait pu révéler dans un élan de franchise. La nouvelle de sa mort, qui ne tarda pas à arriver, ne fit que confirmer les soupçons K
Vienne ne retint pas longtemps l'envoyé pontifical. Lorsqu'on manifestait l'appréhension qu'il n'eût à subir le sort de l'interprète milanais, il s'en remettait à la Providence et, passant à un autre ordre d'idées, il ajoutait familièrement que le fouet de Bathory serait peut-être le meilleur moyen d'introduire le catéchisme à Moscou. L'accueil d'Ernest fut très bienveillant. Candidat du tsar pour le trône de Cologne, s'intéressant aux aff'aires moscovites, il en causa longuement avec Possevino, libella sous sa dictée une lettre au tsar^, et conseilla de s'arrêter à Prague, où le jésuite parut en effet le 12 mai.
Les deux Russes l'y attendaient, profitant de leurs loisirs aussi bien que faire se pouvait^. Un gentilhomme de Venise fut invité à leur table; aussitôt il se met à faire l'éloge de la seigneurie en style de l'époque. « C'est, disait-il, la mère de la liberté, le refuge de la justice, la merveille de la nature, la grandeur de l'Italie, la puissance de la chrétienté, son boulevard contre les Turcs. » Si peu façonné qu'il fût à ces hyperboles, le mandataire du tsar en comprit assez pour abonder dans le même sens. L'arsenal de Venise l'avait surtout frappé; il exhiba
1. Pain, (lii)l. sitocit., X, col. .j;j4 ; Bathory et Possai/to, p. 7i, 1.0 XVII.